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 14/12/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 EUROPE 
EUROPE / Autonomisme : Le débat territorial dans l’État espagnol ressuscite l'andalousisme*
Date of publication at Tlaxcala: 10/10/2017
Original: El debate territorial reaviva el andalucismo
La tibieza andalucista del PSOE y de Podemos ha alentado el movimiento


Autonomisme : Le débat territorial dans l’État espagnol ressuscite l'andalousisme*

Sara Montero

Translated by  Jacques Boutard
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

La tiédeur des convictions andalousistes du PSOE et de Podemos a dynamisé le mouvement

  • La présidente de la Junte d’Andalousie, le gouvernement de la communauté autonome,, Susana Díaz, a déjà prévenu qu'elle serait «vigilante» face à la «tentative de ramener l’Andalousie à un état de pré-autonomie».

  • Depuis plusieurs mois Teresa Rodríguez demande que le groupe Podemos Andalousie ait son propre CIF2 mais elle devra attendre, car la direction nationale refuse de le lui accorder.

Après la disparition (en 2015) du « Partido Andalucista », d'autres plateformes défendant le nationalisme andalou ont vu le jour, comme « Andalucía por sí » ou l' « Asamblea Nacional Andaluza ».

 Le 4 décembre 1977, environ deux millions d’Andalous sont descendus dans les rues pour revendiquer leur autonomie. / Centro de Estudios Andaluces 

« Lorsque le peuple andalou tout entier sera conscient de sa véritable histoire et de sa nature profonde, alors il sera assez puissant pour exiger le respect dû à sa personnalité, si différente de celle que l'on tente de nous imposer. »

Blas Infante3

Dans le débat territorial, il n’y a pas que le nationalisme catalan. Au cours des derniers mois, des forces telles que le PSOE, et surtout Podemos, ont fait à nouveau flotter le drapeau de l’andalousisme. Des formations régionales telles que le parti fédéraliste Andalucía por sí sont apparues. Conscientes qu’il faudra, dès que possible, étudier l’éventualité d'une réforme du statu t des Communautés Autonomes au sein de l'État espagnol, certaines forces politiques andalouses en appellent à l’histoire pour brandir leurs propres revendications et ne pas rester à la traîne. Chaque dirigeant andalou a aujourd'hui à la bouche la date du 4 décembre 1977. Après la dissolution du Parti Andalousiste en 2015, les sources consultées s'accordent pour dire que le nationalisme andalou sera forcément au menu du débat politique quand la question de la réforme constitutionnelle reviendra sur le tapis.

« Il faut décomplexer l'andalousisme comme s'il s'agissait du frère politique des autres nationalismes existant dans l’État espagnol. Le nationalisme andalou est universaliste et fait partie de la mémoire collective de l'Andalousie. Ce n'est pas une frontière sans mémoire, c'est une mémoire sans frontière. Il faut le distinguer des nationalismes exclusifs, pour lesquels l'affirmation de soi implique la négation de l'autre. Sa nature essentielle est la protection des faibles et la revendication sociale », déclare Antonio Manuel, directeur de la Fondation Blas Infante, à propos des particularités de ce mouvement, dont le père politique est Blas Infante, l’auteur de  Ideal Andaluz (1915).

L'andalousisme politique a toujours été lié aux luttes et à la mémoire sociales , comme se souvient (et le pratique) le professeur d'Histoire Contemporaine de l'Université de Jaén, Salvador Cruz Artacho,  qui a participé à la série « Histoire du processus autonome andalou » du Centre d'études andalouses :« Blas Infante lui-même se sentait mal à l'aise quand il était question de lier à l'identité des éléments tels que la langue ou la culture qui excluent ceux qui ne correspondent pas à ces critères. L'andalousisme n’a pas de caractère ethnolinguistique, mais cela ne signifie pas que les Andalous n'ont pas leur propre identité.

Par conséquent, la particularité [de l’Andalousie] n'est pas fondée sur ce qui n'est pas, mais sur ce qui est et ce qui a été, y compris son passé arabe. « On a amputé l'histoire de l'Espagne d’une partie de l'histoire de l'Andalousie. En cours d’Histoire, on vous a sûrement appris que le roi Sanche de Navarre était espagnol, mais qu’Almanzor était un Arabe, même s'il est né en Andalousie. Vous avez certainement étudié saint Thomas d'Aquin, mais pas Averroès », poursuit Antonio Manuel.

