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 23/07/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 LAND OF PALESTINE 
LAND OF PALESTINE / L’ambassade US à Jérusalem ce 14 mai ? Fake news !
Date of publication at Tlaxcala: 14/05/2018

L’ambassade US à Jérusalem ce 14 mai ? Fake news !

Pour la Palestine

 

Officiellement, l’ambassade des États-Unis en Israël sera déplacée de Tel Aviv à Jérusalem ce lundi 14 mai. Fake news !

L’info à tout d’une de ces “fake news” dont Donald Trump est à la fois un grand pourfendeur et un grand propagateur. Ce soi-disant “transfert” n’est rien de plus qu’une opération de propagande se situant dans le cadre de la célébration du 70ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance d’Israël 1.

 

Des panneaux routiers ont fait leur apparition à Jérusalem pour indiquer la direction de l’ambassade U.S.… qui pour l’essentiel est toujours à Tel Aviv.

 

En fait, et quoi que se préparent à en dire les médias, l’ambas­sade étatsunienne reste bel et bien à Tel Aviv, avec ses centaines de diplomates et autres membres du personnel, pour encore un bon moment.  Tout simplement parce que déménager une telle ambassade n’est pas une mince affaire, qu’il va falloir construire entièrement un nouveau bâtiment assorti de toutes les mesures de sécurité que cela implique dans le contexte de Jérusalem, et que quel que soit le volon­tarisme de Trump cela prendra du temps, beaucoup de temps.

Le secrétaire d’État de Trump à l’époque où celui-ci avait annoncé sa décision, Rex Tillerson, avait d’ailleurs fait remarquer que le transfert ne se produirait  certainement pas avant la fin du premier mandat de Trump à la Maison Blanche, c’est-à-dire en janvier 2021. Avant de se faire virer il a eu juste le temps de signer un plan visant à organiser un transfert purement symbolique, auquel on assiste aujourd’hui. De la pure propagande.

Aussi, quand nous écrivions en décembre 2017 «L’ambassade des État-Unis à Jérusalem ? Pas l’an prochain, peut-être bien jamais…», la prévision ne s’avère fausse que grâce à un tour de passe-passe en trompe-l’oeil.

Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem de 1981 à 2015, ne s’y est pas trompé :

Tweet de Charles Enderlin diffusé le 11 mai.

 

L’ambassadeur désigné par Trump pour représenter les États-Unis en Israël est un propagandiste sioniste fanatique. 

Il n’est donc pas étonnant qu’il ait tenu à mettre la diplomatie étatsunienne autant que possible au service de la propagande d’un Netanyahou en grande difficulté, prêt à mettre tout le Moyen-Orient à feu et à sang pour se soustraire aux juges qui s’intéressent aux affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué.

Reste à savoir si les États-Unis reconnaissent désormais la souveraineté israélienne sur l’ensemble de Jérusalem, dans les limites municipales telles qu’Israël les définit actuellement, ou si leur reconnaissance ne s’applique qu’à Jérusalem-Ouest. Washington s’en tient-il toujours au principe selon lequel le statut ultime de la ville et ses limites devraient être décidés par Israël et les Palestiniens par la négociation ou accepte-t-il la thèse israélienne selon laquelle la ville unifiée est la propriété éternelle et exclusive  d’Israël ? Cela reste ambigu, même si il ne faut sans doute pas nourrir trop d’illusions.

L’U.E. en ordre dispersé, comme d’habitude

Est-ce à dire que l’épisode du faux transferts de l’ambassade n’aura aucune importance politique ? Après tout, Trump ne fait pour le moment qu’appliquer, et en apparence seulement, une décision votée par le Congrès des États-Unis en 1995, et dont depuis lors ses prédécesseurs n’avaient eu le courage ni de la remettre en question ni de la concrétiser, se contentant de la postposer de six mois en six mois, sans que quiconque paraisse vraiment d’en soucier.

