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AFRICA / L'ascension et la chute de Hosni Moubarak (1928-2020), le président égyptien au règne le plus long
Nécrologie
Date of publication at Tlaxcala: 26/02/2020
Original: مبارك" الرحيل الأخير"
Translations available: English 

L'ascension et la chute de Hosni Moubarak (1928-2020), le président égyptien au règne le plus long
Nécrologie

Mada Masr مدى مصر

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

L'ancien président Hosni Moubarak est décédé à l'âge de 91 ans. Moubarak a été le président égyptien le plus longtemps au pouvoir, régnant de 1981 à 2011, date à laquelle il a été évincé à la suite d'un soulèvement de masse contre son pouvoir.

 

Pour un homme qui allait être connu comme le pharaon moderne de l'Egypte, Moubarak avait eu des débuts modestes.

Mohamed Hosni Moubarak était né dans le village rural de Kafr El -Meselha, gouvernorat de Menufeya, le 4 mai 1928. Son père, Al-Sayed Ibrahim Moubarak , était concierge au palais de justice et sa mère, Naima, était une femme rurale traditionnelle, une ménagère illettrée. Il avait quatre frères et sœurs : un frère et une sœur aînés, Ahmed Samy et Samia, et deux frères plus jeunes, Fawzy et Essam. Bien que l'on sache peu de choses sur les premières années de Moubarak et sa relation avec sa famille, certains incidents - comme la tentative documentée de sa mère de poursuivre son fils en justice en 1960 pour avoir refusé de l'aider à payer ses factures médicales de plus en plus élevées, ou l'interdiction de médias, faisant l’objet de nombreuses rumeurs, qu'il avait ordonné d'imposer à son propre frère - peuvent aider à brosser un tableau plus clair.

Selon la plupart des témoignages, Moubarak était un étudiant qui travaillait dur. Après avoir obtenu son diplôme de l'école secondaire de Massaie, dans la capitale du gouvernorat de Shibin El Kom, il s'est inscrit à l'Académie militaire égyptienne, où il a obtenu une licence en sciences militaires et le grade de sous-lieutenant.

Moubarak a obtenu son diplôme de l'académie le 4 février 1949. Lorsque l'Académie de l'armée de l'air a annoncé qu'elle accepterait les candidats de l'Académie militaire, Moubarak s'est porté candidat et a été l'un des 12 étudiants acceptés. En fréquentant l'école toute l'année, Moubarak a terminé le programme de deux ans en deux fois moins de temps et a quitté l'académie le 12 mars 1950, avec une licence en sciences de l'aviation.

Moubarak a enseigné à Belbeis jusqu'en 1959, un an après son mariage avec Suzanne Thabet, 17 ans. Il s'est ensuite rendu en Union soviétique pour participer à une série de programmes de formation de pilotes avant de rejoindre l'Académie militaire Frounzé en 1964.

Après des séjours dans diverses bases aériennes en Égypte, Moubarak est nommé commandant de l'Académie de l'armée de l'air en 1967, avant de devenir chef d'État-major de l'armée de l'air égyptienne deux ans plus tard. Son ascension se poursuit au cours de la décennie suivante, lorsqu'il est nommé commandant de l'armée de l'air et ministre adjoint de la Défense en 1972, avant d'être promu commandant de l'armée de l'air l'année suivante.



L'État-major des armées égyptiennes pendant la guerre d'octobre 1973. Moubarak, le sixième à partir de la droite

Sa voie politique a été scellée en 1975, lorsqu'il a été nommé vice-président par le président Anouar Sadate. Le 6 octobre 1981, il deviendra président de l'Égypte après l'assassinat de Sadate.

Deux types d'islamistes vont se révéler être un problème tout au long des trois décennies de mandat de Moubarak : les djihadistes et les réformistes. 

Les djihadistes étaient principalement dirigés par la Jama'a El Islamiya et le mouvement du Djihad islamique, qui ont perpétré ensemble une série d'attentats terroristes visant principalement des touristes, des fonctionnaires et des coptes au cours des années 1980 et 1990.

