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 IMAGE AND SOUND 
IMAGE AND SOUND / Maroc : « La mort plutôt que l’humiliation », un film sur le Hirak du Rif
Date of publication at Tlaxcala: 28/07/2018
Original: فيلم ” الموت ولا المذلة ” حول حراك الريف من إنتاج أطاك المغرب
Translations available: English 

Maroc : « La mort plutôt que l’humiliation », un film sur le Hirak du Rif

ATTAC Maroc اطاك المغرب

 

ATTAC Maroc, membre du Réseau CADTM, a produit, au printemps 2017, un film documentaire de 24 minutes et 28 secondes sur le mouvement de contestation sociale (Hirak) du Rif. Le documentaire retrace le processus de lutte héroïque des habitants de la région d’Al Hoceima au nord du Maroc. L’histoire commence avec la mort du martyr Mohsen Fikri et expose l’évolution des faits jusqu’à ce qu’ils atteignent leur apogée dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Hirak du Rif, plus d’un an de luttes populaires dans les rues et sur les places publiques.

Nous avons vécu l’expérience de la réalisation du film de manière collective à travers des discussions et des réunions sur la faisabilité, les objectifs et les idées à aborder, dans un contexte contraignant, et plus particulièrement répressif. Le scénario et le synopsis ont été discutés et adoptés avec un très large consensus.

Pour l’association ATTAC Maroc, ce film est un outil de mobilisation qui reflète le point de vue des opprimé-e-s et nos positions qui s’alignent totalement sur les revendications des populations rifaines. Nous à ATTAC Maroc, nous ne sommes pas neutres et nous ne voulons pas l’être. Nous nous alignons consciemment avec les opprimés et mettons nos outils et notre énergie au service de leurs luttes sans aucun préalable.

Nous espérons par ce film avoir réussi à concrétiser notre alignement à la cause du Rif, notre objectif clair étant de comprendre et généraliser les leçons de ce remarquable soulèvement, en particulier les méthodes d’auto-organisation et les techniques de communication avec les opprimé-e-s.

Histoire et scénario du film « Death Over Humiliation »

Une femme commence à exposer les événements sous forme d’une histoire orale qui raconte brièvement la réalité de la vie des Rifain-e-s et à travers elle toutes les étapes du Hirak du Rif et ses processus.

L’étincelle du Hirak commence avec la mort de Mohsen Fikri, broyé dans une benne à ordures, suivie d’un rassemblement citoyen pour protester contre ce meurtre humiliant, puis de manifestations et débats populaires pour faire la lumière sur le crime. L’État, sentant le danger imminent, envoie ses responsables aux manifestant-e-s pour les persuader de ne pas se mobiliser, de retourner chez eux et laisser la « justice » suivre son cours. Soudain, un jeune homme d’une trentaine d’années, fait irruption dans le débat public, s’oppose aux paroles des hommes d’État et a présenté sa critique. L’intervention du jeune reçoit l’approbation du public et c’est ainsi que Nasser Zafzafi est devenu l’une des figures les plus importantes du Hirak du Rif. Les mobilisations se sont alors transformées en un soulèvement qui a duré une année entière et qui s’est soldé par l’arrestation des militant-e-s, le harcèlement des Rifain-e-s et l’assiègement d’Al Hoceima et de toute la région.

Les conditions de réalisation du film et les contraintes du travail des documentaires au Maroc

ATTAC Maroc a réalisé le film dans des circonstances difficiles de répression et d’assiègement du Rif. L’équipe de travail s’est installée dans la ville d’Al Hoceima juste après la marche du 20 juillet 2017 pour tourner des scènes dans la région. Mais les conditions du siège imposé ont empêché un tournage professionnel. Ce qui nous a conduit à nous contenter de certains clips de YouTube et de bandes vidéo filmées le 20 juillet par les téléphones portables des participants-e-s, lorsque des milliers de Rifain-e-s sont descendu-e-s dans la rue avec de nombreux militant-e-s de différentes régions du Maroc.

L’atmosphère d’intimidation nous a également contraints à recevoir des interviewé-e-s à Casablanca au lieu de les filmer, eux et leurs familles, à Al Hoceima. Un membre de l’équipe de tournage a été arrêté à Al Hoceima après avoir été suivi et surveillé. Il a été relâché juste après.

Le travail du photographe (son et image), son efficacité dans la dénonciation des violations de l’État des droits des citoyen-ne-s et la réaction rapide de ceux et celles-ci à son contenu de lutte, pousse l’État à mettre des obstacles légaux et administratifs pour le réduire. On peut citer par exemple la nécessité d’obtenir une licence du Centre cinématographique marocain, dont le directeur est nommé par décret royal ! L’objectif de ces licences et de ces documents administratifs est d’empêcher les associations militantes de mettre en œuvre leurs programmes alors que les associations acceptées par le régime obtiennent très facilement toutes sortes de permis, et reçoivent un soutien généreux de l’État.

L’art et les artistes au service de la cause populaire

De nombreux artistes dans diverses parties du monde capitaliste, « démocratique » et despotique, ont résisté contre les mesures d’interdiction et de restriction de leurs productions artistiques, que ce soit dans le théâtre, le cinéma ou la musique. Le plus important d’entre eux était l’artiste mondial, Charlie Chaplin, qui a été harcelé dans un pays « démocratique » (les USA) et a milité par son art et ses positions mémorables, faisant triompher les valeurs de liberté et de justice sociale. C’est ce qui arrive maintenant au réalisateur US Michael Moore, en raison de ses positions contre l’impérialisme des USA. Il convient de mentionner aussi que les dictatures explicites ou déguisées dans notre région répriment tout art critique qui s’aligne sur les positions des opprimé-e-s. L’artiste populaire égyptien Cheikh Imam, a été interdit. Les doigts du caricaturiste syrien Ali Ferzat, ont été cassés. Des poètes dans le Golfe ont été emprisonnés et des artistes sont marginalisés au Maroc comme Ahmed Sanoussi… Les interdictions et les blocages sont nombreux dans la société capitaliste, y compris le blocage de la production artistique.

Finalement, nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont contribué à la réalisation de ce film, documentaire de lutte, et ont facilité sa sortie comme la Fondation Rosa Luxembourg.

 





Courtesy of ATTAC Maroc
Source: https://tinyurl.com/yb6uxmpl
Publication date of original article: 12/07/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=23891

 

Tags: Hirak du RifATTAC MarocRévoltes logiquesMouvements sociauxMaroc
 

 
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