TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı la internacia reto de tradukistoj por la lingva diverso

 12/12/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Coup de filet en Saoudie
Date of publication at Tlaxcala: 08/11/2017
Original: Billionaire prince detained in Saudi corruption probe

Coup de filet en Saoudie

MK Bhadrakumar

Translated by  Jacques Boutard
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le prince Al-Walid ben Talal, 10 autres princes et quatre ministres en exercice, ainsi que des dizaines d'anciens ministres, ont été arrêtés par le comité anti-corruption dans le cadre d’une purge contre les dissidents et les opposants

Dans les heures qui ont suivi l'annonce samedi par le roi saoudien Salman ben Abdulaziz de la constitution d'un nouveau comité de lutte contre la corruption sous la présidence du prince héritier Mohammed ben Salman (MBS), une purge sans précédent de hauts personnages a commencé, signe d’une attaque politique préméditée contre les dissidents et les opposants.

Mai 2016 : "Le vice-prince héritier Mohamed Ben Salman est en train de préparer l'Arabie saoudite à la fin du pétrole"

La purge implique le renvoi et / ou la détention de dizaines de princes, de ministres en exercice et d'anciens ministres. Plusieurs des principaux ministres, dont les responsables de la Garde Nationale du royaume, de l'économie et de la planification, ont été limogés.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_17397.jpg

Le Prince Al-Waid à bord d'un de ses trois avions personnels, un Boeing 747 (les deux autres sont un Airbus 380 et un Boeing 767)

Le Prince milliardaire Al-Walid ben Talal, notamment, figure parmi les détenus. À Djeddah, les forces de sécurité ont cloué au sol des jets privés pour empêcher des personnages de haut vol de quitter le pays.

Le décret du roi Salman investit le nouveau comité anti-corruption de pouvoirs drastiques. Le décret stipule que le comité anti-corruption ne doit pas être entravé par des "lois, règlements, instructions, ordres et décisions", dans l’accomplissement de sa tâche, qui est d'identifier "les infractions, les activités criminelles, les personnes et les entités impliquées dans des affaires de corruption publique".

Il autorise MBS à délivrer des «mandats d'arrêt, des interdictions de voyager », à « divulguer et geler des comptes et des portefeuilles, suivre des fonds et des actifs», et à prendre des «mesures conservatoires».

La corruption est consubstantielle aux oligarchies, et la Maison des Saoud ne fait pas exception. En Arabie saoudite, il est traditionnel de résoudre les problèmes avec de l'argent. Une purge n’a rarement, voire jamais, été nécessaire pour calmer les critiques et les opposants. Mais nous vivons une époque extraordinaire.

En Arabie saoudite, la question de la succession pèse lourdement sur le climat politique. Pour être tout à fait clair, la purge de samedi marque une nouvelle étape dans la lutte impitoyable que mène le jeune prince héritier de 32 ans pour consolider un pouvoir politique absolu et baliser le chemin de son avènement en tant que futur souverain. MBS a systématiquement combattu les élites qui pourraient constituer des centres de pouvoir rivaux quand arrivera le moment de la succession.

Un élément nouveau et intrigant a été apporté par le discours qu’a récemment prononcé MBS lors de la cérémonie d’inauguration d’un projet de 500 milliards de dollars sur la mer Rouge, où il a promis de « détruire l'extrémisme» et de revenir à un «islam modéré, ouvert au monde et à toutes les religions ». MBS s'adressait à un public international, et son discours était manifestement une tentative pour présenter une nouvelle image de l'Arabie saoudite dans le cadre de son projet appelé Vision 2030.

MBS visait probablement aussi le monde occidental en chantant le petit air qui plaît à l'Occident, celui qui parle d'entrepreneunariat, de libéralisme et d'islam modéré. Mais ce qui est fondamental, c’est que l'Arabie Saoudite est en pleine transition, et MBS ne fait que répondre à l’exigence de réformes et de changement.

Jamal Kashoggi, rédacteur en chef de la chaîne Al Arab News, a fui l’Arabie saoudite le 18 septembre 2017

Lorsque des personnalités telles que le célèbre journaliste Jamal Khashoggi s'exilent en Occident pour pouvoir exprimer des opinions libérales, on est au plus bas. En effet, de telles périodes de transition dans un système autocratique sont toujours dangereuses, car le régime, qui a horreur de céder, nage en plein brouillard à cause de l’absence de précédents. L'Iran et l'Union soviétique en sont des exemples flagrants.