La lutte de Moubarak contre ces forces lui a permis d'obtenir le soutien de divers segments de la société égyptienne et de consolider ainsi son pouvoir. Au milieu des années 1990, son appareil de sécurité avait brisé les os de ces deux organisations.

C'était le produit d'une répartition équilibrée du pouvoir entre les différents organismes de l'appareil de sécurité protégeant le pouvoir de Moubarak. Il a largement misé sur l'appareil de sécurité représenté par le ministère de l'Intérieur et plus particulièrement par le Service d'enquête de la sécurité de l'État. Les forces de police seraient passées de 150 000 personnes dans les années 1970 à plus d'un million en 2002. Le chercheur Hazem Kandil a estimé le ratio agents de sécurité / citoyens dans l'Égypte de Moubarak à 25 pour 1 000.

Moubarak a renforcé l'appareil de sécurité alors que l'armée se passait progressivement en arrière-plan au lendemain de la guerre de 1967. Après la signature du traité de paix avec Israël en 1979, la principale menace extérieure contre l'Égypte s'étant atténuée, l'attention s'est tournée vers les menaces internes. La police a assumé un rôle majeur tandis que l'armée se retirait de plus en plus de la scène publique. Beaucoup disent que c'est ce recul de l'institution militaire par rapport à la vie politique qui a préservé sa popularité et légitimé sa prise de pouvoir en 2011, suite au soulèvement du 25 janvier. 

1986

Le triomphe de Moubarak contre la menace interne des Frères n'a cependant pas marqué la fin de son investissement dans le phénomène islamiste. Au contraire, il a continué à alimenter et à exacerber les craintes locales et occidentales que toute opposition radicale à son régime ou toute démocratisation véritable ne culmine en une prise de pouvoir islamiste. Dans cette équation, les islamistes réformistes, à savoir les Frères musulmans, se présentaient comme l'ennemi conspirant pour finalement faire main basse sur l'État et reproduire le modèle des talibans afghans sur le sol égyptien.

Faire découler sa légitimité de son rôle d'antithèse aux Frères musulmans exige que ces derniers soient toujours présents sur la scène politique. Cette dépendance complexe à l'égard des Frères explique pourquoi le groupe est resté interdit mais tout à fait toléré et autorisé à s'engager dans la compétition politique. 

Tout au long de son mandat, Moubarak a permis aux Frères de se présenter aux élections des syndicats étudiants, des conseils d'administration des syndicats professionnels et du Parlement. Pendant ce temps, sa police a orchestré des vagues périodiques d'arrestations visant à affaiblir, mais jamais à démanteler, la plus ancienne organisation islamiste du pays. Tout au long de cette période, les stratégies de Moubarak ont empêché l'émergence de toute alternative laïque viable à son régime.

En 2005, Moubarak a permis aux Frères de remporter une victoire électorale sans précédent dans un contexte de pressions usaméricaines et européennes sur les régimes arabes pour qu'ils se démocratisent. Les candidats des Frères musulmans ont remporté 88 des 444 sièges en jeu et sont devenus le plus grand bloc d'opposition à l'Assemblée du peuple, qui était dominée par le Parti national démocratique de Moubarak.

Cette victoire a confirmé la raison d'être autoproclamée du régime de Moubarak, à savoir que toute ouverture politique significative ne ferait que renforcer le pouvoir des islamistes.

Alarmé par les victoires électorales des islamistes au Moyen-Orient, la pression occidentale s'est relâchée, donnant à Moubarak une marge de manœuvre pour réprimer à nouveau les islamistes. Fin 2006, la police de Moubarak a arrêté des dizaines de dirigeants de haut rang des Frères, dont Khairat El Shater, et les a déférés devant un tribunal militaire.

L'utilisation par Moubarak de la carte islamiste pour justifier un État policier répressif a bien fonctionné avec ses bailleurs de fonds étrangers. Lorsqu'il a pris la présidence, il a hérité d'une relation étroite avec les USA et l'Occident et d'une paix froide avec Israël. Avec seulement quelques contretemps mineurs, ces relations sont restées les mêmes tout au long de ses 30 ans de règne grâce à des liens institutionnels et personnels et à des intérêts mutuels.

