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 13/11/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 UMMA 
UMMA / “Permettez-nous de ne pas être d’accord”: le sens de l’élection de Kaïs Saïed
Hommage à la Tunisie
Date of publication at Tlaxcala: 20/10/2019
Original: اسمحوا لنا أن نختلف معكم.. لهذه الأسباب فاز السيّد قيس سعيّد برئاسة تونس
Translations available: English 

“Permettez-nous de ne pas être d’accord”: le sens de l’élection de Kaïs Saïed
Hommage à la Tunisie

Abdelbari Atwan عبد الباري عطوان

Translated by  Lotfallah
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le pays continue à être une source d’inspiration pour le monde arabe.

La Tunisie continue de nous réserver bien des surprises, dont certains agréables. La plus récente a été la victoire écrasante du professeur de droit constitutionnel à la Kaïs Saïed au second tour de l’élection présidentielle. Il a recueilli deux fois plus de voix que son prédécesseur, feu Béji Caïd Essebsi, et plus que le nombre total de suffrages exprimés par les électeurs ayant participé aux élections législatives.

On estime qu’Essebsi avait remporté la présidence en grande partie grâce au vote féminin : 1,2 million des 1,7 million d’électrices l’avaient soutenu. Les votes des partisans de l’islam politique ont valu cette fois-ci au parti Ennahdha 52 sièges au parlement sur 217, contre 70 lors des dernières élections législatives.

Mais le nouveau président a été élu principalement grâce au vote des jeunes : 90% des 25-29 ans ont voté pour lui, dans un pays où 60% de la population a moins de 26 ans.

Ses armes secrètes étaient des qualités que l’on trouve rarement parmi les membres de l’élite tunisienne ou les dirigeants politiques arabes en général : la modestie, l’érudition, le sens des réalités, l’indifférence à la publicité dans les médias, à l’argent ou au pouvoir, l’amour de la langue arabe à la différence de  l’élite francophone, et l’engagement envers les causes arabes, en particulier la Palestine.

Au cours du débat télévisé préélectoral avec son rival Nabil Karoui, il a déclaré que la normalisation avec Israël, en tant qu’entité ayant dépossédé tout un peuple, équivalait à une haute trahison, à une époque où d’autres dirigeants arabes et leurs mandataires cherchent désespérément à mettre aux oubliettes la cause palestinienne.

Les opposants à Saïed, dont une grande partie de l’élite, disent en privé craindre qu’il ne soit pas en mesure de diriger le pays. Il n’a pas de parti politique pour le soutenir, est mal connu du public, ne dispose pas d’une machine politique, et n’a ni expérience de gouvernement ni connexion avec « l’État profond ». Comment, par conséquent, peut-il mener à bien les réformes politiques, économiques et sociales qu’il défend, gérer le pouvoir exécutif ou choisir les ministres de la Défense et des Affaires étrangères appropriés, conformément à ses prérogatives de président ?

Certains de ces critiques vont plus loin, affirmant que l’élection de Saïed annoncerait une résurgence des Frères musulmans – au motif qu’Ennahdha l’avait soutenu après que son candidat Abdelfattah Mourou a été battu au premier tour – et la transformation du pays en un « Tunistan ». Ces craintes, sincères ou non, sont sans fondement. Ennahdha a obtenu moins de 20% des voix et était un des grands perdants aux élections présidentielle et législatives. Ce n’est plus le « faiseur de roi » politique du pays.

Les Tunisiens étaient en quête de beaucoup de choses quand ils se sont rendus aux urnes, après avoir eu le sentiment que leur révolution de 2011 avait été détournée par une élite dirigeante corrompue. Ils voulaient réaffirmer une identité nationale inclusive, éradiquer la corruption du sommet à la base du système politique, consolider l’État de droit et se désengager complètement de l’ancien régime, faire respecter la justice dans les causes arabes et islamiques et en particulier en Palestine.

Saïed a été élu parce qu’il incarnait et défendait ces valeurs et ces exigences.

La Tunisie a beau être un pays petit  par sa taille et sa population par rapport à ses voisins et aux autres pays arabes. Mais son influence dépasse de loin ses frontières. Elle a été la pionnière des manifestations populaires de masse réclamant un changement et balayant une grande partie du reste du monde arabe. Et au moment où son peuple affirme son engagement à conserver ses libertés durement acquises et à faire progresser sa société, elle continue de servir d’inspiration à tous.

 





Courtesy of Chronique de Palestine/Tlaxcala
Source: https://bit.ly/32n0gy1
Publication date of original article: 17/10/2019
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=27256

 

Tags: Kaïs SaïedTunisie
 

 
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