« UNE "JOURNÉE DE L'ANDALOUSIE" AMERE »: Le jeune ouvrier José Manuel García Caparrós fut tué par la police lors des manifestations du 4 décembre 1977. Plus de 50 000 personnes participèrent à son enterrement à Malaga. Il est devenu un martyr de la cause andalouse

La transition et la revendication de l'autonomie

Bien que le secrétaire général du PSOE, Pedro Sánchez, ait oublié lors d'une conférence de presse de mentionner l'Andalousie comme nation possible de son État plurinational comme il l'a fait de la Catalogne, du Pays Basque et de la Galice, le fait est que sa reconnaissance comme nationalité historique figure dans le statut d'autonomie de cette communauté, qui a été révisé en 2007. Après 40 ans d’une dictature qui a imposé, entre autres, un État centralisé, le nationalisme andalou a resurgi en réaction à ces deux contraintes en réclamant leurs contraires: la démocratie et la décentralisation.

Après la mort du dictateur Francisco Franco, deux modes d'accès à l'autonomie ont été prévus dans le cadre de la construction de l'État démocratique: un rapide (article 151), conçu pour le Pays Basque, la Catalogne et la Galice, et un lent (article 143). L'Andalousie a accédé au premier grâce au soutien populaire et a obtenu son statut après une mobilisation historique. Le 4 décembre 1977, près de deux millions d'Andalous ont battu le pavé pour demander l'autonomie, qui a finalement été obtenue par le référendum du 28 février 1980, dans lequel le « oui » a gagné par une majorité écrasante. « Ce 4 décembre, il y a eu une forte participation populaire en Andalousie. Tout le monde en a été surpris, » se rappelle Cruz.

Antonio Manuel, patron de la Fondation Blas Infante, aime jouer à un jeu avec les plus jeunes. Il leur montre une des photos de ce jour-là (ci-dessus) en noir et blanc et leur demande de quelle couleur sont les drapeaux: la plupart répondent qu’ils sont rouges, ou jaune et rouge. «C’étaient des drapeaux andalous» [blancs et verts, NdE], croit-il bon de préciser, montrant ainsi la faiblesse de la mémoire des Espagnols et de l’idée de l’Andalousie qui se transmet à la génération suivante.

« En 1977, [le pouvoir] voulait marginaliser l'Andalousie par rapport aux autres communautés, et cela nous a forcé à revendiquer notre autonomie plus activement ,» se rappelle Pedro Ignacio Altamirano, président de l’Asamblea Nacional Andaluza (ANA), dont la création a été inspirée par l’Asamblea Nacional Catalana, et qui soutient le référendum du 1er octobre. Son objectif est aussi l'indépendance, bien qu'en Andalousie ce sentiment soit très minoritaire. Altamirano organisera une marche pour l'indépendance andalouse le 4 décembre prochain.

http://asambleanacionalandaluza.org

 

 Un groupe parlementaire andalou au Congrès

La nature sociale de l'andalousisme entraîne qu'il a toujours été lié à des formations de gauche. En 1977 a été créé le Partido Socialista de Andalucía (PSA) , héritier d’ Alianza Socialista de Andalucía, dont le nom serait plus tard amputé du mot « socialiste ». Alejandro Rojas-Marcos [maire de Séville de 1991 à 1995, NdE], son dirigeant le plus connu, passera ensuite le relais à Pedro Pacheco. En 1979, il avait cinq sièges et son propre groupe parlementaire au Congrès des députés.

Cependant, une politique de compromis qui ne contentait pas la base, ajoutée à des luttes fratricides, a usé le parti, qui a perdu en 2004 sa représentation au niveau national. En 2008, il n'avait plus non plus de députés au Parlement andalou. La tactique du PSOE andalou, sous l’impulsion de Rafael Escudero, a joué un rôle décisif dans cette perte de représentativité. Le PSOE a fini par englober le mouvement andalousiste (jusqu’à le dévorer). Certains de ses critiques pensent que cette attitude des socialistes avait un autre but que la simple défense des intérêts de l’autonomie, à savoir, saper le gouvernement d'Adolfo Suárez. En outre, il faut se rappeler que Felipe González et Alfonso Guerra sont Sévillans.

