TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı

 21/11/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Turquie : près de 4000 travailleurs sont morts d’accidents du travail durant les deux ans d’état d’urgence !
Date of publication at Tlaxcala: 15/10/2018
Original: OHAL’le geçen iki yılda 4 bine yakın işçi öldü!

Turquie : près de 4000 travailleurs sont morts d’accidents du travail durant les deux ans d’état d’urgence !

Birgün

Translated by  Damla Kellecioglu
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Lors des deux années écoulées sous l’état d’urgence les morts au travail ont augmenté de 14% et au moins 3960 travailleurs ont perdu la vie. Le conseil d’İSİG (Assemblée pour la santé et la sécurité au travail, ASST) a souligné la régression en en matière de droits entraînée par  l’état d’urgence.

 OHAL’le geçen iki yılda 4 bine yakın işçi öldü!

"État d'urgence = interdiction du droit de grève, chômage et accidents du travail en hausse !": manifestation des syndicalistes de l'ASST à Istanbul en 2017

Dans le rapport qu’il a publié, le Conseil d’ISIG a annoncé qu’au moins 3960 travailleurs avaient perdu leur vie au travail et pose la question : « N’avait-on pas dit que l’état d’urgence n’affecterait pas les travailleurs? »

Le rapport précise qu’avec l’état d’urgence une augmentation de 14% a eu lieu en ce qui concerne les morts au travail et dit: « Les morts au travail constituent l’indicateur le plus concret de l’état de la santé des travailleurs d’un pays. Le tableau qui était déjà effrayant est devenu pire depuis les deux dernières années. »

Forte augmentation de la mortalité dans l’industrie

Voici quelques informations du rapport :

« Les meurtres au travail ont particulièrement augmenté dans le secteur industriel. Les morts de travailleurs ont augmenté de 100% à l’industrie métallurgique, de 20% dans le secteur de l’énergie, et de 10% dans l’industrie minière, textile, chimique, du bois/papier, du BTP et des transports.  Dans le secteur des services, les morts ont augmenté de 50%. »

« On constate également une augmentation considérable des causes de mort. Les morts de travailleurs suite à des chutes, des crises cardiaques ou des violence ont augmenté de 20%, alors que les morts par écrasement  et électrocution ont connu une augmentation de 15%. »

« Ces hausses ont affecté des travailleurs de sexe masculin entre 28 et 50 ans. »  

« Cette augmentation est de 40% pour les ouvriers immigrés / réfugiés. »

« Les taux d’augmentation ont été important dans les villes suivantes : Istanbul, Tekirdag, Kocaeli, Sakarya, Zonguldak, Kastamonu, Corum, Eskisehir, Ankara, Manisa, Denizli, Aydin, Gaziantep, Kahramanmaras, Diyarbakir, et Elazig. »

L’état d’urgence ne visait-il pas uniquement l’État ?

Le Conseil d’ISIG qui a rappelé qu’après la déclaration de l’état d’urgence, le Premier ministre Binali Yildirim et le Président Tayyip Erdogan avaient dit : « L’Etat a déclaré l’état d’urgence non contre le peuple mais pour lui-même » et ajoute : « Cependant quand on examine cette période sous état d’urgence, on constate que c’est le contraire qui a été valable pour les ouvriers. »

Selon le rapport, voici quelques-unes des violations des droits des travailleurs ayant provoqué les morts d’ouvriers lors de l’état d’urgence :

- Les décrets et la situation arbitraire créée par l’état d’urgence ont permis aux patrons d’agir à leur guise ; des milliers de travailleurs du secteur public ont perdu leur travail, des travailleurs ouvriers syndiqués demandant leurs droits et leurs salaires impayés ont été licenciés. Les autres travailleurs, sous la menace de licenciement, n’osent plus revendiquer leurs droits.

- Des licenciements de représentants de l’İSİG ont eu lieu, simplement parce qu’ils faisaient leur travail comme s’opposer aux intoxications alimentaires, demander l’application de la loi pour la sécurité au travail ou partager sur les réseaux sociaux ce qu’ils pensaient des morts ouvriers.

