Nul doute que le développement du numérique est en premier lieu une question culturelle. A l’ère
numérique, la culture est devenue une grosse industrie en soi, mais elle se trouve aussi au centre du développement social dans son ensemble, là où l’informatique est la plus récente technique scientifique développée. La culture et l’informatique font l’objet d’un ouvrage du chercheur égyptien, Nabil Ali: « La culture arabe à l’ère numérique : vision de l’avenir du discours culturel arabe » ("Al zaqafa al arabiya fi asir al maalumat: ruya li mustaqbal al jitab al zaqafi al arabi"). Ce livre a été publié récemment dans la collection Culture Numérique de l’Autorité générale des Palais de la culture au Caire. Le livre comprend 581 pages réparties sur neuf chapitres.
Selon Ali, le livre ne veut pas traiter de la culture scientifique, mais plutôt de la science de la culture. Après l’introduction de ces deux éléments dans l’ère de l’Internet, leurs rôles respectifs ont été échangés. Nabil Ali explique également que traiter de la culture à l’ère numérique nécessite des connaissances de base et une technologie totalement différente de ce qu’elle fut par le passé.
Symbolique virtuelle du patrimoine
Le premier chapitre porte le titre « Les Arabes et la discussion sur la culture ». Ali y explique que le savoir est la culture de l’avenir et que la culture est sur le point de devenir la science de l’avenir.
Dans le deuxième chapitre, l’auteur fait remarquer que l’informatique est devenue un élément essentiel de la technologie en général, puisque s’y retrouvent les techniques de l’enseignement, des médias et des arts, des réseaux de communication, des multimédia, de l’édition, de l’archivage électronique et autres.
Au troisième chapitre, il considère que l’activation des connaissances au sein de la société est reliée à trois éléments de base: acquérir des connaissances, les intégrer et ensuite les exploiter. Il ajoute « qu’Internet représente pour nous, Arabes, un enjeu culturel de taille, sur tous les fronts, en ce qui concerne le contenu de notre patrimoine culturel, sa valeur au niveau mondial et l’efficacité de nos institutions culturelles officielles et non officielles. La culture conjugue produit et producteur, autrement dit sujet et action ».
Ali poursuit au quatrième chapitre, « Systèmes de la pensée culturelle », en remarquant que penser la culture est essentiel et est lié à travers nombre de relations d’échange.
Dans le cinquième chapitre, l’auteur discute du lien de la langue avec certaines parties de la connaissance et de la langue, en insistant sur le fait qu’il s’agit du lien entre la langue arabe et ses sociétés, qui prend sa source dans la langue coranique.
Dans le sixième chapitre, l’auteur explique que l’appropriation du savoir à l’ère des nouvelles technologies diffère des autres époques, parce que l’homme aujourd’hui a une énorme responsabilité par rapport à son esprit et ne doit pas cesser de développer ses capacités pour conserver une intelligence performante.
Dans le septième chapitre, « Culture des médias », Ali réfute certaines approches des médias, réduits à une simple tyrannie exercée par le secteur électronique sur les autres moyens de communication. Ali remarque aussi que la focalisationdes médias contemporains sur le son et l’image menace la langue, mais dans un même temps, montre la supériorité de celle-ci dans l’expression directe précise et concise.
toons, Australie
Nabil Ali poursuit au huitième chapitre sur le système de valeur et de croyances, en notant que la religion est un phénomène complexe, qui a rendus perplexes les savants et philosophes et il va de même pour les informaticiens. Ali en conclut que la prédication religieuse a subi des changements radicaux au niveau de la méthode et de l’orientation en raison du changement technologique et de la mondialisation. Par là-même, l’auteur s’attend à ce qu’Internet devienne un outil de base pour la prédication religieuse.
Le neuvième chapitre, « culture de la création artistique », porte sur le rapport qu’entretient l’art avec la technologie. L’auteur constate que l’art traverseles âges, commençant dans des grottes, par des ornementationsdans des temples et des écritures sur des tablettes d’argile, pour finir par des dessins faits par un ordinateur et des arts virtuels. Il a expliqué que cette relation art-technologie balance entre incertitude et peur mais laisse place pour un certain enthousiasme, dans la mesure où tout art ignore la technologie numérique.
Le chercheur égyptien ajoute : « La technologie a libéré l’artiste des contraintes du temps et du lieu et lui a permis de concevoir son travail sous différents angles et de l’exercer en toute liberté ».
Nabil Ali termine par ces mots : « La créativité est notre ressource la plus importante en cette époque des nouvelles technologies, car elle transcende toutes les limites. Il nous faut donc la préserver, l’analyser, la « numériser » et la relier au contexte culturel et à la civilisation ».