TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı la internacia reto de tradukistoj por la lingva diverso

 19/02/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 ABYA YALA 
ABYA YALA / Grandes menaces sur le processus de paix en Colombie : appel
Date of publication at Tlaxcala: 16/01/2018
Translations available: English  Español 

Grandes menaces sur le processus de paix en Colombie : appel

Various Authors - مؤلفين مختلفين - Auteurs divers- AAVV-d.a.

 

Nous soussignés, défenseurs des droits humains, intellectuels, universitaires et professionnels de la culture de divers endroits du monde, de diverses disciplines et de diverses orientations politiques, souhaitons exprimer notre soutien au processus de paix en Colombie.

Il y a un an, le gouvernement colombien et la guérilla des FARC-EP ont signé, après cinq années de laborieuses négociations, un Accord de Paix destiné à mettre fin à plusieurs décennies de conflit armé et de violence politique et sociale. Considéré par des observateurs internationaux comme un modèle politico-juridique de sortie de l’état de guerre, l’accord prévoyait le désarmement des forces insurgées et leur transformation en mouvement politique, la réinsertion de leurs combattants à la vie civile, ainsi que la mise en place d’un dispositif de justice transitionnelle (la JEP) et d’une série de réformes politiques, économiques et sociales relatives notamment à la politique agraire et comprenant entre autres la redistribution de la terre, la substitution des cultures de feuille de coca et le développement de Zones de réserve paysannes (ZRC). Un an après, le bilan de la mise en œuvre de l’Accord suscite l’inquiétude des partisans et acteurs de la paix, colombiens et internationaux. Si le nombre de personnes tuées en lien avec le conflit armé a sensiblement diminué entre 2012 (début des pourparlers de paix) et 2016, les assassinats de défenseurs des droits humains, de leaders sociaux et de combattants démobilisés des FARC se multiplient depuis la signature de l’Accord. De nombreuses régions abandonnées par la guérilla dans le cadre de la démobilisation ont été occupées par des groupes paramilitaires d’extrême-droite. Entre le 24 novembre 2016 et le 31 octobre 2017, 94 homicides de leaders sociaux et de défenseurs des droits humains ont été perpétrés (une personne tuée tous les quatre jours), tandis que 21 anciens combattants des FARC et 11 membres de familles d’anciens guérilleros ont été assassinés.

Par ailleurs, des dispositions essentielles de l’Accord (aide à la réinsertion des anciens combattants, mise en liberté des anciens combattants en prison, justice transitionnelle ou JEP, réforme politique,réforme rurale, Système Intégral de Vérité, Justice, Réparation et Non Répétition, essentiel pour répondre à la souffrance des victimes du conflit) n’ont pas pu encore être mises en œuvre ou ont été modifiées unilatéralement par les pouvoirs publics ou encore ont été purement et simplement supprimées. Ainsi, Jean Arnault, Président de la Mission de Vérification des Nations Unies en Colombie, a signalé le 21 novembre 2017 les défaillances de l’État en matière de réinsertion, pour laquelle il n’existe pas à l’heure actuelle de Plan cadre, au moment où plusieurs milliers d’anciens guérilleros croupissent dans les 26 Espaces Territoriaux de Formation et de Réinsertion (ETCR). Devant les promesses non tenues, plus de la moitié des 8000 démobilisés des FARC présents en mai 2016 dans les zones de concentration ont quitté les ETCR pour se rendre dans des lieux plus sûrs. Certains d’entre eux ont rejoint des groupes dissidents qui entendent poursuivre la guerre ou bien la guérilla de l’ELN, engagée depuis février 2017 dans un processus de pourparlers avec le gouvernement.

Le non-respect de points essentiels de l’Accord signé par les deux parties, d’une part, et la recrudescence des assassinats et autres formes de violence socio-politique, d’une autre, compromettent gravement l’issue d’un processus de paix qui a été porteur de tant d’espérances pour des millions de Colombiens. Nous observons ainsi avec inquiétude la position de certains responsables de l’État, qui, contre tout évidence, ont pu prétendre que les assassinats de leaders sociaux, de défenseurs des droits humains et d’anciens guérilleros démobilisés n’ont « aucun caractère systématique » et que les groupes paramilitaires « n’existent pas ». De même, la position ouvertement hostile à l’Accord de Paix manifestée par certains candidats aux prochaines élections législatives et présidentielles de 2018, contribue à diminuer les chances de la paix et à déterminer la perspective d’un retour à un état de guerre qui, par les frustrations accumulées dans la partie la plus vulnérable de la société, risquerait d’atteindre des niveaux insoupçonnés de violence. En ce moment où se joue l’avenir de la paix en Colombie, nous appelons la communauté internationale à soutenir les efforts et à protéger les vies de toutes celles et tous ceux qui, en Colombie, construisent jour après jour la paix par leurs pratiques sociales, politiques et culturelles.

 

Premiers signataires

 Étienne Balibar, philosophe (France) ; Judith Butler, philosophe (USA) ; Michael Lowy, sociologue (France) ; Eric Fassin, sociologue (France) ;Geneviève Fraisse, philosophe (France) ; Ann Fergusson, philosophe (USA) ;Stéphane Douailler, sociologue (France) ; Raul Fornet Betancourt, philosophe (Allemagne) ; Guy Bajoit, sociologue (Belgique) ; Matthieu de Nanteuil, sociologue (Belgique) ; Jean De Munck, sociologue (Belgique) ; Remedios Mataix, Études littéraires (Espagne) ; Franz Hinkelammert, philosophe (Costa Rica) ; Silvia Rivera Cusicanqui, sociologue (Bolivie) ; Miguel Giusti, philosophe (Pérou) ; Héctor Samour, philosophe (El Salvador) ; Horacio Cerutti, philosophe (Mexique) ; Atilio A. Boron, politologue (Argentine) ; Claudia Hilb, politologue (Argentine) ; Vincent Gabriel Furtado, philosophe (Inde) ; Juan Manuel Echavarría, artiste (Colombie) ;Mara Viveros Vigoya, Études sur le genre (Colombie) ; Rodrigo Uprimny, juriste (Colombie) ; Leopoldo Múnera Ruiz, politologue et juriste (Colombie) ; Óscar Mejía Quintana, politologue et juriste (Colombie) ; Gregorio Mesa Cuadros, sociologue (Colombie) ; Sergio Ayala, doctorant (Colombie) ; Robert Chaluleau, responsable de mission en Colombie (France) ; Marie Estripeaut-Bourjac, Études latino-américaines (France) ; Alfredo Gomez Muller, philosophe (France) ; Achille Mbembe, historien et sociologue (Afrique du Sud).

 

►Si vous souhaitez signer cette déclaration, veuillez transmettre votre nom, profession et/ou filiation institutionnelle et nationalité à soutienpourlapaixcolombie2018@gmail.com

 





Courtesy of Tlaxcala
Publication date of original article: 16/01/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22489

 

Tags: Paix avec justice socialeColombieAbya Yala
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.