Personne à Washington ne savait vraiment à quoi s'attendre de la première visite présidentielle de Moubarak, mais il a impressionné l'administration usaméricaine. Un rapport sur l'apparition de Moubarak à un dîner opulent de la Maison Blanche rempli de célébrités et de hauts fonctionnaires a décrit Moubarak comme « non théâtral et austère ».

Au début, les USA ont eu peur que Moubarak ne fasse pression pour changer le statu quo sur des questions comme l'occupation israélienne de la Palestine ou pour rejeter les relations étroites que Sadate avait établies avec Washington. Il ne l'a pas fait. Il a utilisé ces circonstances pour augmenter l'aide usaméricaine à l'Égypte de 900 millions de dollars à 1,2 milliard de dollars par an, niveau auquel elle se situe encore aujourd'hui.

 En échange, Moubarak a maintenu la paix avec Israël, et le Caire a accueilli de nombreuses conférences entre des responsables israéliens, palestiniens et occidentaux.

 

Le Premier ministre israélien par intérim Shimon Peres serre la main de Hosni Moubarak lors des funérailles du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, novembre 1995

Mais ce n'est pas seulement son rôle de médiateur qui a permis à Moubarak de rester populaire. Il était également connu pour charmer personnellement les membres de l'establishment politique de Washington, jouant, selon ce qu’on rapporte, au squash, son sport préféré, avec des sénateurs et des fonctionnaires du département d'État. Son sens de l'humour l'a peut-être aussi aidé à rester dans leurs bonnes grâces, même lorsque ses politiques irritaient les décideurs politiques.

 Dans une anecdote du Capitole datant de la fin des années 90 ou du début des années 2000, Moubarak rencontrait les chefs de file républicains et démocrates du Congrès. Un membre du Congrès aurait profité de l'occasion pour réprimander le président égyptien pour toute une série de mesures politiques. Lorsque le membre du Congrès a terminé, il y a eu un silence dans la salle. Moubarak a répondu : « Quoi, monsieur le Congressiste ? Pas [d’accusation] d'antisémitisme ? », ce qui a permis de désamorcer la tension dans la salle.

Un câble envoyé en 2009 à Washington depuis l'ambassade des USA au Caire, avant la visite de Moubarak aux USA, a mis en lumière la façon dont le dictateur égyptien était perçu par ses alliés. Il est présenté comme têtu et démodé, mais généralement compétent et, surtout, nationaliste. Suite à ses relations tendues avec l'administration Bush, Moubarak était désireux de rétablir les relations avec son allié traditionnel, selon le câble, qui a été diffusé par Wikileaks.

Cependant, pendant les derniers jours de son mandat, les fonctionnaires de Washington ont pu savoir dans quel sens le vent soufflait. Bien que la secrétaire d'État usaméricaine de l'époque, Hillary Clinton, ait déclaré le 25 janvier 2011 qu'elle pensait que le régime de Moubarak était "stable", six jours plus tard, Washington a envoyé l'ancien ambassadeur en Égypte, Frank Wisner, pour rencontrer le président en difficulté. Wisner aurait dit à Moubarak « qu'il n'allait pas être président à l'avenir ». Un jour plus tard, l'ambassadrice usaméricaine Margaret Scobey a rencontré le militant d'opposition Mohamed ElBaradei pour discuter d'une « transition ordonnée en Égypte ».

L'un des catalyseurs de la révolution du 25 janvier qui allait faire tomber Moubarak était un système économique vieux de trois décennies qui a enrichi une coterie d'hommes au sommet, dont le président, ses fils et leurs amis, tandis que les masses déconnectées s'appauvrissaient. La corruption était endémique, même si elle était en grande partie couverte par des vides juridiques.

En mai 2015, le président déchu et ses fils Gamal et Alaa ont été condamnés à trois et quatre ans de prison pour avoir détourné des fonds publics et les avoir dépensés dans leurs propres résidences particulières. En 2017, il a été acquitté des accusations de vente de gaz naturel à Israël à un prix inférieur au marché. Ces deux cas illustrent le type de transactions qui ont finalement conduit à sa chute. Elles étaient souvent entourées de secret et satisfaisaient des intérêts privés au détriment des intérêts nationaux.