Suite à cette perte d’influence a été convoqué en 2015 le dernier congrès du PA, au cours duquel le parti a voté sa dissolution. Il n’existait déjà plus qu’au niveau municipal, où il comptait encore 316 conseillers. "Si l’on devait enlever à l'Andalousie son statut d'autonomie, il n'y aurait même pas une manifestation", a déclaré Alejandro Rojas Marcos à El Confidencial.

PSOE et Podemos : est-il possible de défendre les revendications autonomistes à l’intérieur d’un parti national?

"La seule chose que je vous demande en tant que présidente de l'Andalousie et secrétaire général du PSOE d'Andalousie, c'est de ne pas me faire choisir entre ces deux allégeances", a dit Susana Diaz à Pedro Sanchez lors du Congrès du PSOE d'Andalousie qui s'est déroulé fin juillet. Cependant ces paroles ont été interprétées (dans le contexte de leur rivalité notoire) comme une déclaration à usage interne, plutôt qu’une volonté de placer les intérêts de l’Andalousie au-dessus de ceux du parti. La présidente andalouse n'est pas convaincue par le concept de plurinationalité que défend le Madrilène [Sanchez, NdT]. La maxime des socialistes andalous est «que l'Andalousie ne vaut pas moins, ni que la Catalogne , ni que l'Euskadi, ni que la Galice». Bien que 40 ans se soient écoulés, le 4 décembre reste une référence pour quiconque parle d'autonomie: Díaz a prévenu que les Andalous « veilleront à empêcher toute tentative de nous faire revenir à la situation d’avant l’autonomie, d’avant le 4 décembre et le 28 février [1981, adoption du statut autonome de l’Andalousie] ».

https://www.andaluciaxsi.com

Bien que la disparition du Partido Andalucista ait semblé signaler la fin des partis autonomistes en Andalousie, ces derniers mois, d'autres voies sont explorées, pour l’instant sans succès au plan électoral. C’est le cas d'Andalucía por sí (dont Joaquín Bellido est le coordinateur national) qui a été créée en tant que parti politique en novembre 2016 "pour contribuer démocratiquement à la détermination de la politique nationale de l'Andalousie et à l’expression de la volonté politique de tous les Andalous ". Il est vrai que ce parti a une vocation fédéraliste et non indépendantiste.

Les membres de ce mouvement se défient de l'andalousisme décaféiné du PSOE et croient que si l’on veut défendre les intérêts du peuple andalou, il faut le faire à partir d'un parti spécifiquement andalou :«Le processus catalan a réussi à mettre la Catalogne au cœur du débat et cela a quelque chose de positif. Par exemple, Rajoy a promis à la Catalogne 4 milliards d'euros. Cependant, le Statut de l’Andalousie n'a pas été entièrement parachevé et, à l’heure actuelle, une capitale provinciale comme Granada n’est même pas reliée au réseau des trains [à grande vitesse, NdT] », explique Antonio Jesús Ruiz, dernier secrétaire général du Partido Andalucista et maintenant membre d’Andalucía por sí.

Bien que Podemos ait aussi brandi la bannière de l'Andalousie ces derniers mois, Ruiz analyse également sa politique avec scepticisme: "Quane elle est ici, Teresa Rodríguez dit que Podemos est favorable au nationalisme andalou, mais cela ne se voit pas au Congrès des députés. Ni même à l’intérieur de l’organisation. Chaque fois qu'elle demande que Podemos Andalucía soit indépendante et contrôle sa propre organisation, on lui répond « non ». Ils avaient aussi l’intention de former leur propre groupe parlementaire, et ce n'est pas possible non plus. Nous avons vu des Andalous appuyer sur un bouton pour faire bénéficier d’avantages à d'autres communautés», affirme Ruiz au sujet des dernières positions du parti violet [Podemos, NdT].

