TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı

 08/03/2021 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 LAND OF PALESTINE 
LAND OF PALESTINE / Les élections peuvent-elles mettre fin à la division palestinienne ?
Date of publication at Tlaxcala: 07/02/2021
Original: Can elections end Palestinian division?

Les élections peuvent-elles mettre fin à la division palestinienne ?

Daoud Kuttab داود كُتّاب

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Depuis des années, les experts affirment que les élections palestiniennes ne peuvent avoir lieu dans les territoires occupés tant que les factions belligérantes du Fatah et du Hamas ne se sont pas réconciliées. Le conflit entre elles a conduit à la création de deux gouvernements parallèles, le Fatah contrôlant la Cisjordanie et le Hamas Gaza. Cette situation a engendré des lois parallèles et, surtout, des forces de sécurité parallèles. Alors que ces différends ne sont toujours pas résolus, les élections, qui étaient autrefois considérées comme impossibles sans réconciliation, sont maintenant utilisées pour parvenir à la réconciliation. Le 11 janvier, un décret présidentiel palestinien a annoncé la tenue d'élections législatives le 22 mai, suivies d'élections présidentielles le 31 juillet. Les dernières élections ont eu lieu en 2006, lorsque les Palestiniens ont élu un nouveau Conseil législatif palestinien (CLP) avec une majorité du Hamas. Les élections qui devaient avoir lieu en 2014 ont été suspendues indéfiniment en raison de la prise de contrôle par le Hamas de tous les leviers du pouvoir à Gaza. La nouvelle administration présidentielle usaméricaine, à laquelle les Palestiniens aimeraient présenter un front uni dans le cas éventuel de négociations, a donné une impulsion majeure aux élections à venir.

  Shadi Ghanim / The National, UAE, sept. 2020

La fin d'une longue querelle ?

Bien que personne ne soit sorti clairement vainuqueur de la querelle entre les deux factions, il est apparu clairement au cours de l'année écoulée que le Hamas avait été le premier à envoyer des signaux de volonté de compromis.

La volonté du Hamas de faire des concessions s'est traduite par la décision de l'organisation d'accepter les conditions posées par le président palestinien Mahmoud Abbas pour le processus électoral. Une des conditions du président Abbas était que les élections législatives se tiennent avant les élections présidentielles afin qu'il puisse adopter une nouvelle stratégie pour sauvegarder la présidence pour lui-même ou son successeur désigné au cas où le Hamas dépasserait le Fatah au premier tour de scrutin. Le chef du bureau politique du Hamas, Ismael Haniyeh, a écrit une lettre au président Abbas pour lui signifier son consentement à des élections consécutives plutôt que simultanées.

L'acceptation par le Hamas d'élections non simultanées semble résulter de la décision du mouvement islamiste de ne pas contester la présidence ou le contrôle de l'OLP. La direction du Hamas a réalisé qu'elle serait incapable de diriger les négociations palestiniennes ou d'assumer la responsabilité de gouverner la Palestine, en particulier parce que l'idéologie du groupe n'est pas acceptée au niveau régional ou international. N'ayant aucun candidat dans la course à la présidence, la direction du Hamas était en fin de compte indifférente au calendrier des élections présidentielles.

Le Fatah, et en particulier le secrétaire général du mouvement, Jibril Rajoub, a estimé qu'une coalition gouvernementale favoriserait un processus de réunification (nécessairement par étapes) en produisant un gouvernement soutenu par les deux mouvements. Ainsi, il n'y aurait pas besoin d'un gagnant et d'un perdant. Au contraire, la réconciliation serait une conséquence naturelle du retour à un gouvernement unique avec des lois unifiées adoptées par une seule assemblée législative à la fois à Gaza et en Cisjordanie.

La présidence étant pratiquement assurée, il est devenu clair que le Fatah insistera également sur le choix du président du Conseil législatif palestinien (CLP), qui, selon la loi fondamentale palestinienne, deviendrait président par intérim en cas de décès ou d'incapacité de l'exécutif pour une période de 60 jours, jusqu'à de nouvelles élections. En outre, il est également apparu clairement qu'un candidat du Fatah ne pouvait devenir président du CLP que si le Fatah obtenait également une majorité en son sein. Et comme le Fatah et le Hamas perdent tous deux le soutien de l'opinion publique, l'idée d'une liste commune garantissant au Fatah 10 sièges de plus qu'au Hamas a été proposée pour éviter que les problèmes des élections de 2006 - où le Hamas avait remporté 75 des 132 sièges du CLP et élu l'un de ses membres les plus idéologiques, Aziz Dweik, au poste présidentde  - ne se reproduisent. Selon les rapports, l'homme fort du Fatah, Jibril Rajoub, cherche à se placer en pole position pour l'ère post-Mahmoud Abbas.

