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 20/10/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 ASIA & OCEANIA 
ASIA & OCEANIA / Réimaginer un monde au-delà du capitalisme et du communisme
Date of publication at Tlaxcala: 05/10/2017
Original: Re-imagining a world beyond capitalism and communism

Réimaginer un monde au-delà du capitalisme et du communisme

Arundhati Roy

Translated by  Nicolas Casaux
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Extrait du livre Walking with the comrades (Penguin Books, 2011), dans lequel Arundhati Roy relate le temps qu’elle a passé aux côtes des rebelles de la guérilla maoïste en Inde. On peut lire la version française  de son reportage, initialement paru dans le magazine Outlook, ici : Ma marche avec les camarades-Plongée au cœur de la guérilla indienne

Paysage du Dandakaranya dans le centre-Est de l'Inde

Ici, en Inde, même au milieu de toute cette violence et cette cupidité, il y a encore de l’espoir. Si quelqu’un peut s’en sortir, c’est bien nous. Notre population n’a pas encore été complètement colonisée par le rêve consumériste.

Les principes socialistes d’égalitarisme et de justice sont maintenus en vie par celles et ceux qui se sont battus pour la vision gandhienne de soutenabilité et d’autosuffisance. Nous avons la vision d’Ambedkar, qui représente un sérieux défi aussi bien pour les Gandhiens que pour les  socialistes. Nous avons la plus spectaculaire coalition de mouvements de résistance, avec leur expérience, leur compréhension et leur vision.

Et surtout, nous avons une population survivante d’Adivasis (aborigènes) de près de 100 millions de personnes. Eux connaissent encore les secrets de la soutenabilité. S’ils venaient à disparaître, ils les emporteraient avec eux. Les guerres comme l’Opération Green Hunt [Chasse verte : nom donné par les médias indiens à l’opération lancée par le ministre de l’Intérieur Chidambaram en 2009 pour éradiquer la guérilla naxalite, maoïste, NdE] les font disparaître. Les victoires de ceux qui les déclenchent contiendront les germes de la destruction, non seulement des adivasis, mais, en définitive, de l’espèce humaine. C’est pourquoi nous avons urgemment besoin d’un dialogue entre toutes les formations politiques qui résistent à cette guerre.

Adivasis du village de Kudur, dans le district de Bastar, au Chhattisgarh, en lutte contre le projet de barrage de Bodhghat

 

Le jour où le capitalisme sera forcé de tolérer des sociétés non-capitalistes en son sein, et de reconnaître des limites à sa quête de domination, le jour où il sera forcé de reconnaître qu’il ne peut pas infiniment s’approvisionner en matières premières, sera le jour où les choses changeront.

S’il y a encore un espoir pour le monde, il ne réside pas dans les salles de conférences sur le changement climatique, et pas non plus dans des villes à  gratte-ciels. Il réside beaucoup plus près du sol, dans celles et ceux qui se battent chaque jour pour protéger les forêts, les montagnes et les rivières, parce qu’ils savent que les forêts, les montagnes et les rivières les protègent en retour.

La première étape d’une réimagination d’ un monde qui s’est profondément égaré serait de mettre fin à la destruction de ceux qui possèdent une imagination différente – une imagination en-dehors du capitalisme aussi bien que du communisme. Une imagination qui propose une compréhension entièrement différente de ce qui constitue le bonheur et l’épanouissement.

Pour gagner cet espace philosophique, il est nécessaire de concéder de l’espace physique pour la survie de ceux qui ont l’air d’être les gardiens de notre passé, mais qui pourraient bien être, en réalité, les guides vers notre futur. Pour cela, il nous faut demander à nos dirigeants : pouvez-vous laisser l’eau dans les rivières, les arbres dans les forêts ? Pouvez-vous laisser la bauxite dans les montagnes ? S’ils répondent par la négative, alors peut-être devraient-ils cesser de faire des prêches de moralité aux victimes de leurs guerres.

 http://tlaxcala-int.org/upload/gal_17119.jpg

Tombes adivasis sur la route de Dantewada, au Chhattisgarh. Photo Poulomi Basu

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_17125.jpg





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.adbusters.org/article/arundhati-roy/
Publication date of original article: 10/10/2011
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21705

 

Tags: AdivasisCapitalismeRésistanceInde
 

 
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