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 15/08/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 USA & CANADA 
USA & CANADA / John Lewis, un combattant des droits civiques (1940-2020)
Nécrologie
Date of publication at Tlaxcala: 18/07/2020
Original: John Lewis obituary

John Lewis, un combattant des droits civiques (1940-2020)
Nécrologie

Michael Carlson

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Militant des droits civiques pendant six décennies, engagé dans la protestation non violente et membre démocrate du Congrès farouchement indépendant

 

John Lewis dans son bureau à Washington en 2017. Le journal de sa ville natale, l'Atlanta Journal-Constitution, l'a appelé « la conscience du Congrès ». Photo Jeff Hutchens/Getty Images

La vie du membre du Congrès usaméricain John Lewis, qui vient de mourir à l'âge de 80 ans, est un paradigme pour l'histoire des relations raciales aux USA au cours de ces huit décennies. Né dans la ségrégation, Lewis a joué un rôle de premier plan dans le combat des droits civiques lorsqu'il était jeune et a été au cœur de bon nombre des événements les plus cruciaux et les plus dangereux de ce mouvement. Il a été tabassé par le Ku Klux Klan et par la police, emprisonné à plusieurs reprises, et continuellement forcé à aller de l'avant tout en ignorant les voix amicales qui lui conseillaient de ne pas aller trop fort contre l'apartheid légiféré dans de grandes parties de l'USAmérique.

Au fur et à mesure que les changements pour lesquels il s'est battu se concrétisaient, il s'est retrouvé élu à la Chambre des représentants des USA, où il a occupé des positions dirigeantes, et a été appelé « la conscience du Congrès" » par l'Atlanta Journal-Constitution. Et s'il a vu un Noir élu président, il a ensuite assisté au recul de nombreuses conquêtes durement acquises par son mouvement, durement acquis, du fait de juges, de sénateurs, et, bien sûr, d’un président,  réactionnaires.

En tant que leader du mouvement étudiant de Nashville, Lewis a été arrêté à plusieurs reprises alors qu'il organisait des sit-in contre les restaurants et les services de bus de la ville, qui faisaient l'objet d'une ségrégation. En 1960, avec un groupe d'étudiants similaire à Greensboro, en Caroline du Nord, il a été, en compagnie de ses camarades de Nashville Diane Nash et Marion Barry (futur maire de Washington) au cœur de la fondation du Student Non-Violent Coordinating Committee (Comité de coordination des étudiants non-violents, SNCC, prononcer « Snick »), encouragée par la Southern Christian Leadership Conference de Martin Luther King, mais plus engagé dans une action locale de grande envergure menée par les étudiants. Parmi les autres dirigeants du SNCC figuraient le futur dirigeant du pouvoir noir Stokely Carmichael et le futur politicien géorgien Julian Bond, du Morehouse College, à Atlanta.

Rock Hill, 9 mai 1961

Lewis était l'un des 13 premiers Freedom Riders (Cavaliers de la Liberté), organisés par le Congress of Racial Equality (Core). Comme les déplacements en bus entre les États étaient réglementés par une loi fédérale, qui interdisait la ségrégation, les cavaliers ont cherché à forcer l’enjeu en se déplaçant entre les États du sud en 1961. Alors qu'il essayait d'utiliser des toilettes réservées aux Blancs dans une gare routière de Rock Hill, en Caroline du Sud, Lewis a été le premier cavalier agressé, deux hommes l'ayant tabassé à coups de poings et de pieds.

 

Le groupe entier a été attaqué à Anniston, en Alabama, d'autres bus ont été attaqués et l’un a été incendié. Lorsque le leader du Core, James Farmer, a décidé d'arrêter les « cavalcades » à cause de la violence, Lewis, Nash et leur groupe de Nashville ont pris la relève. Lewis a finalement passé 40 jours en prison dans le Mississippi, tandis que le procureur général Robert Kennedy appelait à une période de réflexion et l'arrêt des cavalcades.


