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 20/11/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Rififi dans la Maison des Saoud : décodage
Date of publication at Tlaxcala: 08/11/2017
Original: The inside story of the Saudi night of long knives
Translations available: Português  Español 

Rififi dans la Maison des Saoud : décodage

Pepe Escobar Пепе Эскобар

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Des princes, des ministres et un milliardaire sont «emprisonnés» dans le Ritz-Carlton de Riyad alors que l'armée saoudienne serait en pleine effervescence

Le roi Salman de la Maison des Saoud concocte une commission «anti-corruption» avec de grands pouvoirs dont il  nomme son fils, le prince héritier Mohammad Ben Salman, alias MBS, président.

Tout de suite après, la commission fait arrêter 11 princes de la Maison des Saoud, quatre ministres en poste et des dizaines d'anciens princes / secrétaires de cabinet - tous accusés de corruption. Des comptes bancaires bien approvisionnés sont gelés, des jets privés sont immobilisés. La bande d’accusés de haut vol est "emprisonnée" au Ritz-Carlton de Ryad.

 La "prison"

La guerre éclate au sein de la Maison des Saoud, comme Asia Times l'avait prévu en juillet dernier. Des rumeurs circulaient depuis des mois à propos d'un coup d'État en cours contre MBS. Au lieu de cela, ce qui vient de se passer est encore un contre- coup préemptif de MBS.

Une source  -homme d’affaires et investisseur  au Moyen-Orient - qui fait des affaires depuis des décennies avec l'opaque Maison des Saoud offre un éclairage indispensable : «C'est plus grave qu'il n'y paraît. L'arrestation des deux fils du défunt roi Abdallah, les princes Miteb et Turki, fut une erreur fatale. Cela met maintenant en danger le roi lui-même. Ce n'était que le respect pour le roi qui protégeait MBS. Beaucoup de gens dans l'armée sont remontés contre MBS et ils sont furieux de l'arrestation de leurs commandants. »

Dire que l'armée saoudienne est en effervescence est un euphémisme. "Il devrait arrêter toute l'armée avant de pouvoir se sentir en sécurité."

Le prince Miteb était jusqu'à récemment un sérieux prétendant au trône saoudien. Mais le profil le plus élevé parmi les détenus appartient au prince milliardaire Al-Walid Ben Talal, propriétaire de Kingdom Holdings, actionnaire majeur de Twitter, CitiBank, Four Seasons, Lyft et, jusqu'à récemment, de Newscorp de Rupert Murdoch.

L'arrestation d'Al-Walid est liée à un angle clé : le contrôle total de l'information. Il n'y a pas de liberté d'information en Arabie Saoudite. MBS contrôle déjà tous les médias internes (ainsi que la nomination des gouverneurs). Mais il y a aussi les médias saoudiens de par le monde. MBS a l’intention de «détenir les clés de tous les grands empires médiatiques et les relocaliser en Arabie Saoudite».

Alors, comment en est-on arrivés là?

Les secrets de la purge

L'histoire commence avec des délibérations secrètes en 2014 sur une éventuelle «révocation» du roi Abdallah d'alors. Mais "la dissolution de la famille royale conduirait à la rupture des loyautés tribales et à la division du pays en trois parties. Il serait plus difficile de sécuriser le pétrole, et les institutions brisées, quelles qu'elles soient, devraient être maintenues pour éviter le chaos. "

Au lieu de cela, une décision a été prise de se débarrasser du prince Bandar Ben Sultan - alors en train de dorloter activement les jihadistes salafistes en Syrie - et de le remplacer par Mohammed Ben Nayef pour  le contrôle de l'appareil de sécurité

La succession d'Abdullah s'est déroulée sans heurt. "Le pouvoir était partagé entre trois principaux clans: le roi Salman (et son fils bien-aimé le prince Mohammed); le fils du prince Nayef (l'autre prince Mohammed), et enfin le fils du roi mort (le prince Miteb, commandant de la garde nationale). En pratique, Salman a laissé MBS mener le bal.

  

Le père, Salman (à g.) et le fils, MBS

Et, dans la pratique, les dérapages ont également suivi. La Maison des Saoud a perdu son élan meurtrier de changement de régime en Syrie et s'enlise dans une guerre impossible à gagner au Yémen, qui, en plus, empêche MBS d'exploiter le Rub al Khali, le Quart vide, le désert à cheval sur les deux pays.

Le Trésor saoudien a été contraint d'emprunter sur les marchés internationaux. L'austérité a régné - avec des infos sur MBS achetant un yacht pour près d'un demi-milliard de dollars tout en paressant sur la Côte d'Azur qui ne sont pas trop bien passées. La répression politique brutale a été incarnée par la décapitation du dirigeant chiite Cheikh Al-Nimr. Les  chiites dans la province de l'Est ne sont pas les seuls à se  rebeller, mais aussi les provinces sunnites à l'ouest.

