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 UNIVERSAL ISSUES 
UNIVERSAL ISSUES / « La reconnaissance par le président Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental : une décision stupide et inconsidérée » : déclaration de Christopher Ross, ancien Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental
Date of publication at Tlaxcala: 14/12/2020
Original: ‘President Trump’s recognition of Moroccan sovereignty over Western Sahara: a foolish and ill-considered decision’: statement from Christopher Ross, former UN Secretary General Personal Envoy for Western Sahara
Translations available: Español 

« La reconnaissance par le président Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental : une décision stupide et inconsidérée » : déclaration de Christopher Ross, ancien Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental

TLAXCALA ΤΛΑΞΚΑΛΑ ТЛАКСКАЛА تلاكسكالا 特拉科斯卡拉

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

J'ai été l'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental de 2009 à 2017.  On m'a donc demandé à plusieurs reprises ce que je pensais de la récente proclamation du président Trump reconnaissant la souveraineté marocaine sur l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental.

Cette décision stupide et inconsidérée va à l'encontre de l'engagement des USA envers les principes de non-acquisition de territoire par la force et le droit des peuples à l'autodétermination, tous deux inscrits dans la Charte des Nations unies. Il est vrai que nous avons ignoré ces principes lorsqu'il s'agit d'Israël et d'autres pays, mais cela n'excuse pas le fait de les ignorer au Sahara occidental et de nous imposer des coûts importants en termes de stabilité et de sécurité régionales et de nos relations avec l'Algérie.

L'argument que certains à Washington avancent depuis des décennies selon lequel un État indépendant au Sahara occidental serait un autre mini-État en faillite est faux. Le Sahara occidental est aussi grand que la Grande-Bretagne et dispose d'amples ressources en phosphates, en poisson, en métaux précieux et d'un tourisme basé sur la planche à voile et les excursions dans le désert.  Il est bien mieux loti que de nombreux mini-États dont les USA ont soutenu la création.  Le Front de libération du Polisario au Sahara occidental a démontré en mettant en place un gouvernement en exil dans les camps de réfugiés sahraouis du sud-ouest de l'Algérie qu'il est capable de diriger un gouvernement de manière organisée et semi-démocratique.  La proposition de référendum que le Polisario a présentée en 2007 prévoit des relations privilégiées très étroites avec le Maroc en cas d'indépendance. Il a répondu à l'affirmation selon laquelle il ne pourrait pas défendre le vaste territoire du Sahara occidental contre les menaces terroristes ou autres en déclarant qu'il demanderait l'aide d'autres pays jusqu'à ce que ses propres forces soient pleinement en place.

Il est vrai que les USA ont toujours exprimé leur soutien à la fois au processus de négociation facilité par l'ONU et, depuis 2007, au plan d'autonomie du Maroc comme UNE base de négociation possible.  Le mot UNE est crucial car il implique que d'autres résultats pourraient émerger et garantit ainsi que le Polisario reste dans le processus de négociation au lieu de se replier sur une reprise de la guerre ouverte qui a prévalu de 1976 à 1991.  C'est cette année-là que le Maroc et le Polisario ont convenu d'un plan de règlement de l'ONU qui promettait un référendum en échange d'un cessez-le-feu. Treize années ont été consacrées à tenter de parvenir à un accord sur une liste d'électeurs, les sept dernières sous la supervision de James Baker.  En fin de compte, ces efforts ont échoué parce que le Maroc a décidé qu'un référendum était contraire à ses (prétentions de) souveraineté et, ce faisant, n'a pas obtenu d’opposition de la part du Conseil de sécurité.  En 2004, cela a entraîné la démission de Baker.

Le Conseil de sécurité a alors opté pour une autre approche, les négociations directes entre le Maroc et le Polisario.  Sous la présidence de trois envoyés successifs des Nations unies, à savoir des Pays-Bas (van Walsum), des  USA (votre serviteur) et de l'Allemagne (Kohler), treize cycles de pourparlers en présence de l'Algérie et de la Mauritanie ont eu lieu entre 2007 et 2019.  À ce jour, ces efforts ont également échoué parce qu'aucune des parties n'était prête à modifier sa position au nom du compromis.  Avec la démission du dernier envoyé en 2019 « pour des raisons de santé » mais plus probablement par dégoût du manque de respect du Maroc et des efforts pour entraver son travail (comme ils l'ont fait avec moi), le Secrétaire général des Nations Unies cherche un autre envoyé. Ceux qui ont été approchés jusqu'à présent ont été réticents, probablement parce qu'ils voient bien que le Maroc veut quelqu'un qui sera en fait son avocat au lieu de rester neutre et que, par conséquent, ils s'embarqueraient dans une « mission impossible ».

Si nous parvenons un jour à un règlement, ce sera par le biais d'un processus de négociation prolongé, d’une manière ou d’une autre. La décision du président Trump de reconnaître la souveraineté marocaine affaiblit toute incitation pour le Polisario à rester dans ce processus. Elle menace également les relations des USA avec l'Algérie, qui soutient le droit des Sahraouis à décider de leur propre avenir par référendum, et compromet le développement de nos liens existants avec elle en matière d'énergie, de commerce, de sécurité et de coopération militaire. En résumé, la décision du président Trump garantit la poursuite des tensions, de l'instabilité et de la désunion en Afrique du Nord.

 

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21691.jpg

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.facebook.com/christopher.ross.792740/posts/1015868811
Publication date of original article: 13/12/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=30279

 

Tags: Christopher RossMaroc-USraëlSahara occidental occupéOccupation marocaineDroit à l'autodétermination
 

 
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