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 16/01/2021 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 EUROPE 
EUROPE / Le moment machiavélien de l’Europe
Date of publication at Tlaxcala: 27/12/2020
Original: Europe’s Machiavellian Moment
Translations available: Português/Galego 

Le moment machiavélien de l’Europe

Alastair Crooke

Translated by  Wayan
Edited by  Hervé

 

Il est encore trop tôt pour le dire, mais il se pourrait que les élections américaines soient le début d’un nouveau « tournant » (au sens de « quatrième tournant« ). Bien sûr, ce qui se passe aux États-Unis est devenu le principal sujet de préoccupation de la plupart des gens ; mais même si cela aura des répercussions au cours de l’année à venir – peut-être de manière chaotique – les graines semées le 3 novembre, et après, nous amènent à un moment charnière : Le projet centralisateur du « wokedom » [le domaine des éveillés, NdT] progressiste en Amérique bleue [ceux ayant voté Biden, NdT] et dans l’Europe de Merkel aura-t-il le « cran » de persévérer – ou ses dirigeants vont-ils se replier face aux crises qui approchent – et face à la colère publique qui en découle ?

Ce projet a trois axes principaux : centraliser les grandes technologies et les médias grands publics ; concentrer les technologies bancaires et financières au sein d’une banque centrale unique ; et centraliser la politique de Merkel en Europe, à la tête d’un empire se prétendant le « champion de la morale ».

 

Ce qui a été si révélateur dans l’élection américaine, ce qui est si important après les quatre dernières années à Washington, c’est d’avoir mis de côté toute illusion de démocratie et d’avoir démontré sans détours que le vrai pouvoir est exercé par une clique de milliardaires. Les Européens, qui ne disposent que de peu d’informations indépendantes, pourraient être les derniers à le remarquer. Mais il est certain que la Chine, la Russie, l’Amérique latine – et le Moyen-Orient, qui a le plus souffert des occupations et guerres « morales » de l’Amérique et de l’Europe – en ont pris bonne note. Ils ne toléreront pas davantage les pressions morales européennes ou américaines.

Nous pouvons regarder en arrière et conclure que l’ère de l’après-2ème guerre mondiale a effectivement pris fin le 3 novembre.

Que s’est-il passé ? Pour la plupart des Américains, si on leur demandait ce qui faisait d’eux des Américains, ils marmonneraient probablement à propos de la Constitution, de ses premier et cinquième amendements, de son éthique fondatrice. Mais les tribunaux et les institutions américaines ont « évolué » sous l’influence d’un activisme qui modifie les anciennes règles pour y intégrer de « nouvelles valeurs ».

Même la Cour suprême, dont trois des juges ont pourtant été nommés par Trump, ne considère plus la Constitution comme un « contrat » établi entre les 50 États souverains. Le juge de dernière instance est désormais considéré comme étant l’opinion publique (tout du moins celle scénarisée et dirigée par Big Tech et les médias grand public). Les Américains qui épousaient encore cette notion traditionnelle d’identité ont découvert que tout cela n’était qu’un mythe. Ils ont le sentiment que leur propre création s’est retournée contre eux.

Puis les élections ; le mécanisme de la transition du pouvoir : la semaine dernière, Fox News a publié un sondage montrant que 68% des républicains pensent que l’élection a été volée au président Trump. Dans l’ensemble, 36 % des électeurs américains pensent qu’elle a été volée. Que l’on pense ou non qu’il y a eu une fraude électorale décisive, l’Amérique – l’Avatar de la démocratie – déballe sa longue tradition de fraude électorale et lave ce linge sale sous les yeux du public.

Peut-être que dans un an environ, l’Amérique aura son enquête. Elle conclura qu’il y a eu fraude, mais le président de l’époque, Biden, dira simplement aux Américains que les problèmes sont « réparés maintenant ». Qui le croira ?

Pour l’instant, Big Tech et les médias grand public se contentent de répéter les mots « aucune preuve » et de systématiquement supprimer ou de censurer les messages qui remettent cela en question. Ensuite, ils lavent, rincent et effacent tous ceux qui ne sont pas d’accord avec leur manière de considérer ce qui constitue les meilleurs intérêts des Américains en matière de santé, de pandémie ou de vaccination. On dit aux Américains qu’ils doivent s’y conformer, et détenir un certificat de vaccination pour le prouver. Mais obéiront-ils ?

Et les sorciers de la Banque centrale admettent – enfin – les distorsions économiques et sociales massives perpétuées par leurs politiques, et ils reconnaissent aussi qu’ils se sont jetés dans une impasse, ne leur laissant aucun outil pour en sortir. Ils ne peuvent que continuer à faire la même chose (jusqu’à ce que quelque chose se brise). Et quand ce sera le cas, les élites auront-elles « l’armure » nécessaire pour résister à la colère ?

Et, enfin, au sujet du pivot de l’UE : Perry Anderson, dans un article intitulé The European Coup [le coup d’État européen], passe en revue un livre écrit par un « vrai croyant » et initié de l’UE – van Middelaar (qui faisait partie du cabinet de Van Rompuy, le premier président à temps plein du Conseil européen) :

"Pendant soixante-dix ans", commence le livre, "les conditions favorables au miracle, c'est-à-dire une société libre, ont disparu de la vue" - alors qu'en Europe, on ne parlait que de croissance, d'éducation, de santé et autres, sans se soucier des questions primordiales que sont "l'État et l'autorité, la stratégie et la guerre, la sécurité et les frontières, la citoyenneté et l'opposition". Puis, soudainement, les crises se sont succédées : "les banques se sont effondrées, l'euro a vacillé, la Russie a attaqué l'Ukraine et annexé la Crimée, un grand nombre de personnes désespérées ont tenté de traverser l'Europe, et Donald Trump a tiré le tapis sécuritaire étasunien qui était sous les pieds du continent européen".

Il s’avère que la réponse à cet enchaînement de crises a effectivement suivi le scénario américain : « l’entrisme » de personnes partageant la même idéologie dans les institutions et les médias européens, ainsi que le mépris institutionnel des anciennes règles qui doivent maintenant être mises en conformité avec l’agenda progressiste de Bruxelles :

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Guerre commerciale, par Guido Kühn





Courtesy of Le Saker francophone
Source: https://www.strategic-culture.org/news/2020/12/21/europe-machiavellian-moment/
Publication date of original article: 21/12/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=30378

 

Tags: USA-UErope
 

 
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