 Alors que la popularité du régime chutait radicalement, MBS a sorti sa Vision 2030. Théoriquement, il s'agissait de faire la transition énergétique pour sortir du pétrole, de vendre une partie d'Aramco  et de tenter d'introduire de nouvelles industries. Pour calmer le mécontentement, on a procédé à des paiements royaux aux principaux princes pour qu’ils restent loyaux  et au versement des  arriérés de salaires aux masses indisciplinées.

 Pourtant, Vision 2030 ne peut pas fonctionner quand la majorité des emplois productifs en Arabie Saoudite sont tenus par des expatriés. Créer de nouveaux emplois soulève la question de savoir d'où viendront  les nouveaux travailleurs (qualifiés).

 Tout au long de ces développements, l'aversion pour MBS n'a cessé de croître; "Il existe trois grands groupes de la famille royale alignés contre les dirigeants actuels : la famille de l'ancien roi Abdallah, la famille de l'ancien roi Fahd et la famille de l'ancien prince héritier Nayef."

Nayef - qui a remplacé Bandar - est proche de Washington et extrêmement populaire à Langley en raison de ses activités antiterroristes. Son arrestation plus tôt cette année a mis la CIA et plus d’une faction de la Maison des Saoud en colère et cela a été interprété comme une manière pour MBS de forcer la main dans la lutte de pouvoir.

Selon notre source, "il aurait pu s'en tirer avec l'arrestation de Mohamed Ben Nayef, le favori de la CIA, s’il s’en était tenu à cela. mais MBS a maintenant traversé le Rubicon bien qu'il ne soit pas César. La CIA le considère comme un moins que rien."

Une sorte de stabilité pourrait finalement être trouvée dans un retour au partage du pouvoir précédent entre les Soudaïri (sans MBS) et les Chamar (la tribu du défunt Roi Abdullah). Après la mort du roi Salman, la source verrait "MBS isolé du pouvoir, qui serait confié à l'autre prince Mohammed (le fils de Nayef). Et le prince Miteb conserverait sa position. "

MBS a agi exactement pour empêcher cette issue. La source, cependant, est catégorique : "Il y aura un changement de régime dans un proche avenir, et la seule raison pour laquelle cela ne s'est pas déjà produit est que le vieux roi est aimé dans sa famille. Il est possible qu'il y ait une lutte émanant de l'armée comme à l'époque du roi Farouk, et que l’on voie émerger un  dirigeant qui ne soit pas favorable aux USA. "

Salafistes-djihadistes " modérés" : des amateurs ?

Avant la purge,  l’obsession centrale de la Maison des Saoud était une zone à  500 milliards de dollars à cheval sur l'Arabie saoudite, la Jordanie et l'Égypte, sur la côte de la mer Rouge, une sorte de réplique de Dubaï qui sera théoriquement achevée en 2025, alimentée par l'énergie éolienne et solaire et financée par son fond souverain et les revenus de l’Aramco.

Parallèlement, MBS a tiré un autre lapin de son chapeau en jurant que l'avenir de l'Arabie Saoudite est une simple question de «retour à ce que nous avons suivi :  un islam modéré ouvert au monde et à toutes les religions».

En un mot: un État qui s'avère être la propriété privée d'une famille royale hostile à tous les principes de la liberté d'expression et de religion, ainsi que la matrice idéologique de toutes les formes de djihadisme salafiste ne peut pas métastaser en un État  "modéré" sur un claquement de doigts de MBS.

En attendant, les purges, coups et contrecoups en rafales resteront  la norme.

Les 9 poids lourds arrêtés. De droite à gauche : Prince Alwalid ben Talal (fortune estimée à 19 milliards de $), Salah Kamel (3,7 Mds),Mohamed Al Amoudi (10,1 Mds), Al Walid Al Ibrahim (10,9 Mds), Adel Faquih (470 millions), Nasser Al Tayyar (600 millions), Amr Al Dabbagh (1,5 Md), Prince Miteb Ben Abdallah (110 millions selon Forbes, mais sans doute plus d'1 milliard de $)

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.atimes.com/article/inside-story-saudi-night-long-knives/
Publication date of original article: 06/11/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22027

 

Tags: USAoudieMohamed Ben SalmanMaison des SaoudBandar BushMohamed Ben NayefAl Walid Ben TalalCIAVision 2030ARAMCOWahhabismeDjihadistesGuerre de SyrieGuerre du Yémen
 

 
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