 John Lewis, à l'extrême gauche, Martin Luther King, quatrième à partir de la gauche, et d'autres leaders des droits civiques lors de la Marche sur Washington en août 1963. Photo Arnie Sachs/REX/Shutterstock

En 1963, Lewis devient président de la SNCC, et est l'un des « six grands » organisateurs de la Marche sur Washington, où King prononce son discours « I Have a Dream ». Lewis a laissé tomber une phrase clé : « de quel côté est notre gouvernement ? » - de son propre discours, persuadé par les autres dirigeants de ne pas risquer d'offenser l'administration Kennedy. Mais l'année suivante, Lewis était au premier plan, littéralement, de la direction du SNCC pendant l'été de la liberté du Mississippi, qui a vu les meurtres des militants des droits civiques James Chaney, Michael Schwerner et Andrew Goodman dans le comté de Neshoba.

En 1965, Lewis et Hosea Williams ont conduit les marcheurs de la liberté à travers le pont Edmund Pettus à Selma, en Alabama, où ils ont été attaqués par des soldats de l'État, la police et des passants. Après les scènes de violence diffusées dans tout le pays, la vision de Lewis, ensanglanté par une matraque, le crâne fracturé, donnant une interview télévisée appelant le président Lyndon Johnson à agir, peut être considérée comme le moment crucial pour gagner le soutien du public en faveur de l'égalité des droits.

Lewis a quitté le SNCC en 1966 et est devenu président du Voter Education Project (Projet d'éducation des électeurs), visant à inscrire sur les listes les électeurs issus des minorités. En 1977, il se présente au siège du Congrès d'Atlanta laissé vacant par Andrew Young, nommé ambassadeur aux Nations unies par Jimmy Carter, mais il perd les primaires démocrates au profit de Wyche Fowler. Il rejoint alors le programme d'action de l'administration Carter, qui regroupe un certain nombre de programmes de bénévolat, dont Vista, la version nationale du Peace Corps.

Il est élu au conseil municipal d'Atlanta en 1981, et en 1986, lorsque Fowler a quitté la Chambre pour se présenter au Sénat, Lewis mène une primaire acharnée pour le remplacer contre son ancien collègue, Bond, minimisant l'activisme de ce dernier en matière de droits civiques et l'accusant de corruption et de consommation de drogue.

Lewis gagne les primaires dans un contexte fébrile, puis a facilement remporté l'élection à ce qui est un siège démocrate sûr. Il a été réélu 16 fois, jamais avec moins de 69% des voix, et s'est présenté six fois sans concurrent. Considéré comme l'un des démocrates les plus progressistes du Congrès, il est resté farouchement indépendant. Il a voté contre la première guerre en Irak, a boycotté l'investiture de George W Bush, dont il a considéré l'élection comme illégitime en raison de la fraude électorale en Floride, et a de même refusé d'assister à l'investiture de Donald Trump en 2016.

Mais il a également donné son vote à Bush pour la résolution sur les pouvoirs d'urgence après l'attaque du 11 septembre, bien qu'il ait ensuite demandé la destitution de Bush pour abus de ces pouvoirs. Ironiquement, c'est Bush qui, en 2003, a promulgué une loi que Lewis avait introduite chaque année depuis son entrée au Congrès, afin de créer un musée de l'histoire afro-usaméricaine à Washington. Son opposition à la politique était bipartisane. Il a également affronté Bill Clinton à plusieurs reprises, notamment au sujet de l'accord de libre-échange nord-américain. Il n'a jamais perdu sa foi dans le pouvoir de la protestation, ayant été arrêté deux fois devant l'ambassade du Soudan pour avoir manifesté contre le génocide au Darfour, et une fois devant le Congrès pour avoir réclamé une réforme de l'immigration. Il a dirigé un sit-in de 26 heures à la Chambre des représentants lorsque le Sénat a refusé de prendre des mesures sur le contrôle des armes à feu suite à une fusillade massive à Orlando en 2016.