- Sous l’état d’urgence, de nombreuses grèves ont été interdites pour des motifs comme la sécurité nationale et la santé générale.

L’Etat comme briseur de grève

- Lors de la vingt-cinquième journée de la grève chez Tekno Maccaferri à Düzce, l’Etat lui-même a fait office de briseur de grève. Suite à l’intervention des gendarmes, des ouvriers appartenant au syndicat Birleşik Metal-İş ont été mis en garde à vue et l’usine a été vidée de ses équipements. A Petkim, les responsables et les délégués ouvriers du syndicat Petrol-İş ont été trainés par terre et interpellés, et les ouvriers ont été forcés de signer un contrat de 3 ans sous la menace des blindés sur place. 14 syndicalistes de TÜMTİS ont été emprisonnés au prétexte qu’ils « essayaient d’augmenter le nombre de membres ». Une manifestation devant le Ministère de l’énergie, du syndicat Petrol-İş contre le processus de privatisation de Türkiye Petrolleri a été interdite.

- Rifat Hisarcıklıoğlu, président de l’Union des Chambres et des Bourses de Turquie, lors du 74ème Conseil Général ayant lieu le 15 mai, précisant que la réglementation de santé et sécurité au travail était un fardeau pour les PME, a annoncé : « Nous avons fait annuler tout cela. » Il a ajouté : « Nous avions également un autre problème qui était la justice. Devant tribunaux du travail, les employeurs perdaient dans 92% des cas. Pour changer cela, nous avons fait mettre en place le système obligatoire de médiation. »

- Malgré l’opposition des syndicats, le système privé obligatoire de retraites est entré en vigueur.

- Le système de location de travailleurs est entré en vigueur. Donc le licenciement est devenu plus facile et de nombreux travailleurs sont désormais incapables de faire valoir leurs droits.

Majorations en rafale

- Des majorations ont eu lieu coup sur coup, l’inflation officielle a atteint 13%, le taux du dollar US a atteint la limite de 5 livres (6 le 15 octobre 2018), les salaires réels ont baissé, les heures de travail ont augmenté encore plus. Durant cette période, le gouvernement a demandé à deux reprises une mobilisation pour le recrutement, pourtant non seulement le taux de recrutement n’a pas augmenté mais les formes d’emploi précaire (apprentissage, stages etc.) se sont étendues et sont devenues permanentes.

- L’injustice et l’impunité ont continué en ce qui concerne les morts au travail. Les véritables responsables n’ont pas été poursuivis en justice.  Les responsables subalternes ont écopé de peines de prison de courte durée, ces peines ont été transformés en amendes payables en 24 mois.

- Avec la participation de l’ancien ministre de travail Mehmet Müezzinoğlu, le 13 mai 2017, une cérémonie de signature de la « Déclaration d’objectif zéro pour la santé et la sécurité du travail » a eu lieu au 3ème aéroport (en construction) d’Istanbul et il a été déclaré que les accidents du travail devraient être réduits à zéro et que le centre de la campagne était le secteur du BTP. Au cours des 4 mois de la la campagne du ministère, 753 travailleurs ont perdu la vie dont 167 dans le BTP.

- Le gouvernement a déclaré que l’année 2018 serait celle de la lutte contre travail des enfants. Aucun pas concret n’a été fait pour la diminution du nombre des enfants travailleurs et aucune amélioration n’a eu lieu. Suite à une requête du député Murat Emir auprès du Centre de communication du Premier ministère, on a appris que jusqu’en juin 2018, seulement 23 entreprises avaient reçu des amendes pour un total de 39343 livres turques [=6000 €]  à payer pour avoir fait travailler des enfants.

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.birgun.net/haber-detay/ohal-le-gecen-iki-yilda-4-bine-yakin-isci-oldu-225079.html
Publication date of original article: 29/07/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24322

 

Tags: État d'urgenceAccidents du travailTurquieDroits des travailleurs
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.