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 EUROPE 
EUROPE / Ras l’bol d’Airbnb ! Après Barcelone, les résidents du centre de Madrid s’organisent aussi pour combattre la massification du tourisme
Date of publication at Tlaxcala: 12/03/2018
Original: Los vecinos del centro de Madrid también se organizan para combatir la masificación del turismo

Ras l’bol d’Airbnb ! Après Barcelone, les résidents du centre de Madrid s’organisent aussi pour combattre la massification du tourisme

Patricia Rafael

Translated by  Jacques Boutard
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Des associations de résidents et des plateformes s’unissent pour entamer une série de mobilisations pour exiger des administrations des sanctions contre la prolifération des appartements touristiques, autrement dit l’airbéenbisation de la capitale espagnole.

C’était peut-être la soirée la plus froide, la plus pluvieuse et venteuse de cet hiver. Mais à sept heures du soir, mardi dernier 1er mars, la salle de réunion de l’Institut San Isidro accueillait déjà une centaine de résidents de l’arrondissement central de Madrid. Ils avaient été convoqués par la Fédération Régionale des Associations de Résidents de Madrid (FRAVM), la Coordination des Associations de résidents du Centre, qui regroupe les quartiers de Malasaña, Chueca, Embajadores, Sol, Huertas et La Latina, et le collectif  Lavapiés ¿dónde vas? (Lavapiés, où vas-tu ?). Leur objectif : parler de touristification, de spéculation, de relations de voisinage et de législation, et s’organiser pour lutter « pour le droit à la ville des habitants du Centre ».



Les participants à l’assemblée montrent sur leurs affiches les conséquences de la touristification. / Félix Lorrio ( Coordination des Associations de Résidents du Centre)

« Bruit », « Spéculation », « Pollution », « Saleté », « Les résidents ne veulent pas faire leurs valises », voilà quelques-uns des messages écrits sur les affiches brandies par les participants au début de la réunion pour montrer quelques-unes des conséquences de la croissance incontrôlée des appartements touristiques au centre de Madrid.

Pendant que de npouveaux participants continuaient à arriver de façon intermittente, Vicente Pérez, le responsable de l’Urbanisme de la FRAVM, prenait la parole, micro en main, pour expliquer que la réunion de la Coordination avec le Défenseur du Peuple [équivalent espagnol du Défenseur des droits, NdT] avait été « fructueuse ». « Nous leur avons transmis les doléances des résidents, comme l’augmentation des loyers, le bruit, les bagarres, et la passivité des administrations », expliquait-il. Il a noté que tant le responsable en exercice du Bureau, Francisco Fernández Marugán que ses assistants présents à la réunion se sont montrés très réceptifs à toutes les plaintes, mais qu’ils ont signalé qu’aucune ne leur parvenait.

Envoi de plaintes au Défenseur du Peuple

« Il est essentiel de commencer à les envoyer, non seulement de Madrid, mais aussi des autres villes affectées, parce que c’est comme cela que s’ouvrent les enquêtes sur le fonctionnement des administrations », a déclaré Pérez. « Chaque mois, 600 à 700 nouveaux appartements s’ouvrent aux touristes, illégalement, nous le savons, il enfreignent la loi car ils omettent de signaler ce changement de destination », a souligné le porte-parole des résidents, en encourageant les participants à se mobiliser afin d’obliger la Mairie et la Communauté de Madrid à agir dans le cadre de leurs compétences.

Ensuite les autres participants ont pris successivement la parole, chacun racontant la situation qu’il vivait et incitant les autres à « passer à l’action ». Cécilia, qui réside dans le centre depuis 1995, à expliqué aux résidents qu’une des formes de lutte était de dénoncer les appartements touristiques illégaux auprès du ministère des Finances « pour usage illégal des parties communes ». Paco, habitant de Chueca, a fait remarquer que le diagnostic était déjà connu car ils l’avaient sous les yeux depuis 2015. « Ce que nous avons fait jusqu’à maintenant n’avance à rien, ou bien nous nous unissons tous, ou nous n’arriverons nulle part. Il a raconté qu’en tant qu’habitant d’un des quartiers les plus agités du centre-ville, il avait réussi jusqu’à présent à échapper au bruit à l’intérieur de son immeuble, avant d’ajouter, en colère : « Le problème, c'est que maintenant une bande de ces énergumènes est venue s'y installer pour me gâcher la vie ».

