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 13/11/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Erdogan veut la Bombe
Date of publication at Tlaxcala: 23/10/2019
Original: Erdogan vuole la Bomba
Translations available: English  Português/Galego  Türkçe  Deutsch 

L'Art de la guerre
Erdogan veut la Bombe

Manlio Dinucci Μάνλιο Ντινούτσι مانلیو دینوچی مانليو دينوتشي

Translated by  Marie-Ange Patrizio

 

Projet peu aisé mais non irréalisable. La Turquie dispose de technologies militaires avancées, fournies notamment par des sociétés italiennes, surtout Leonardo

 
“Certains pays ont des missiles nucléaires, mais l’Occident ne veut pas que, nous, nous puissions en avoir. C’est inacceptable” : cette déclaration du président Erdogan révèle que la crise va au-delà de celle ouverte par l’offensive turque en Syrie. 
 
En Turquie, pendant la guerre froide, les USA déployèrent des armes nucléaires contre l’Union Soviétique. En 1962, dans les accords avec l’URSS pour la solution de la crise des missiles à Cuba, le président Kennedy promit de retirer ces armes de la Turquie, mais cela ne fût pas fait. La guerre froide finie,  environ 50 bombes nucléaires US B61 (les mêmes que celles basées en Italie à Aviano et Ghedi), dirigées principalement contre la Russie, sont restées en Turquie, dans la base aérienne d’Incirlik. De cette façon autant les USA que la Turquie violent le Traité de non-prolifération. Des pilotes turcs, dans le cadre de l’OTAN, sont entraînés (comme les pilotes italiens de la base de Ghedi) à l’attaque avec des bombes nucléaires B61 sous commandement US. Sous peu, les B61 devraient être remplacées par les USA même en Turquie (comme ce sera fait en Italie et dans d’autres pays européens) par les nouvelles bombes nucléaires B61-12, elles aussi pointées principalement contre la Russie. 
 
Entretemps cependant, après l’achat turc de missiles anti-aériens russes S-40, les USA ont retiré la Turquie du programme du F-35, principal vecteur des B61-12, le chasseur dont la Turquie aurait dû acheter 100 exemplaires et dont elle était co-productrice. “Le F-35 - a déclaré la Maison Blanche- ne peut pas co-exister avec le système anti-aérien S-400, qui peut être utilisé pour connaître les capacités du chasseur”, c’est-à-dire peut être utilisé par la Russie pour renforcer les défenses contre le F-35.

En fournissant à Ankara les missiles anti-aériens S-400, Moscou a réussi à empêcher  (du moins pour le moment) que sur le territoire turc soient déployés 100 chasseurs F-35 prêts à l’attaque  avec les nouvelles bombes nucléaires B61-12.
  
Il semble sur ce point probable que, parmi les options considérées à Washington, il y ait celle du transfert des armes nucléaires USA de Turquie vers un autre pays plus fiable. Selon le Bulletin des Scientifiques Atomiques (USA), référence autorisée en la matière, “la base aérienne d’Aviano peut être la meilleure option européenne du point de vue politique, mais n’a probablement pas assez d’espace pour recevoir toutes les armes nucléaires d’Incirlik”. Mais l’espace pourrait être trouvé, étant donné qu’à Aviano  des travaux de restructuration pour recevoir les bombes nucléaires B61-12 ont déjà commencé. 
 
C'est l'arrière-plan de la déclaration d’Erdogan qui, s’appuyant aussi sur la présence menaçante de l’arsenal nucléaire israélien, annonce l’intention turque d’avoir ses propres armes nucléaires. Projet peu aisé mais non irréalisable. La Turquie dispose de technologies militaires avancées, fournies notamment par des sociétés italiennes, surtout Leonardo. Elle possède des dépôts d’uranium. Elle a de l’expérience dans le domaine des réacteurs de recherche, fournis en particulier par les USA. Elle a lancé la réalisation de sa propre industrie électronucléaire, en achetant quelques réacteurs à la Russie, au Japon, à la France et à la Chine. Selon certaines sources, la Turquie pourrait s’être déjà procurée, au “marché noir nucléaire”, des centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium. 
 
L’annonce par Erdogan que la Turquie veut devenir une puissance nucléaire, interprétée par certains comme une simple surenchère  pour avoir plus de poids dans l’OTAN, n’est donc pas à sous-évaluer. Elle révèle ce qui en général est caché dans le débat médiatique : le fait que, dans la turbulente situation provoquée par les politiques de guerre, un rôle de plus en plus important se trouve joué par la possession d’armes nucléaires, en poussant celui qui n’en a pas à se les procurer.




Courtesy of Tlaxcala
Source: https://ilmanifesto.it/erdogan-vuole-la-bomba/
Publication date of original article: 22/10/2019
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=27280

 

Tags: ErdoganMissiles nucléairesTurquieOTANImpérialisme USGuerre de SyrieItalie
 

 
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