Dès dimanche les représentants diplomatiques de l’Albanie, de l’Angola, de l’Autriche, du Cameroun, du Congo (Brazzaville), de la République Démocratique du Congo (Kinshasa), de la Côte d’Ivoire, Ethiopie, de la République Tchèque, de la République Dominicaine, de Géorgie, du Guatemala, du Honduras, de Hongrie, du Kenya, de Macédoine, du Nigéria, du Panama, du Pérou, des Philippines,  de Roumanie, du Rwanda, du Salvador,  de Serbie, du Sud Soudan, de Thaïlande, d’Ukraine, du Vietnam, du Paraguay, de Tanzanie et de la Zambie participeront à un gala pour célébrer “l’événement”.

Cela peut sembler un éclatant succès, mais en réalité seulement 32 des 86 pays invités se sont fait représenter. A peine plus d’un tiers !

Les diplomates de la majorité des pays de l’Union Européenne s’abstiendront. Le mot important, dans cette phrase, est “majorité”. Car l’initiative de Trump aura servi au moins à ceci : mettre en évidence la totale absence de cohésion de l’Union européenne, et donc son incapacité à peser réellement sur le cours des événements politique. La Hongrie, la République Tchèque, la Roumanie et l’Autriche ont en effet décidé de faire bande à part 2, et il y a quelques jours ces mêmes pays avaient bloqué l’adoption par l’U.E. d’une déclaration condamnant le transfert de l’ambassade U.S.

L’Union Européenne sera donc, après cette affaire, encore un peu moins crédible, encore un peu plus cantonnée dans un rôle de bailleur de fonds, tout juste bonne à à financer des programmes en faveur de la population palestinienne dont la charge devrait, en droit, incomber à la puissance occupante. Autrement dit, l’U.E. continuera à financer l’occupation avec l’argent des contribuables européens et à armer Israël.

Dès l’annonce de la « victoire » d’Israël au Concours Eurovision de la Chanson, la représentation diplomatique de l’U.E. à Tel Aviv – qui très souvent manifeste un enthousiasme plutôt puéril devant les faits d’arme israéliens – s’est empressée de féliciter le « vainqueur » en des termes véritablement scandaleux : «L’année prochaine à Jérusalem». Il s’agit là clairement d’une rupture de la ligne officielle de l’U.E. (du moins de la plus grande partie) qui ne reconnaît pas Jérusalem pour la capitale israélienne. C’est en outre l’adoption par les diplomates européens d’une formule rituelle de la religion juive sur laquelle repose en bonne partie la doctrine sioniste, en ce qu’elle fonde le mythe du “retour” des Juifs sur la terre de leurs ancêtres : tous les ans durant la fête de Pessa’h (Pâque juive), les mots « L’année prochaine à Jérusalem » viennent clôturer les cérémonies. Que cette formule soit reprise dans le langage diplomatique du représentant de l’U.E. est manifestement une faute et réduit à néant la prétention européenne à une “équidistance” qui n’a jamais existé.

 

 

Et elle pourra tranquillement continuer son double langage, son représentant en Israël ne manquant aucune occasion de manifester son enthousiasme pour l’entreprise sioniste, sans jamais manifester la moindre considération pour les droits des Palestiniens, la plupart du temps rendus responsables des crimes dont ils sont victimes sous l’occupation israélienne.

L.D.                           

Notes

1.

Tout comme vraisemblablement la victoire israélienne au Concours Eurovision de la chanson, qui a pour résultat que la prochaine édition de ce concours où Israël n’a aucunement sa place devrait, si tout se passe comme l’espèrent les sionistes, se dérouler à Jérusalem. Après tout, maintenant que le Tour d’Italie passe par Israël (il suffisait pour cela de puiser 10 millions de dollars dans les budgets de propagande et de les verser aux organisateurs), plus rien n’est invraisemblable puisque tout n’est qu’une question d’argent.

2.

L’attitude de la Bulgarie était incertaine : selon Haaretz son ambassadeur avait annoncé sa présence, avant de se raviser… ou pas.





Courtesy of Pour la Palestine
Source: http://www.pourlapalestine.be/lambassade-des-etats-unis-a-jerusalem-ce-14-mai-fake-news/
Publication date of original article: 13/05/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=23389

 

Tags: Ambassade US JérusalemUEropePalestine/Israël
 

 
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