 
 

Le partage du pouvoir et une éventuelle liste commune

La possibilité d'une liste commune entre le Fatah et le Hamas est le résultat de changements dans la loi électorale, qui a remplacé les circonscriptions électorales par la représentation proportionnelle. La représentation proportionnelle convient à la politique palestinienne car elle oblige les factions à former des coalitions tout en conservant leur propre identité idéologique. Les experts électoraux ont fait valoir que si la représentation proportionnelle avait été en vigueur lors des élections de 2006, le Hamas n'aurait pas été en mesure de remporter carrément la majorité des sièges du CLP.

Si le partage du pouvoir et la création de coalitions sont faisables, l'idée d'une liste commune n'a pas plu aux dirigeants politiques partisans des deux camps. Naser al Qudwa, membre du Conseil central du Fatah, a réagi à l'idée d'une liste commune en déclarant que, s'il soutient l'unité, en particulier au sein de l'OLP, il rejette l'idée d'une liste commune Fatah-Hamas « parce qu'elle est antidémocratique, ignore ce qui s'est passé dans le passé, n'est pas politiquement faisable et favorise l'opportunisme et les intérêts personnels aux dépens des intérêts du peuple »

Al Qudwa, qui a été une figure marginale au sein de la direction du Fatah pendant un certain temps, n'est pas le plus grand problème auquel le Fatah est confronté. Il doit également trouver des solutions à la question de l'expulsion du membre Mohammad Dahlan et de ses partisans, en particulier à Gaza, ainsi qu'à celle de l'emprisonnement du leader du Fatah Marwan Barghouti. Le Fatah a fait des efforts pour se réconcilier avec certains des partisans de Dahlan et les inclure dans la liste du parti. Une délégation a été envoyée pour visiter Marwan Barghouti en prison dans l'espoir d'obtenir son soutien, éventuellement en échange de son inclusion et de celle de certains de ses partisans dans la liste du Fatah.

Le 25 janvier, le Comité Central du Fatah et le Conseil Révolutionnaire du Fatah ont tenu une réunion cruciale qui aurait vu des échanges colériques et des menaces. Selon certaines informations, Abbas aurait ordonné qu'aucun membre du Comité central ou du Conseil révolutionnaire du Fatah, ni aucun ambassadeur ou ministre ne se présente aux prochaines élections. Abbas, 85 ans, aurait également déclaré qu'il ne voulait pas que les personnes de plus de 50 ans se présentent aux prochaines élections afin de donner une chance à de nouveaux dirigeants.

Les discussions initiales entre le Fatah et le Hamas prévoyaient que le Fatah aurait 70 sièges et le Hamas 60, mais les chiffres ont ensuite été réduits à 60-50 en faveur du Fatah avec la possibilité que toutes les autres factions de l'OLP créent leur propre liste pour les élections du CLP. En outre, au moins une femme doit figurer parmi les trois premiers candidats de chaque liste, et au-delà, au moins 25 % des candidats de la liste doivent être des femmes. Les sondeurs comme Khalil Shikaki ne s'attendent pas à ce que les partisans de Dahlan obtiennent plus de cinq des 132 sièges du conseil législatif.

Les dirigeants de toutes les factions devraient se réunir au Caire au début du mois de février [la rencontre est prévue pour le lundi 8, NdT] afin d'éclaircir les désaccords sur le processus électoral. L'un des sujets de discussion sera la prévention de l'ingérence des groupes armés et des factions politiques, en particulier à Gaza. Comme il existe deux systèmes juridiques parallèles en Cisjordanie et à Gaza, un tribunal électoral doit être créé pour garantir la transparence, le respect des accords sur le processus électoral et le respect des résultats des élections.

 

 Tu as le choix entre Mahmoud Abbas et Abou Mazen

 Questions persistantes

 Tous les préparatifs juridiques et logistiques des élections ignorent l'éléphant dans la pièce : que faire des armes du Hamas. Bien que cette question ait été largement évitée dans les discussions actuelles, il a été avancé que les combattants et les armes du Hamas seraient en quelque sorte tenus en échec jusqu'aux élections, et que ces combattants feraient allégeance à la nouvelle autorité unifiée après les élections. La possibilité d'absorber la force exécutive du Hamas dans la force de sécurité nationale palestinienne a été discutée comme un moyen de s'assurer que le gouvernement nouvellement créé soit capable de faire respecter sa volonté sur le terrain.

Une autre question qui reste en suspens concerne les élections secrètes au bureau politique du Hamas. Les deux premiers candidats sont l'actuel et l'ancien chef du Hamas,  Ismael Haniyeh, qui est originaire de Gaza, vit à l'étranger depuis qu'il a pris la tête du Hamas en 2017 et sera en compétition avec l'ancien chef du Hamas, Khaled Meshaal, qui vit au Qatar depuis 2012 et qui est considéré par certains comme un favori des dirigeants qataris pro-Hamas.