Luis s’est présenté comme membre du collectif  Lavapiés, ¿dónde vas? et a souligné la nécessité pour les administrations d’effectuer des inspections et de commencer à ouvrir des enquêtes diciplinaires et à imposer des sanctions. Comme action, il a proposé d’affréter un autobus avec des résidents pour se rendre à la Direction du Développement Urbain Durable.

« Comme il s’agit de l’administration municipale responsable de la planification urbaine, tenons une assemblée dans ses locaux et faisons exister le processus participatif dont se vante tant la Mairie ces temps derniers », a-t-il proposé. Pour ce résident, cela pourrait constituer une mobilisation comme celle que les habitants de Lavapiés ont entamé dans les années 80 pour exiger la réhabilitation de leurs logements. Un habitant de La Latina, Roberto, a proposé d’organiser des concerts de casseroles, en expliquant que « c’est une façon traditionnelle d’exposer les problèmes du quartier ».

 



"Non à la vente du cœur de Madrid ! Ils me volent mon foyer" : Les résidents apporteront leurs valises aux rassemblements  pour signifier qu’ils n’ont pas l’intention de quitter leurs quartiers. F.L. (Coordination)

Les propositions se sont succédées, chacune des interventions exprimant un profond ras l’bol d’un phénomène qui affecte les gens non seulement dans leurs quartiers mais jusque dans leurs propres habitations. « Nous nous sentons trahis par les administrations, parce qu’elles restent passives, elles doivent penser que quand nous quitterons le centre-ville alors nous arrêterons aussi de nous plaindre, et d’autre part nos propres voisins nous trahissent aussi en louant leurs appartements à des touristes », s’est lamentée Margot.

Parmi les mesures qu’elle a décidé de prendre immédiatement, la Coordination a mis à la disposition des résidents des quartiers de Huertas et Lavapiés deux bureaux où ils pourront s’informer gratuitement. « Si un groupe de résidents a besoin de conseils, qu’il s’adresse à ces bureaux », nous a informés Pérez, qui a ensuite expliqué que ces bureaux sont également ouverts à tous ceux qui voudraient raconter de vive voix ce qui leur arrive. « Il y a beaucoup de gens âgés qui souffrent de ce phénomène dont on ne parle jamais dans les médias, parce qu’ils ont peur, et cela leur permet au moins de se sentir accompagnés et écoutés par quelqu’un devant qui ils peuvent s’exprimer de vive voix », a dit le porte-parole, qui nous a aussi informés que, dès qu’un local sera disponible, un bureau sera également ouvert à Malasaña.

En se terminant, l’assemblée a conclu un premier mois qui aura au moins vu les premières actions concrètes. La première est un appel à la participation « du plus grand nombre possible de résidents » à la prochaine réunion plénière du Conseil de District du Centre, convoquée pour le 15 mars. Par la suite se succéderont différents rassemblements dans des endroits emblématiques du district, comme la Puerta del Sol ou la Plaza de Cascorro, épicentre du quartier madrilène du Rastro, où les résidents sont priés de venir avec leurs valises à la main. Par-dessus tout, une consigne claire a été donnée : « Si nous ne nous unissons pas et ne nous mobilisons pas pour faire front, le centre de la ville se retrouvera sans habitants ».

NdE : Si vous devez aller à Madrid, réfléchissez donc une minute avant de cliquer sur ça

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Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.eldiario.es/madrid/vecinos-Centro-organizan-combatir-turistificacion_0_748225734.html
Publication date of original article: 10/03/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22950

 

Tags: Airbnb MadridTouristification centre-villesGentrificationÉtat espagnol
 

 
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