"Nous voulons avoir notre propre CIF pour ne pas constamment être obligés de demander l’autorisation de Madrid", a expliqué Rodríguez dans une interview pour Cuarto Poder. Bien que plusieurs mois se soient écoulés depuis Vistalegre II4, le projet d’autonomie de l'Andalousie ne décolle toujours pas.

Après la dissolution du Partido Andalucista, il y a eu des mouvements (avec des projets plus ou moins solides) visant à ressusciter l'Andalousie, depuis Andalucía por sí ou l’ANA, jusqu’ à Iniciativa por Andalucía, qui a quitté Izquierda Unida, ou Somos Andalucía.

http://iniciativaxandsevilla.blogspot.com/http://izquierdabiertamalaga.es/

Somos Andalucía

https://twitter.com/_somosandalucia

Vives revendications en quête d'un parti qui les défende

« En Andalousie, en fait, il existe beaucoup de problèmes très graves : l'émigration des hommes et les ressources de l'Andalousie; un taux de chômage élevé ; des conditions difficiles à la campagne, qui font que des terres aussi riches que les nôtres ne peuvent assurer la subsistance de ceux qui y vivent; une industrialisation faible et mal planifiée; des conditions de vie qui sont en général bien inférieures à celles des autres régions du pays. Tous ces problèmes nécessitent des solutions urgentes, et c'est précisément pour cette raison que nous exigeons l’institutionnalisation la plus rapide possible des organes autonomes de représentation et de gouvernement  », était-il écrit dans un communiqué de l'Assemblée des parlementaires andalous dans le cadre des mobilisations pour l'autonomie au début de la Transition5. 40 ans plus tard, certains problèmes semblent ne pas avoir beaucoup évolué.

Selon toutes les sources consultées, si, à la suite du débat sur l’autonomie, les Andalous se retrouvent en état d'infériorité vis-à-vis des autres régions[, l'andalousisme sera de nouveau relancé, soit par les voies politiques, soit sous forme de mobilisation dans la rue. Les revendications, telles que la nécessité d'investir davantage en Andalousie, de lutter contre le chômage ou d'accorder plus d'attention à l’agriculture andalouse, sont des revendications persistantes, mais qui doivent être actualisées : «Nous devons reconstruire le discours identitaire, comme nous l’avons fait à l’époque de la Transition. Nous devons réfléchir à la façon dont nous nous voyons, dont nous nous évaluons, et aux problèmes que nous avons. Une fraction importante de la génération actuelle ne s’identifie pas à l'andalousisme », selon Salvador Cruz.

Antonio Manuel est également d'accord pour dire qu'il existe de nouveaux défis auxquels le nationalisme andalou doit apporter sa propre réponse, comme les migrations ou le rôle de l'Andalousie dans un monde globalisé: «Contrairement à l’année 1977, nous sommes maintenant dans un système interdépendant à l’intérieur de Union européenne. La mondialisation tend à nous uniformiser. On voudrait que nous soyons culturellement égaux pour être inégaux en droits. L'andalousisme demande l'inverse: avoir une culture différente pour avoir des droits égaux ».

Notes

* Ou « nationalisme andalou »

2 CIF ou NIF, code ou numéro d’identification fiscale, indispensable pour être autonome financièrement

3 Blas Infante Pérez de Vargas (1885-1936) est considéré comme le « Père de la Patrie Andalouse »

4 Vistalegre II : du nom du local où s’est tenue la « 2e assemblée citoyenne » de Podemos, les 11 et 12 février 2017

5 Il s’agit de la « transition démocraique espagnole » qui a succédé à la mort de Franco en 1975

 Deux chansons du grand chanteur andalou Carlos Cano (1946-2000), "la verte, blanche et verte", chantant le drapeau andalou, qui a un quasi-statut d'hymne national, et "la Java des Prolos", qui décrit les combats du peuple travailleur andalou.

 

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.cuartopoder.es/espana/2017/10/01/el-debate-territorial-reaviva-el-andalucismo/
Publication date of original article: 06/10/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21760

 

Tags: AndalousismeAndalousieÉtat espagnol
 

 
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