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 24/11/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 Fabrice Nicolino 
Author /   Fabrice Nicolino
Fabrice Nicolino
Biographies available: Français 

 


Fabrice Nicolino

 

Né en 1955, Fabrioce Nicolino est un journaliste et écrivain écologiste français, rescapé de deux attentats, le premier en 1985, contre un festival du film juif, et le second contre Charlie-Hebdo en janvier 2015. Il tient depuis 2007 un blog, Planète sans visa, qu'il présente ainsi :

Il n’y a plus d’ailleurs. Et voilà pourquoi ce site s’appelle “ Planète sans visa ”. Cette expression n’est pas de moi : je l’ai découverte chez Victor Serge, mais elle est antérieure à lui. À ma connaissance, elle a été utilisée dès 1929 dans un tract surréaliste, probablement écrit par André Breton, ainsi que dans un livre de Léon Trotsky. N’importe. Révolutionnaire, antistalinien, foncièrement démocrate, Serge était aussi un notable écrivain. Et j’ai retenu cette phrase, sous sa plume : “ Planète sans visa, sans argent, sans boussole, grand ciel nu sans comètes, le Fils de l’homme n’a plus où reposer sa tête… ”.

C’est un fait : la planète est devenue une banlieue où s’entassent les peuples. Jadis, c’est-à-dire hier, franchir une frontière vous mettait à l’abri d’une guerre. En 1917, après avoir passé cinq années dans les prisons de France, Serge prend un train pour Barcelone et découvre un pays épargné par la boucherie. Oui, à cette époque si proche que certains parmi nous l’ont connue, la condition humaine pouvait être refusée, dans une certaine mesure. D’autres que Serge, convoqués en 1914 pour le grand massacre européen, refusèrent les tranchées, préférant l’exil. Comme ils avaient raison ! Et comme avaient tort ces soldats partant la fleur au fusil !

Tout a changé. La planète est une, les prouesses technologiques nous ont définitivement cloués sur place. L’homme, devenu un agent géologique de première puissance, a inventé l’ère anthropocène. Ce site parlera donc de la crise écologique, à ma manière. Sans concessions, sans inutiles précautions, sans vain respect pour les hommes et les institutions.

S’il doit avoir un sens, ce sera celui d’écrire librement. De décrire et de dénoncer ce qui se passe. Car il se passe un événement si considérable, tellement inédit, à ce point stupéfiant que la pensée refuse de l’admettre. Ce qui nous arrive peut se résumer, même si aucun esprit n’est capable de le concevoir pleinement : nous sommes les contemporains de l’anéantissement de la vie. De la destruction des conditions de vie de l’humanité. De l’asservissement des autres êtres vivants à notre bon plaisir imbécile. D’une crise d’extinction des espèces comme la planète n’en a pas connu depuis la fin des dinosaures, voici 65 millions d’années.

Je n’ai pas l’illusion, ni l’outrecuidance, de savoir quoi faire. Je ne sais pas. Mais je pense, mais je suis convaincu qu’il faut marquer au plus vite une rupture complète avec notre manière de penser la société. Et cela implique de se détacher au plus vite des formes politiques anciennes. Je vise la droite comme la gauche. Et les Verts aussi, évidemment.

Ce n’est pas un programme, c’est un drapeau. Il nous reste peu de temps, je le crains, pour imaginer un avenir qui ne soit pas de guerre et d’affrontements majeurs. Comme j’aime la liberté, et parce que je défends l’égalité, et même la fraternité, je souhaite que ces valeurs soient conservées. Il faut donc défendre les droits de l’homme, assurément, mais on ne peut plus en rester là. Le rêve né en France autour de 1789 atteint sous nos yeux ses limites. L’individu est une limite, une triste et terrible limite qu’il nous faut dépasser. L’individu n’a pas, ne peut plus, ne doit en aucune manière avoir tous les droits que lui reconnaissent, pour le plus grand profit des marchands, la publicité et la propagande. Lesquelles ne sont en réalité – qui peut encore l’ignorer ? – qu’un seul et même mot.

Nous devons, dès qu’il sera possible, travailler ensemble à une Déclaration universelle des devoirs de l’homme. Car l’homme a désormais la responsabilité de protéger et de sauver ce qui peut l’être encore. Les plantes et les arbres. Les singes et les colibris. Les fleuves et les pierres. Le vent et les abysses. Les étoiles et les saisons. Sans oublier lui-même. Sans nous oublier nous-mêmes.

C’est peut-être difficile. C’est sûrement moins prometteur, pour les divas de la télé et les margoulins de la presse officielle, que de clamer combien le monde est beau et comme il continue d’aller de l’avant. Mais je n’imagine pas d’autre chemin. Or donc, suivez-moi dans le dédale, et nous tenterons ensemble de ne pas perdre notre fil d’Ariane. Je vous promets de vraies informations. De la dérision et du rire. De la polémique. Et peut-être un peu d’espoir.





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