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 EUROPE 
EUROPE / Voici comment le Pentagone conditionne et finance la recherche scientifique en Italie
Date of publication at Tlaxcala: 18/09/2019
Original: Ecco come il Pentagono condiziona e finanzia la ricerca scientifica in Italia

Voici comment le Pentagone conditionne et finance la recherche scientifique en Italie

Antonio Mazzeo

Translated by  Rosa Llorens
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

La recherche scientifique dans les universités et les laboratoires d'instituts publics et privés italiens ? Elle est de plus en plus destinée au développement d'armes et technologies guerrières, avec la généreuse contribution des forces armées des Etats-Unis d'Amérique. C'est ce qui ressort de l'analyse de la base de données concernant les dépenses effectuées par le gouvernement de Washington, librement consultable sur Internet (voir https://gov.data2www.com).

La systématisation des données, certes guère facile du fait de l'énorme masse des indicateurs et des informations contenus, a permis de montrer comment, de 2010 à aujourd'hui, le Département de la Défense des USA, de concert avec l'US Army, l'US Air Force et l'US Navy, a subventionné, à hauteur de plus de 15 millions de dollars, des programmes, expérimentations, conférences, ateliers et échanges internationaux des universités et des centres de recherche italiens les plus connus.

Les principaux bénéficiaires des subventions de l'appareil militaire à étoiles et rayures sont, dans l'ordre, l'Université des Etudes de Padoue (22 projets pour un montant total de 1 427 549 dollars, dont 1 125 267 affectés) ; l'Institut Polytechnique de Milan (1 183 353 dollars, dont une partie utilisée pour une étude controversée sur les mammifères marins pour le compte de la Marine militaire US) ; l'Université de Trieste (1 061 080) ; la Sapienza de Rome (957 194).

On trouve ensuite l'Université de Bologne (602 620 dollars) ; Gênes (454 388) ; l'Université Catholique du Sacré Cœur de Milan (432 000 pour un programme de recherche scientifique appliquée sur la « modulation des fonctions cérébrales », qui vient de se conclure ; Catane (372 500 dollars, en première place parmi les universités méridionales grâce aux programmes élaborés par le Département d'Ingénierie Electronique et Informatique) ; Parme (363 000dollars, destinés pour une bonne part à la recherche et au développement du « Low Cost 3rd Vision », vraisemblablement des viseurs de dernière génération pour militaires et robots) ; l'Institut Polytechnique de Bari (346 000) ; l'Université de Sienne (316 000), Pise (317 000, tous destinés au Département d'Ingénierie de l'Information), Brescia (300 500), L'Aquila (264 000), Florence (260 346), Milan (224 500), l'Université Frédéric II de Naples (230 940 dollars, en grande partie pour un projet sur trois ans de recherche sur la « survie des matériaux composites en milieu marin », qui s'achèvera fin septembre 2019), l'Université de Trieste (211 345 dollars, presque tous destinés au Département de Physique, avec une très modeste contribution au Département de sciences Politiques pour couvrir partiellement les frais de voyage d'une conférence sur les USA)), l'Institut Polytechnique des Marches (207 000), Bari (200 000), Pérouse (192 000, tous pour le Département de Physique), l'Université des Etudes de Calabre (169 000), de l'Insubrie de Varèse (153 000), du Sannio de Bénévent (128 229 dollars sur un compte de l'Institut pour les technologies US, pour « mesurer le système de calibrage » des fameuses electroshock-weapons, les armes à électrochoc à présent à la mode parmi les forces armées et de police du monde entier, Udine (125 850), Turin (100 000) .

Des subventions mineures et/ou symboliques ont été affectées par le Département de la Défense et des forces armées US à l'Université des Etudes de Rome 3 (76 000 dollars), à l'Atheneum de Bergame (70 000), à l'Institut Polytechnique de Turin (59 353 dollars pour une recherche sur les systèmes opérationnels satellitaires de l'US Air Force), à l'Université de Camerino (27 000), Pavie (25 000), à la Fondation des Etudes Universitaires de Vicence (20 000), Roma Tor Vergata (10 000).

Inquiétant aussi est le montant des contributions du Pentagone en faveur de divers instituts du CNR, le Conseil National des Recherches, le plus important organisme scientifique public italien. Il s'agit en tout de 1 538 920 dollars (dont 1 053 800 déjà affectés) ; les bénéficiaires sont, par ordre d'importance, l'Institut d'Ingénierie de la Mer (CNR-INM) de Rome (894 000 dollars destinés pour une bonne part à des recherches d'hydrodynamique et sur le fonctionnement des véhicules navals à grande vitesse) ; l'Institut de Science et Technologie des Matériaux Céramiques CNR-ISTEC) de Faenza (195 000 dollars) ; l'Institut pour les Polymères Composites et Biomatériels (CNR-IPCB) de Naples (150 000 dollars pour le programme Shedding Light on Brain Microdomains, lancé en février 2017 et qui s'achève fin janvier 2020) ; l'Institut de Nanosciences (CNR-NANO) de Pise (93 419) ; l'Institut Supraconducteurs Matériaux Innovants (CNR-SPIN) de Gênes (55 000) ; l'Institut des Matériaux pour l'Electronique et le Magnétisme (CNR-IMEM) de Parme (100 000) ; l'Institut des Sciences Marines (CNR-ISMAR) de Venise (26 000) ;l'Institut de Photonique et Nanotechnologies (CNR-IFN) de Padoue (10 000) ; l'Institut de Méthodologies Inorganiques et des Plasmas (CNR-IMIP) de Bari (10 000) ; l'Institut pour la Microélectronique et les Microsystèmes (CNR-IMM) de Catane (5000).