Il a soutenu Hillary Clinton comme candidate démocrate à la présidence en 2008, mais en février, il a apporté son soutien à Barack Obama, qualifiant sa candidature de « bond en avant » pour l'USAmérique. Après l'élection de Barack Obama, on a demandé à Lewis si c'était la réalisation du rêve de King. Il a répondu par l'affirmative : « Ce n'est qu'un acompte ». Il a de nouveau soutenu Hillary en 2016, avec une attaque ad hominem contre son rival Bernie Sanders, en disant que pendant son mandat de président du SNCC de 1963 à 1965, « je ne l'ai jamais vu, je ne l'ai jamais rencontré ... mais j'ai rencontré Hillary Clinton ». Cette déclaration a été controversée car Sanders a été arrêté en 1963 pour avoir mené des manifestations en faveur des droits civiques à Chicago, alors qu'Hillary était encore à l'école à cette époque et qu'elle soutenait le républicain Barry Goldwater, partisan des « droits des États » [contre les droits fédéraux].

Lewis était né à Troy, en Alabama. Sa mère, Willie Mae (née Carter), et son père, Eddie Lewis, étaient métayers dans le comté rural de Pike ; Lewis a souvent fait remarquer qu'enfant, il n'avait jamais vu que deux personnes blanches. Il a fréquenté les écoles de campagne locales, puis le lycée professionnel du comté de Pike, où la ségrégation régnait, et où ses études étaient entravées par le manque d'accès aux bibliothèques réservées aux Blancs de Troy.

L'université d'État de Troy (aujourd'hui l'université de Troy) était également réservée aux Blancs, et le Morehouse College, où il espérait étudier, était trop cher. Envisageant une tentative d’intégrer Troy State, Lewis écrit à King, qui lui fait parvenir le prix du bus pour Montgomery, en Alabama. Cette rencontre avec King et Ralph Abernathy a déclenché l'engagement de toute une vie de Lewis dans la protestation non violente, mais, sur leurs conseils, il s'est inscrit au Séminaire théologique baptiste américain (aujourd'hui le Collège baptiste américain) à Nashville, Tennessee, où le travail sur le campus pouvait l'aider à payer ses frais de scolarité. Finalement, il a été transféré et a obtenu son diplôme en religion et en philosophie à l'université de Fisk, située à proximité.

L'autobiographie de Lewis, Walking With the Wind (1998), écrite avec Michael D'Orso, a été suivie en 2012 par un mémoire, Across That Bridge (écrit avec Brenda Jones). Il a connu un énorme succès avec une trilogie de roman graphique à succès, March (2013-17), co-écrite avec Andrew Aydin, qui est devenue un outil pédagogique standard sur le mouvement des droits civiques.

Le documentaire de Dawn Porter, John Lewis : Good Trouble, couvre la période qui va de l'activisme des droits civiques des années 1960 à la campagne pour les élections de mi-mandat de 2018. L'insistance de Good Trouble sur la nécessité d'une lutte non violente contre l'injustice et les institutions chancelantes reste une constante, notamment en ce qui concerne les suppression d’ électeurs, un enjeu majeur, en particulier en Géorgie, pour les élections de 2020.

La philosophie de Lewis pourrait se résumer à une question qu'il a posée alors qu'il s'opposait au projet de « réforme » néolibérale de l'aide sociale de Bill Clinton en 1996 : « Où est le sens de la décence ? Que gagne une grande nation à conquérir le monde, pour ensuite perdre son âme ? » Le fait qu'il ait vécu pour voir les monuments confédérés s'effondrer alors qu'une grande majorité de la nation se soulevait pour soutenir le mouvement Black Lives Matter après l'assassinat de George Floyd par la police est un hommage à sa vie de combattant.

Sa femme, Lillian Mills, qu'il a rencontrée lors d'une fête du Nouvel An et qu'il a épousée en 1968, est décédée en 2012. Son fils, John-Miles, lui survit.

  • John Robert Lewis, homme politique et défenseur des droits civiques, né le 21 février 1940 et décédé le 17 juillet 2020

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21691.jpg





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.theguardian.com/us-news/2020/jul/18/john-lewis-obituary
Publication date of original article: 18/07/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=29346

 

Tags: John LewisMouvement des droits civiquesRévoltes logiquesLuttes des Africains-USAméricainsAmerikkkeUSA
 

 
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