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 EUROPE 
EUROPE / Après le scandale de la veillée pour Sarah Everard, qui pense encore que la police a besoin de pouvoirs supplémentaires ?
Date of publication at Tlaxcala: 15/03/2021
Original: After the Sarah Everard vigil scandal, who still thinks the police need extra powers?

Après le scandale de la veillée pour Sarah Everard, qui pense encore que la police a besoin de pouvoirs supplémentaires ?

Shami Chakrabarti শমী চক্রবর্তী

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le projet de loi de la ministre de l’Intérieur Priti Patel visant à renforcer le maintien de l'ordre lors des manifestations ne pouvait pas tomber plus mal, compte tenu de la brutalité avec laquelle la police a traité des femmes pacifiques.

Le massacre de Peterloo en 1819, les exactions commises à l'encontre des suffragettes au début du XXe siècle, l'assassinat de Blair Peach en 1979, le récent scandale des « flics espions » : l'histoire du maintien de l'ordre et des manifestations en Grande-Bretagne a connu de nombreux moments sombres. À cette longue liste, il faut maintenant ajouter la réaction scandaleuse de la police à une veillée publique organisée à  Clapham Common, dans le sud de Londres, pour marquer la disparition et la mort de Sarah Everard. Le fait que cette réaction brutale à l'égard des femmes qui se sont rassemblées pour se souvenir d'elle ait été présidée par la première femme commissaire de police métropolitaine et la quatrième femme ministre de l'intérieur est une amère ironie féministe. Cela devrait nous rappeler que nous devons changer le fonctionnement du système, et pas seulement les visages qui le gouvernent.

La pandémie a créé une occasion de réprimer les protestations pacifiques. En vertu des lois actuelles sur la distanciation sociale, les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits dans la plupart des circonstances. Mais quel que soit ce cadre juridique, la Met (Police Métropolitaine) est toujours tenue de respecter la Loi sur les droits humains, qui stipule que la force doit être exercée de manière proportionnée et uniquement en cas de nécessité. Le but du maintien de l'ordre n'est pas principalement l'application de la loi, et encore moins la brutalité : il s'agit de maintenir la paix. Ce qui s'est passé samedi est désormais tristement célèbre, comme en témoignent les images et les vidéos largement diffusées montrant des agents en uniforme malmenant des manifestantes pacifiques sous les  cris de « Honte à vous ».

Dans le cadre des règles de confinement actuelles, les organisateurs de la manifestation Reclaim These Streets (Réappropriez-vous ces rues) ont agi de manière irréprochable. Elles ont proposé de collaborer avec la police pour faire en sorte que la veillée d'une heure prévue soit calme et socialement distante, avec un service d’ordre de bénévoles afin que la sécurité publique puisse, pour l'essentiel, s'autogérer. Étant donné qu'un officier de police a été inculpé dans le cadre de la mort de Sarah Everard, on aurait pu s'attendre à ce que la Met accepte ce plan avec gratitude. C'est d'ailleurs ce qui semble s'être passé au niveau du commandement de l'arrondissement, avant que Scotland Yard n'intervienne. Cette erreur de jugement catastrophique semble avoir été commise en haut lieu, puisque Reclaim These Streets a eu recours à une requête en justice pour que la veillée puisse avoir lieu (le juge a recommandé que les organisatrices et la police continuent à discuter).

Malgré le refus de Cressida Dick (commissaire principale de la MET) de démissionner, un changement de direction au sommet semble désormais inévitable. Mais les politiciens et les commentateurs ont tout autant de raisons de réfléchir. Les femmes se sont souvent plaintes du fait que le système judiciaire ne prend pas au sérieux les violences dont elles sont victimes, soulignant que le faible nombre de poursuites pour viol engagées par les Services du Procureur de la Couronne décriminalisait de fait l'un des crimes les plus graves.

Une grande partie de cette situation est sans doute due à l'austérité. Mais il y a aussi la question distincte des apparitions publiques. Bien que nos représentants élus semblent vouloir à tout prix paraître fermes en matière de loi et d'ordre, cette même préoccupation ne semble pas s'étendre aux femmes victimes de crimes. Sinon, comment les politiciens auraient-ils pu voter en faveur du projet de loi sur les « flics espions », qui accorde une immunité totale aux agents infiltrés qui commettent des crimes en infiltrant des gangs criminels, alors que de nombreuses victimes d’abus historiques sont des femmes ?

Depuis que les manifestations d'Extinction Rebellion  (XR) ont eu lieu en avril de l'année dernière, la commissaire du Met, Cressida Dick, a publiquement demandé des pouvoirs de police accrus pour freiner la dissidence pacifique. Lorsque XR a bloqué l'accès à trois imprimeries appartenant à Rupert Murdoch en septembre, accusant les journaux de ne pas rendre compte de la crise climatique, de nombreux politiciens et commentateurs se sont rangés du côté de Murdoch au détriment des manifestants pour le climat. Ceux qui ne se souciaient pas de défendre les droits des manifestants lorsqu'ils étaient considérés comme trop verts ou trop noirs, se sont réveillés pour découvrir qu'une veillée pour Sarah Everard a été interrompue par une réponse policière impitoyable.

Et maintenant, comme pour couronner ce moment dystopique, la ministre de l'Intérieur, Priti Patel, va demander une seconde lecture du projet de loi sur la police, la criminalité, les peines et les tribunaux, qui accorderait à Dick des pouvoirs supplémentaires. Son contenu est dangereux et le moment choisi est de très mauvais goût. Le parti travailliste s'est engagé à voter contre le projet de loi, qui limitera les manifestations si elles « entraînent une perturbation grave des activités d'une organisation » ou ont « un impact important sur les personnes se trouvant à proximité ». C'est la définition même d'une manifestation de rue pacifique. Les notes explicatives du projet de loi, qui traitent des pouvoirs de la police en matière de « manifestations non violentes », sont d'un autoritarisme inquiétant : elles critiquent les « lacunes » actuelles de la loi et le fait qu'elle se limite aux manifestations qui sont « violentes ou pénibles pour le public ».

Les conservateurs semblent avoir commodément oublié que la liberté d'expression est une voie à double sens. Elle n'est pas réservée à ceux qui ont le privilège d'avoir une colonne hebdomadaire dans les journaux britanniques. Les manifestant·es bruyant·es portant des pancartes exercent aussi leur droit à la liberté d'expression. Les événements de samedi ont montré plus clairement que jamais que ce dont nous avons besoin, ce ne sont pas de nouveaux pouvoirs de police. Il y a eu de nombreux jours sombres dans notre histoire de la police et de la protestation. Nous devons à Sarah Everard de nous réveiller et d'allumer quelques lumières.

Brutalités policières lors de la veillée en mémoire de Sarah Everard, victime d'un féminicide, dont le suspect est un policier

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21691.jpg





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.theguardian.com/commentisfree/2021/mar/14/sarah-everard-vigil-police-extra-powers-met-brutal-women-priti-patel-protests
Publication date of original article: 14/03/2021
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=31051

 

Tags: Sarah EverardFéminicidesReclaim These StreetsViolences policièresLois de policeRoyaume-Uni
 

 
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