La promesse du Qatar de fournir 360 millions de dollars de soutien au Hamas au cours de l'année 2021 semble être une police d'assurance pour continuer à avancer vers la réconciliation. Le Qatar espère que l'aide à Gaza apportera une plus grande stabilité et minimisera ainsi les complications entourant les élections. Si ces deux élections se déroulent sans heurts, un nouveau Conseil national palestinien pourra siéger d'ici la fin du mois d'août avec des complications limitées. Cela mettra la touche finale à l'unité nationale palestinienne sous une direction unique avec un partage du pouvoir entre les deux principales factions palestiniennes.

Le Qatar n'est pas le seul État de la région à suivre de près les élections palestiniennes. Les dirigeants de la région ont exprimé leurs préoccupations concernant le processus électoral et le risque de résultats inattendus. Les chefs des services de renseignement égyptiens et jordaniens ont été envoyés à Ramallah pour rencontrer leur homologue palestinien. Le président Abdul Fattah al Sissi a effectué une visite surprise en Jordanie pour rencontrer le roi Abdullah II afin de discuter de la même question.

Tant pour les observateurs extérieurs que pour les Palestiniens eux-mêmes, la grande question reste de savoir si un gouvernement unifié peut émerger et accomplir la tâche difficile de mettre fin à la division. La route est pleine de mines qui peuvent facilement être déclenchées si l'une des parties suspecte la malhonnêteté de l'autre. Si, toutefois, les élections se déroulent avec succès et qu'un gouvernement de coalition émerge, les personnes qui auront contribué à cette réalisation seront aux commandes pour la phase post-Abbas de la gouvernance palestinienne.

 

AmmanNet publie le texte de l'accord Hamas-Fatah qui semble être à la base de la lettre d'Ismael Haniyeh au président Abbas qui a conduit à la publication du décret présidentiel pour les élections législatives le 22 mai, suivies par les élections présidentielles le 31 juillet et la mise en place du Conseil national palestinien d'ici fin août 2021.

Le texte suivant, provenant d'une source palestinienne qui a demandé à rester anonyme, a été discuté en Turquie et au Caire et constitue la base de l'échange de lettres entre le leader du Hamas Ismael Haniyeh et le président Mahmoud Abbas. Il n'est pas clair s'il a subi de légers changements de dernière minute ou non, mais des sources palestiniennes fiables affirment qu'il est peu probable qu'il ait été modifié :

Projet d'accord Fatah-Hamas sur les élections

  •     L'OLP est le seul représentant légitime du peuple palestinien et est responsable de toutes les questions et négociations politiques extérieures ainsi que de toutes les questions liées à la guerre et à la paix. Cela nécessite sa réforme et son renforcement afin qu'elle puisse devenir véritablement représentative de toutes les factions et de tous les groupements palestiniens et que ses décisions soient collectives et obligatoires pour tous.
  •      L'Autorité palestinienne est une agence gouvernementale qui fournit des services, maintient la paix et l'ordre. Les trois secteurs de l'exécutif, du législatif et du judiciaire doivent être séparés. La liberté d'expression et la démocratie doivent être renforcées.
  •     Un accord a été conclu sur le partage des votes excédentaires lors des élections. Accord également sur la mise en place d'un gouvernement de coalition d'unité nationale qui aura le contrôle total de toutes les zones palestiniennes. Ils travailleront à l'unification des lois et des institutions et auront le contrôle de la sécurité dans toutes les zones et résoudront la question des armes des factions, des terres du gouvernement, des dossiers de corruption et d'abus de pouvoir en Cisjordanie et à Gaza.
  •     Une coopération sera offerte à toutes les listes afin que toutes puissent être représentées et participer à la gestion du pays et résoudre ses problèmes sécuritaires et économiques.
  •     Préparer le bon environnement soutenu par les deux factions au gouvernement de coalition et aider à résoudre tous les problèmes avec toutes les autres factions et groupements.
  •     L'un des principaux objectifs du gouvernement de coalition est la reconstruction de Gaza et l'obtention d'un cessez-le-feu à long terme (hudna) avec l’occupant afin de préparer le terrain pour le gouvernement afin de reconstruire Gaza.
  •     Travailler à la rénovation permanente de l'aéroport de Gaza et de tous les points de passage et au rétablissement du couloir de sécurité entre Gaza et la Cisjordanie conformément à l'accord de redéploiement de 2005.
  •     Revoir la structure politique palestinienne, en particulier les rôles du président, du gouvernement et du conseil législatif. Il s'agit soit d'une structure présidentielle, soit d'une structure parlementaire. L'hybride est une source de conflit sur les responsabilités. Il est préférable que cela ait lieu avant les élections présidentielles.
  •     Il est convenu que les campagnes électorales doivent être civilisées, respectueuses et éviter les abus et les diffamations de toutes parts.
  •     Reconnaître les résultats des élections, quels qu'ils soient, et travailler à la mise en place d'un gouvernement de coalition qui puisse assumer ses responsabilités.

Source: AmmanNet

 http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21691.jpg





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.mei.edu/publications/can-elections-end-palestinian-division
Publication date of original article: 05/02/2021
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=30754

 

Tags: Élections palestiniennes 2021Hamas-FatahPalestine/Israël
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.