Cette situation entraîne en effet une sérieuse contradiction, dans la mesure où la famille royale saoudienne dépend traditionnellement de l'appui des autorités religieuses ultraconservatrices pour assurer sa légitimité, alors que ces derniers mois, avec MBS à la barre, le régime a commencé à mettre en œuvre des réformes économiques et sociales sans précédent qui risquent de saper la base profondément conservatrice qui soutient le régime.

Kashoggi a déclaré à Deutsche Welle la semaine dernière: «Il est difficile de renier le wahhabisme ... c'est la base sur laquelle le Royaume a été construit.» Le wahhabisme a créé un courant salafiste dur qui a constitué la force vitale du régime saoudien pendant des décennies. L'Arabie saoudite doit se libérer de cette emprise.

Paradoxalement, les toutes récentes réformes sociales et économiques de MBS bénéficient d'un important soutien populaire. (La répression de la corruption est sûre d’entraîner une très large adhésion populaire.) De même, il est peu probable que les partisans de la ligne dure qui s'opposent aux réformes soient en mesure de lui barrer la route. Dans l’idéal, le choix de MBS se résume donc à introduire des idées islamiques modernes sans avoir à renier ouvertement le wahhabisme. Mais c’est plus facile à dire qu'à faire.

Ce dont l'Arabie saoudite a besoin, c'est peut-être d’une « révolution culturelle » bien à elle, où les mots « idéologie » et « réforme » deviennent les moteurs de la réflexion sur le pouvoir politique. Par son discours plus libéral, MBS veut être agréable à l'Occident et calmer les Saoudiens ordinaires (et même certains secteurs religieux conservateurs), tout en consolidant son pouvoir et celui de son père, en neutralisant les voix de l'opposition. Ce sont sans doute les deux côtés d'une même pièce.

Néanmoins, cela risque d’être un numéro de haute voltige - bien que MBS contrôle déjà les principaux organes de sécurité. Pour le monde extérieur aussi, les enjeux sont élevés, car il y a dans tout cela un élément de politique étrangère, qui aura un impact sur la sécurité régionale et internationale.

Surtout, MBS ne peut pas se passer du soutien US. (L'ancien prince héritier Mohammed ben Nayef, le rival de MBS qui a été évincé plus tôt cette année, était auparavant le favori de Washington.) Il a fait en sorte de bénéficier d'un accès privilégié à l'administration Trump. Cela signifiera que l'axe USaméricano-saoudien continuera à influencer la politique régionale dans un avenir prévisible.

L’élément nouveau sera un axe USaméricano-saoudien-israélien de plus en plus explicite. C’est curieusement une autre exigence politique pour que MBS puisse affirmer son leadership sur le système du CCG (Conseil de coopération du Golfe) , tout en réglant la question de la succession en sa faveur.

La démission samedi du Premier ministre libanais Saad Hariri est elle-même une preuve évidente de l'accélération de la convergence USaméricano-saoudienne-israélienne. Une configuration relativement stable à Beyrouth (impliquant une cohabitation entre Hariri et le Hezbollah), qui s'en est remarquablement bien tirée dans sa guerre contre les groupes terroristes, a soudain été bouleverséeée.

Ce qui s’ensuit au Liban correspond à la stratégie USaméricano-israélienne vis-à-vis de la Syrie et de l'Irak de l'après-Daech, où l'équilibre des forces semble actuellement pencher en faveur de l'Iran. Un voyage express à Beyrouth à la onzième heure qu’a fait Ali Abkar Velayati, le conseiller influent du guide suprême iranien, n'a pas réussi à dissuader Hariri de prendre cette mesure extrême (la démission).

Il est intéressant de noter qu’Hariri a annoncé sa démission samedi dans un discours prononcé en Arabie saoudite après une réunion avec MBS.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_17399.jpg

 Le prince Al-Walid accueillant Saad Hariri sur le seuil de son Sam'Suffit, l'Hôtel George V à Paris en septembre 2013

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.atimes.com/article/billionaire-prince-detained-saudi-corruption-probe/#
Publication date of original article: 05/11/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22029

 

Tags: USAoudieMohamed Ben Salman
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.