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 13/07/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 LAND OF PALESTINE 
LAND OF PALESTINE / « Être noir aux USA ne devrait pas être une condamnation à mort ». Et le fait d’être palestinien ?
Date of publication at Tlaxcala: 03/06/2020
Original: 'Being Black in America shouldn't be a death sentence.' What about being Palestinian?

« Être noir aux USA ne devrait pas être une condamnation à mort ». Et le fait d’être palestinien ?

Gideon Levy جدعون ليفي גדעון לוי

Translated by  Viktor Dedaj
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

 Vous avez vu les flics américains ? Vous avez vu comment ils ont étouffé à mort George Floyd à Minneapolis ? Vous avez vu  l’agent Derek Chauvin agenouillé sur sa nuque, le plaquant au sol, avec Floyd demandant grâce jusqu’à ce qu’il meure cinq minutes plus tard ? Quels racistes, ces flics américains, quelle brutalité. Aujourd’hui, Minneapolis brûle après l’exécution d’un citoyen noir à cause de sa couleur de peau. Le maire s’est excusé, les quatre officiers impliqués ont été virés, Chauvin a été inculpé. L’Amérique est un endroit cruel pour les noirs et sa police est raciste.

George Floyd  et Eyad Hallaq

Quelques jours après Minneapolis, samedi matin, dans la Vieille ville de Jérusalem, Eyad Hallaq, un autiste de 32 ans, se rendait au Centre Elwyn pour personnes handicapées. Les agents de la police des frontières ont affirmé qu’ils croyaient qu’il tenait une arme - il n’en avait pas - et lorsqu’ils ont crié pour qu’il s’arrête, il s’est mis à courir. La peine fut la mort. La police des frontières, la plus brutale de toutes les unités, ne connaît pas d’autre moyen de maîtriser un Palestinien autiste en fuite que de l’exécuter. Les lâches agents de la police des frontières ont tiré une dizaine de balles sur Hallaq alors qu’il fuyait, jusqu’à ce qu’il meure. C’est toujours comme ça qu’ils agissent. C’est ce qu’ils ont été entraînés à faire.

Les Forces de défense israéliennes et la police des frontières ont une faiblesse particulière pour les handicapés. Le moindre faux mouvement ou bruit pourrait les condamner à mort. Dans une autre Vieille ville, celle d’Hébron, en mars 2018, des soldats ont tué Mohamed Jabari, 24 ans, qui était muet et malade mental, et que ses voisins appelaient "Aha-Aha" parce que c’étaient les seules syllabes qu’il pouvait prononcer. Ils lui ont tendu une embuscade et lui ont tiré dessus près d’une école de filles, en prétendant qu’il lançait des pierres. Il a laissé derrière lui un fils de 4 ans, un orphelin.

Le surnom d’un autre jeune homme, Mohamed Habali, était Za’atar (hysope) ; personne ne sait pourquoi. Il était également malade mental et avait l’habitude de se promener avec un bâton. Les soldats israéliens l’ont exécuté en lui tirant dans la tête à environ 80 mètres de distance. Cela s’est passé en décembre 2018 en face du restaurant Sabah à Tulkarem, juste après 2 heures du matin, alors qu’il s’éloignait des soldats et que la rue était calme.

Les images de B’Tselem sur le flingage de Mohamed Habali

Deux ans plus tôt, l’armée avait tué Arif Jaradat, 23 ans, handicapé mental, dans la ville de Sa’ir. Sa famille l’avait surnommé Hob, « amour ». Chaque fois qu’il voyait des soldats, il leur criait en arabe « Pas mon frère Mohammed ». Il voulait dire : « Ne prenez pas mon frère Mohammed » Mohammed, le frère aîné d’Arif, avait été enlevé à son domicile et arrêté au moins cinq fois par des soldats juste devant lui. Le jour de la mort d’Arif, ils l’ont entendu lancer son cri habituel aux soldats. Quelqu’un a eu le temps de crier aux soldats : « Il est handicapé, ne le tuez pas », mais ils s’en sont fichu. Ils ont aussi abattu Hob.

Aucun de ces malheureux handicapés mentaux ne mettait en danger les soldats ou le personnel de la police des frontières. L’autiste Hallaq ne mettait personne en danger non plus. Les agents de la police des frontières lui ont tiré dessus parce que c’est comme ça qu’ils font les choses. Ils l’ont fait parce que c’était un Palestinien et parce que les tirs réels sont la première option préférée des forces d’occupation.

La police israélienne des frontières n’est pas moins brutale ou raciste que la police des USA. Là-bas, ils tirent sur des Noirs, dont la vie ne vaut pas grand-chose, et en Israël ils tirent sur des Palestiniens, dont la vie vaut encore moins. Mais ici, la tuerie nous endort, là-bas elle suscite des protestations. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, qui se trouve être juif, n’a pas tardé à s’excuser auprès de la communauté noire de sa ville. « Être noir en Amérique ne devrait pas être une condamnation à mort », a-t-il déclaré.

Être Palestinien ne devrait pas non plus être une condamnation à mort, mais aucun maire israélien juif n’a jamais rien dit de tel. L’officier de police qui a étouffé Floyd à mort a été inculpé de meurtre au troisième degré [violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ensuite requalifié en deuxième degré, homicide sans préméditation, NdE] ses trois collègues ont été licenciés [puis inculpés, NdE]. En Israël, le département du ministère de la Justice qui enquête sur les bavures policières est en train d’enquêter sur l’agent qui a tiré sur Hallaq. La conclusion, comme dans tous les autres cas similaires, est déjà connue.

Pendant ce temps, c’est la police des USA qui est brutale et raciste.





Courtesy of Le Grand Soir/Tlaxcala
Source: https://www.haaretz.com/opinion/.premium-being-black-in-america-shouldn-t-be-a-death-sentence-what-about-being-palestinian-1.8883372
Publication date of original article: 02/06/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=29054

 

Tags: Crimes racistes policiersNégricidesArabicidesIsraël-USACrimes sionistesPaaletine/Israël
 

 
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