Moubarak a hérité de Sadate un système économique qui avait entamé un processus d'infitah (ouverture), par lequel son prédécesseur visait à passer de la propriété de l'État sur les industries stratégiques - un héritage du socialisme arabe de Gamal Abdel Nasser - au modèle de libre marché. Moubarak a poursuivi ce programme, et finalement, le secteur privé en est venu à dominer l'économie égyptienne. La contribution du secteur privé au PIB est passée de 30 % en 1991 à 80 % en 2006, selon Youssef Boutros Ghali, le dernier ministre des Finances de Moubarak, qui a été condamné par contumace à la prison à vie pour corruption.

Moubarak a adopté sans réserve les politiques économiques néolibérales occidentales à la fin des années 1980, alors que la position budgétaire de l'Égypte s'était affaiblie en raison de l'effondrement des prix du pétrole et de la baisse des transferts de fonds des travailleurs égyptiens dans les pays du Golfe. À partir de 1986, Moubarak a signé des accords de prêt qui ont créé l'espace nécessaire aux institutions extérieures, telles que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l'USAID, pour créer une dépendance et influencer les réformes et les politiques économiques en leur faveur pour les années à venir. Elles prescrivaient la libéralisation économique et la privatisation.

Le point de rupture a été atteint en 2005 avec la nomination d'un cabinet de technocrates. Ceux qui avaient des relations étaient les bénéficiaires du modèle de croissance agressif pro-libéralisation adopté par ces ministres. 

L'échec de Moubarak à développer une véritable économie de marché, sans ingérence politique, signifie également qu'il n'a pas réussi à créer une croissance équitable qui ait fourni suffisamment d'emplois à une population jeune et en pleine croissance.

L'opposition au régime de Moubarak s'est accrue tout au long des années 2000, notamment contre la torture policière généralisée, les inégalités économiques et le projet de voir son fils cadet Gamal lui succéder au pouvoir. L'opposition s'est ralliée à un soulèvement de masse le 25 janvier 2011, qui a fini par amener l'armée à le le 11 février 2011.

Dans un enregistrement audio de Moubarak ayant fait l'objet d'une fuite et publié par ses partisans sur la page Facebook "We are sorry Mr. President" en 2018, le président déclare qu'il prévoyait de quitter le pouvoir d'ici 2011 et que son projet de transmettre la présidence à son fils n'était rien d'autre qu'une rumeur répandue par les USAméricains.

2016

En mars 2017, Hosni Moubarak a été acquitté des accusations liées au meurtre de manifestants lors du soulèvement de 2011 qui a conduit à son éviction.  À l'époque, les autorités judiciaires ont déclaré qu'il avait déjà passé trois ans en détention, ce qui correspondait à la condamnation à la peine de trois ans qu'il avait reçue dans l'affaire de corruption des palais présidentiels.

Suite à son éviction en février, Moubarak a été détenu en avril 2011 alors que des enquêtes étaient ouvertes sur plusieurs chefs d'accusation portés contre lui, mais il a passé la plupart de son temps en détention entre différents hôpitaux. Il a d'abord été détenu à l'hôpital international de Charm El Sheikh, puis au Centre médical international des forces armées sur la route Le Caire-Ismaïlia, puis à l'hôpital de la prison de Tora, dans le sud du Caire, et enfin à l'hôpital militaire de Maadi. Pendant le bref règne de Mohamed Morsi en 2012, Moubarak a été renvoyé à l'hôpital de la prison de Tora. Après le renversement de Morsi en 2013, Moubarak a été brièvement renvoyé à l'hôpital militaire de Maadi. Le 24 mars 2017, il a été officiellement libéré et est retourné vivre dans sa villa à Héliopolis.

Moubarak laisse sa femme, Suzanne, et ses deux fils, Gamal et Alaa, qui sont tous deux légalement interdits de vie politique pour leur condamnation à ses côtés dans l'affaire des palais présidentiels. Il laisse trois petits-enfants.

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Courtesy of Tlaxcala
Source: https://cutt.ly/tr8gInR
Publication date of original article: 25/02/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28191

 

Tags: Hosni MoubarakÉgypte
 

 
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