Pour confirmer l'intérêt stratégique que revêtent pour le Pentagone les zones maritimes, nous signalerons l'imposante contribution (861 621 dollars) en faveur de l'Institut National d'Océanographie et de Géophysique Expérimentale de Trieste, également connu sous le nom d'OGS-Observatoire Géophysique de Trieste, dénomination en vigueur jusqu'en 1999, année où il fut transformé en organisme public national. Le Département de la Défense US a en particulier contribué aux études de l'observatoire triestin sur les courants marins de l'aire orientale de la Méditerranée, de la Mer de Marmara (entre la Mer Egée et la Mer Noire), dans l'Océan Atlantique en face des côtes du Sénégal.

On est par contre étonné, par certains côtés, par les contributions des forces armées US aux recherches de deux des plus prestigieux centres médico-sanitaires privés italiens, l'Institut Européen d'Oncologie et l'Institut Orthopédique « Galeazzi », qui ont tous deux leur siège central à Milan. Plus précisément, ont été affectés au premier 519 311 dollars pour analyser les risques potentiels de l'exposition aux rayons X par l'imagerie informatisée. Le Galeazzi, lui, a reçu 349 689 dollars pour des recherches « médico-militaires » sur la prolifération des métastases.

Le Pentagone a en outre subventionné pour 16 000 dollars le Centre International de Physique Théorique (ICTP) « Abdus Salam » de Trieste ainsi que l'ENEA, l'organisme public de recherche nationale qui opère dans les secteurs de l'énergie et des nouvelles technologies (5000 dollars).

Des subventions ont aussi été allouées à des sociétés privées (50 000 dollars aux Industries Bitossi S.p.A. de Vinci (Florence) pour une recherche sur les alliages d'aluminium « pour des applications balistiques », et 10 000 dollars à l'EAAT Design et Prototyping de Naples pour la « recherche appliquée Eurocorror 2014 »), et à certains chercheurs italiens : 120 020 dollars à l'ingénieur aéronautique Sara Cerri de Gattinara, près de Verceil (collaboration au programme cofinancé par l'Union Européenne de développement des sources énergétiques aux îles Hawaï) et 90 000 dollars à l'ingénieur électronique travaillant  dans les Pouilles, Vito Roppo, pour une étude sur les semi-conducteurs dans les années 2010-2016 (dans le CV du Dr Roppo, il est aussi fait référence à la coordination de « 5 projets pour une valeur totale de 120 000 euros » auprès du Centre de recherche d'ingénierie en missiles de l'aviation de l'US Army de Huntsville (Alabama), novembre 2007-septembre 2012).

Le Département de la Défense des Etats-Unis d'Amérique a enfin contribué économiquement à certains projets de développement de systèmes de guerre sous-marins réalisés par le NATO Centre for Maritime Research & Experimentation, le Centre pour la recherche et l'expérimentation maritime dont le siège est à La Spezia, sous le contrôle de l'agence de l'OTAN qui s'occupe de science et de nouveaux systèmes technologiques. Le centre ligure a reçu en tout 816 840 dollars . Il est vraisemblable, dans ce cas aussi, qu'une partie de l'argent a été utilisée pour des programmes auxquels ont collaboré les instituts universitaires et les centres de recherche italiens partenaires, publics et privés.

On trouve en effet, opérant auprès du Centre Interuniversitaire de Recherche sur les Systèmes intégrés pour le Milieu Marin (ISME), mis en place dans l'Atheneum de Gênes, les laboratoires d'Oceanic engineering pour « les études de projets et le développement de robots, véhicules autonomes et drones navals et sous-marins », en collaboration avec la structure OTAN de La Spezia, les industries militaires et la Marine militaire italienne. En mars 2015, le Pôle « Guglieimo Marconi » de La Spezia de l'Université des Etudes de Gênes a en outre conclu un accord de collaboration avec le Nato Centre for Maritime Research & Experimentation pour le « développement de systèmes robotiques et d'ingénierie et technologies de communication sous-marines ». De son côté, le Département d'Ingénierie de l'Information de l'Université de Pise a mis en place un master de niveau II sur l'électro-acoustique sous-marine, toujours en collaboration avec le Centre de l'Otan de La Spezia et plusieurs entreprises importantes du complexe militaire industriel national.

Tableau des subventions du Pentagone à la recherche scientifique publique et privée italienne (2010-2018)

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Courtesy of Tlaxcala
Source: http://antoniomazzeoblog.blogspot.com/2019/09/ecco-come-il-pentagono-condiziona-e.html
Publication date of original article: 13/09/2019
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=27038

 

Tags: USA-ItalieSubventions Pentagone recherche italienneComplexe militaro-scientifico-industrielChercheurs mercenaires OTANItaliette
 

 
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