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 21/09/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UNIVERSAL ISSUES 
UNIVERSAL ISSUES / Néocolonialisme et “crise des migrants”
Date of publication at Tlaxcala: 30/06/2018
Original: Neocolonialismo e «crisi dei migranti»
Translations available: English  Español  Português/Galego  Türkçe 

Néocolonialisme et “crise des migrants”

Manlio Dinucci Μάνλιο Ντινούτσι مانليو دينوتشي

Translated by  Marie-Ange Patrizio

 

Des USA à l’Europe, la “crise des migrants” suscite de vives polémiques intérieures et internationales sur les politiques à adopter à propos des flux migratoires. Partout cependant ceux-ci sont représentés selon un cliché qui inverse la réalité : celui des “pays riches” obligés de subir la croissante pression migratoire des “pays pauvres”.

On dissimule ainsi la cause de fond : le système économique qui dans le monde permet à une minorité restreinte d’accumuler de la richesse aux dépens de la majorité croissante, en l’appauvrissant et en provoquant ainsi l’émigration forcée.

Concernant les flux migratoires vers les USA, le cas du Mexique est emblématique. Sa production agricole s’est écroulée quand, avec l'ALENA  (Accord de libre-échange nord-américain ), les USA et le Canada ont inondé le marché mexicain de  produits agricoles à bas prix grâce à leurs propres subventions publiques. Des millions de paysans se sont retrouvés sans travail, venant grossir le bassin de main d’oeuvre recrutée dans les maquiladoras : des milliers d’établissements industriels le long de la ligne de frontière en territoire mexicain, possédés ou contrôlés, pour la plupart, par des entreprises US, dans lesquels les salaires sont très bas et les droits syndicaux inexistants.

Dans un pays où environ la moitié de la population vit dans la pauvreté, la masse de ceux qui cherchent à entrer aux USA a augmenté. D’où le Mur le long de la frontière avec le Mexique, commencé par le président démocrate Clinton quand l'ALENA  est entré en vigueur en 1994, poursuivi par le républicain Bush, renforcé par le démocrate Obama, ce même mur que le républicain Trump voudrait maintenant compléter sur tous les 3000 km de frontière.

"Le pétrole passe, pas nous": Francesco Piobbichi, de la série  "Lampedusa e poi vivi" ("Lampedusa, puis tu vis"). Photo Fausto Giudice

Concernant les flux migratoires vers l’Europe, le cas de l’Afrique est emblématique. Elle est richissime en matières premières : or, platine, diamants, uranium, coltan, cuivre, pétrole, gaz naturel, bois précieux, cacao, café et de nombreuses autres.

Ces ressources, exploitées par le vieux colonialisme européen avec des méthodes de type esclavagiste, se trouvent aujourd’hui exploitées par le néocolonialisme européen s’appuyant sur des élites africaines au pouvoir, une main d’œuvre locale à bas coût et un contrôle des marchés intérieurs et internationaux.

Plus de cent compagnies cotées à la Bourse de Londres, britanniques et autres, exploitent dans 37 pays de l’Afrique sub-saharienne des ressources minières d’une valeur de plus de 1000 milliards de dollars.

La France contrôle le système monétaire de 14 ex-colonies africaines par le biais du Franc CFA (à l’origine acronyme de “Colonies Françaises d’Afrique”, recyclé en “Communauté Financière Africaine”) : pour conserver la parité avec l’euro, les 14 pays africains doivent verser au Trésor français la moitié de leurs réserves monétaires.

L’État libyen, qui voulait créer une monnaie africaine autonome, a été démoli par la guerre en 2011. En Côte d’Ivoire (zone CFA), des sociétés françaises contrôlent le gros de la commercialisation du cacao, dont le pays est premier producteur mondial : aux petits cultivateurs restent à peine 5% de la valeur du produit final, si bien que la majeure partie vit dans la pauvreté. Ce ne sont que quelques exemples de l’exploitation néo-coloniale du continent.

L’Afrique, présentée comme dépendante de l’aide extérieure, fournit à l’extérieur un paiement net annuel d’environ 58 milliards de dollars. Les conséquences sociales sont dévastatrices. En Afrique sub-saharienne, où la population dépasse le milliard et se compose à 60% de mpins de 24 ans, environ les deux tiers des habitants vivent dans la pauvreté et, parmi ceux-ci, environ 40% – c’est-à-dire 400 millions – dans des conditions de pauvreté extrême.

La “crise des migrants” est en réalité la crise d’un système économique et social insoutenable.





Courtesy of Le Grand Soir
Source: https://ilmanifesto.it/neocolonialismo-e-crisi-dei-migranti/
Publication date of original article: 26/06/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=23698

 

Tags: MigrationsNéocolonialismeAfrique-EuropeAmériquesALENA
 

 
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