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 CULTURE & COMMUNICATION 
CULTURE & COMMUNICATION / Branko Milanovic : “Le capitalisme se dirige vers une concentration de l'élite politique et économique”
Date of publication at Tlaxcala: 23/10/2019
Original: Branko Milanovic: “El capitalisme avança cap a una concentració de l’elit política i econòmica”

Branko Milanovic : “Le capitalisme se dirige vers une concentration de l'élite politique et économique”

Leandre Ibar

Translated by  Rosa Llorens Ρόζα Λιώρενς

 

Professeur d'Economie à la City University de New York et chercheur invité à l'Institut Barcelona d'Estudis Internacionals (IBEI)

                            

Branko Milanovic

Branko Milanovic vit entre New York et Barcelone depuis qu'il a accepté, il y a quelques mois, l'offre d'un poste de chercheur à l'IBEI. Il donne rendez-vous à l'ARA au Poblenou [ancien quartier ouvrier dans le Nord de Barcelone, devenu zone résidentielle depuis les JO de 1992], où il vit, pour parler de son nouveau livre Capitalism alone [Le capitalisme, seul], où il étudie comment le capitalisme est devenu le seul système économique au monde, et comment l'inégalité est en train de le redéfinir.

Comment le capitalisme s'est-il retrouvé seul ?

L'idée du livre, c'est qu'aujourd'hui le capitalisme est le seul mode de production existant au monde.  La Chine aussi est un pays capitaliste, au sens où la plus grande partie de la production, du travail et de l'investissement sont privés. Il a vaincu son dernier concurrent, le communisme, de même qu'il avait anéanti le féodalisme : le capitalisme est tellement dominant que certaines de ses caractéristiques s'aggravent, ainsi une inégalité très élevée.

L'inégalité est-elle la conséquence du fait que le capitalisme est le seul mode de production ?

L'inégalité est un effet important du capitalisme, parce qu'il a aussi un impact sur l'égalité des chances et sur le système politique. Dans les années 90, il y a eu une association trop facile entre capitalisme et démocratie, mais il y a des systèmes capitalistes qui ne sont pas démocratiques, comme l'Espagne de Franco. C'est pourquoi il est possible qu'un accroissement de l'inégalité conduise le capitalisme à la ploutocratie [le gouvernement des riches].

Est-il trop tard pour inverser le chemin qui mène à la ploutocratie ?

 Ce n'est pas impossible, mais il est improbable qu'il y ait une volonté politique. Il y a des tendances systémiques qui conduisent à un accroissement de l'inégalité. De plus, il se peut que, dans de nombreux petits pays, la volonté politique ne soit pas toujours suffisante, car nous vivons dans un monde globalisé. Par exemple, une augmentation des impôts sur le capital ou les successions peut avoir des effets négatifs sur une économie, simplement parce que beaucoup de gens iront dans un autre pays. Un des éléments-clés, surtout aux Etats-Unis, c'est le financement des campagnes électorales. Je ne dis pas que les riches achètent les hommes politiques, mais qu'ils soutiennent des candidats aux idées similaires. C'est une grosse difficulté. 

Que faut-il donc faire pour réduire l'inégalité ?

L'action politique est cruciale. En principe, en démocratie, la majorité peut toujours annuler les intentions des élites. L'accroissement de l'inégalité vient du poids croissant du capitalisme par rapport au travail dans la richesse d'un pays. Il faudrait déconcentrer la propriété du capital, en augmentant la présence d'employés dans l'actionnariat des entreprises, avec des aides sociales financées par l'impôt sur les successions ou avec des avantages fiscaux pour les petits investisseurs. En second lieu, il faut des politiques pour garantir à tout le monde l'accès au plus haut niveau éducatif. Aujourd'hui, aux Etats-Unis, mais aussi de plus en plus en Europe, les Universités sont si chères que les enfants de l'élite sont en train de monopoliser l'éducation.

Vous parlez souvent de l'impact des contrats temporaires et des minijobs, surtout pour les jeunes.

La façon de travailler a changé dans les économies avancées. Nous n'avons plus un travail pour toute la vie. Les postes de travail se créent et se défont avec une très grande rapidité. En outre, il n'y a plus autant de grandes entreprises dans un même lieu, mais des tâches décentralisées, fruit du changement technologique et de la globalisation. Si la société se divise entre les élites riches et le reste, c'est la classe moyenne et les gens les plus pauvres qui auront les mini-emplois, et cette segmentation se perpétuera pendant des générations.

Vous parlez dans votre livre d'un capitalisme occidental et d'un capitalisme politique. Pourquoi avez-vous choisi ces deux types ?

En premier lieu à cause de l'importance de la Chine. En second lieu, je voulais faire connaître la genèse du capitalisme politique, très différent de l'occidental, parce qu'elle se fonde sur les révolutions communistes qui ont détruit les institutions du féodalisme qui limitaient la croissance dans les pays colonisés. Les sociétés occidentales n'ont jamais été des colonies. Cependant, aujourd'hui, les deux capitalismes se dirigent vers une concentration des élites politiques et économiques. Dans les pays libéraux, avec une augmentation du contrôle des processus politiques par les riches. En Chine, avec un pouvoir économique croissant de la part de l'élite politique. Un exemple en est fourni par les dirigeants du Parti Communiste, qui sont devenus très riches, mais aussi parce que, pour les entrepreneurs chinois, il est important d'appartenir au Parti pour gagner plus.

Les deux types de capitalisme pourraient-ils fusionner ?

Je suis contre l'idée selon laquelle le capitalisme politique évoluera nécessairement vers le capitalisme démocratique. C'est une possibilité, mais il y en a d'autres, comme par exemple la convergence des élites. Il s'agirait d'un système assez similaire dans les deux cas, mais l'origine de l'élite serait différente. Une autre possibilité, c'est que le capitalisme libéral se dirige vers un renforcement de la ploutocratie. Des pays comme la Hongrie et la Turquie présentent déjà des caractéristiques du capitalisme politique, mais, techniquement, ce sont des démocraties.

Quelle est la situation du capitalisme en Catalogne et en Espagne ? Est-elle plus ploutocratique que dans d'autres pays ?

Il y avait un consensus sur l'idée qu'en Espagne la transition démocratique et de la croissance économique avait été un exemple de réussite. Après la crise, avec moins de croissance et un chômage très élevé, surtout parmi les jeunes, la situation des franges les plus pauvres de la population a empiré, et celle de la frange la plus riche s'est améliorée. Cela ne veut pas dire que cela n'ait pas été un exemple d'une grande réussite : l'Espagne a maintenant 15% de population étrangère, ce qui veut dire qu'elle a absorbé de grandes arrivées de main d'œuvre. En outre, il y a la question de la Catalogne. Je ne prends pas parti, mais il est évident que c'est un problème politique. Les deux choses posent des questions sur les aspects économiques et politiques de la Transition

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_21174.jpg

 

 

Capitalism, Alone
The Future of the System That Rules the World
Branko Milanovic

Belknap Press

HARDCOVER
ISBN 9780674987593
Publication Date: 09/24/2019
Trade
304 pages
6-1/8 x 9-1/4 inches
26 illus., 3 tables

$29.95 • £23.95 • €27.00
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Courtesy of Tlaxcala
Source: https://bit.ly/2oaClD8
Publication date of original article: 20/10/2019
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=27283

 

Tags: Capitalism, AloneBranko MilanovicCapitalisme occidentalCapitalisme politiquePlooutocratieInégalités
 

 
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