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 27/04/2021 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala’s Manifesto  
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 EDITORIALS & OP-EDS 
EDITORIALS & OP-EDS / Le Makhzen marocain utilise les migrants comme arme de chantage contre l’Espagne
Date of publication at Tlaxcala: 27/04/2021
Original: Marruecos y el chantaje migratorio

Le Makhzen marocain utilise les migrants comme arme de chantage contre l’Espagne

Néstor Prieto

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le Maroc ouvre et ferme le flux migratoire tant dans le détroit de Gibraltar, à Ceuta et Melilla, que dans l’Atlantique, depuis les côtes du Sahara occidental occupé, comme moyen de pression pour conditionner l’attitude du gouvernement espagnol.

 

En 2020, plus de 22 000 migrants sont arrivés sur les côtes canariennes. Un chiffre en augmentation de 688% par rapport à 2019 et qui représente plus de la moitié du nombre total de migrants arrivés en Espagne au cours de l’année. Cette explosion migratoire, dont le précédent le plus récent est la « crise des cayucos » [pirogues] de 2006, trouve son explication dans le retour aux armes au Sahara occidental.

En réponse à la déclaration d’état de guerre du Front Polisario le 14 novembre dernier, Rabat a autorisé le départ massif de migrants des côtes des territoires sahraouis occupés ; un avertissement clair au gouvernement espagnol pour conditionner sa position dans le conflit. Il s’agit de la politique bien connue du chantage migratoire, une tactique très efficace pour le Maroc.

Bien que l’habile diplomatie marocaine tente de dissocier les deux faits, les chiffres montrent le contraire. Rien qu’au cours des trois derniers mois de l’année, 20 000 migrants sont arrivés en Espagne, la grande majorité par la route du Sahara vers Canaries. Le boom migratoire a commencé en octobre, mois au cours duquel les civils sahraouis ont commencé le blocus du passage de Guerguerat. Depuis, le flux s’est accru pendant les mois de novembre et décembre, alors que les hostilités étaient déjà un fait.

Le Maroc a fait valoir qu’il avait « besoin de plus d’assistance militaire" pour la surveillance des frontières. Ceci est peu crédible si l’on considère que les côtes d’où partent les migrants, celles du Sahara occupé, sont les territoires les plus militarisés d’Afrique du Nord. Plus de 100 000 soldats sont déployés dans le territoire sahraoui contrôlé par le Maroc. Là, la population est sévèrement contrôlée et les flux migratoires sont impitoyablement maîtrisés.

Ces personnes viennent d’Afrique subsaharienne, et après avoir traversé le Sahel, elles arrivent dans des villes comme Dakhla ou Boujdour (Sahara occupé), où elles attendent pendant des semaines et des mois qu’une mafia leur trouve une place sur une barge. Mais le profil majoritaire des migrants est celui de Marocains fuyant une pauvreté et une misère endémiques, aujourd’hui aggravées par le COVID.

Ces voyages, organisés par des mafias, sont tolérés ou restreints par le roi Mohamed VI, qui ouvre et ferme le flux migratoire en fonction des circonstances politiques. Les migrants voyagent dans des bateaux de pêche, qu’ils utilisent pour traverser la partie de l’Atlantique qui les sépare des îles Canaries.

Le Maroc a laissé se multiplier ces voyages très dangereux comme moyen de pression sur l’Espagne. En 2020, 2 170 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l’Espagne, dont 85 % (1 851) sur la "route des Canaries", où au moins 45 naufrages ont été enregistrés selon le collectif Caminando Fronteras ; des chiffres qui en font la route la plus dangereuse d’Europe. Mohamed VI utilise le drame des réfugiés comme un pion de plus dans la géopolitique mondiale. Une politique lâche et inhumaine qui est autorisée par les puissances européennes.

La réponse du gouvernement espagnol, loin de dénoncer le chantage marocain, a été de mobiliser sa diplomatie pour satisfaire la dictature alaouite. Remarquable est le cas du ministre de l’Intérieur Grande-Marlaska, qui en son temps comme juge de l’Audiencia Nacional a statué dans l’ordonnance 40/2014 de la chambre pénale que "l’Espagne de iure, bien que non de facto, reste la puissance administrante du territoire (Sahara occidental), et en tant que telle, jusqu’à la fin de la période de décolonisation, a les obligations contenues" dans la Charte de l’ONU.

Il ne semble pas s’en souvenir, puisqu’il a déjà effectué sept voyages officiels au Maroc depuis qu’il est à la tête de l’Intérieur. La dernière à la mi-novembre, en pleine "crise migratoire". Il y a rencontré son homologue alaouite et a tenté de satisfaire ses prétentions, les sources marocaines elles-mêmes ont admis que la question du Sahara a été abordée, ce qui expliquerait le silence rigoureux qui caractérise la diplomatie espagnole depuis le début du conflit.

Madrid ratifie ainsi son alliance avec Rabat : le contrôle des migrations en échange de l’immobilisme envers l’ancienne colonie espagnole.

Dans les faits, le gouvernement PSOE-UP maintient la « politique d’État » appliquée au Sahara Occidental depuis Adolfo Suarez [premier gouvernement de la « transition », 1976-1981, NdT], celle du silence. La question est de savoir jusqu’à quand l’Espagne va continuer à céder au chantage marocain et à tourner le dos à ses responsabilités internationales car, comme son ministre de l’intérieur le sait bien, elle continue à être la puissance administrante du Sahara. À la lumière de ce qui s’est passé, il semble que « le gouvernement le plus progressiste de l’ère démocratique » continuera à écrire l’histoire sur le dos du peuple sahraoui.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21691.jpg





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://vozsaharaui.com/marruecos-y-el-chantaje-migratorio/
Publication date of original article: 27/04/2021
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=31483

 

Tags: Chantage aux migrants du MakhzenMaroc-EspagneSahara occidental occupéOccupation marocaineRoute Sahara-Canaries
 

 
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