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 13/12/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UNIVERSAL ISSUES 
UNIVERSAL ISSUES / Le Venezuela se rebelle contre le pétrodollar
Date of publication at Tlaxcala: 21/09/2017
Original: Il Venezuela si ribella al petrodollaro
Translations available: English  Português/Galego  Türkçe 

L'art della guerre
Le Venezuela se rebelle contre le pétrodollar

Manlio Dinucci Μάνλιο Ντινούτσι مانليو دينوتشي

Translated by  Marie-Ange Patrizio

 

« À partir de cette semaine le prix moyen du pétrole sera indiqué en yuan chinois », a annoncé le 15 septembre 2017 le ministre vénézuélien du Pétrole. Pour la première fois le prix de vente du pétrole vénézuélien n’est plus indiqué en dollars.

C’est la réponse de Caracas aux sanctions lancées par l’administration Trump le 25 août, plus dures que celles de l’administration Obama en 2014 : elles empêchent le Venezuela d’encaisser les dollars provenant de la vente du pétrole aux USA —plus d’un million de barils par jour—, dollars jusqu’ici utilisés pour importer des biens de consommation comme les produits alimentaires et les médicaments. Les sanctions empêchent aussi le commerce de titres émis par PDVSA, la compagnie pétrolière d’Etat vénézuélienne.

Washington vise un double objectif : augmenter la pénurie des biens de première nécessité au Venezuela et donc le mécontentement populaire, sur lequel s’appuie l’opposition interne (subventionnée et soutenue par les USA) pour abattre le gouvernement Maduro ; mettre l’État vénézuélien en default, c’est-à-dire en faillite, en l’empêchant de payer les échéances de la dette extérieure : en d’autres termes, mettre en faillite l’État qui a les plus grandes réserves pétrolières du monde, presque dix fois importantes que celles des USA.

Caracas essaie de se soustraire à l’étreinte étouffante des sanctions, en cotant le prix de vente du pétrole non plus en dollars US mais en yuans chinois. Le yuan est entré il y a un an dans le panier des monnaies de réserve du Fonds monétaire international (avec le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling) et Pékin est sur le point de lancer des contrats à terme (futures en angl.) d’achat-vente du pétrole en yuan, convertibles en or. « Si le nouveau future prenait consistance, en érodant ne serait-ce qu’une partie de l’écrasant pouvoir des pétrodollars, ce serait un coup retentissant pour l’économie US», commente Ie quotidien Il Sole 24 ore.

Panneau publicitaire de la Banque de Chine: "le yuan, devise mondiale" (2015)

Ce qui est contesté par la Russie, la Chine et d’autres États n’est pas seulement l’énorme pouvoir du pétrodollar (monnaie de réserve tirée de la vente du pétrole), mais l’hégémonie même du dollar. Sa valeur est déterminée non pas par la réelle capacité économique US, mais par le fait qu’il constitue quasiment les deux tiers des réserves monétaires mondiales et la monnaie avec laquelle on établit le prix du pétrole, de l’or et des marchandises en général. Ceci permet à l’US Federal Reserve, la Banque centrale (qui est une banque privée), d’imprimer des milliers de milliards de dollars avec lesquels est financée la colossale dette publique des USA —environ 23 000 milliards de dollars— à travers l’achat d’obligations et d’autres titres émis par le Trésor.

Dans ce contexte, la décision vénézuélienne de détacher du dollar le prix du pétrole provoque une secousse sismique qui, depuis l’épicentre sud-américain, fait trembler tout l’édifice impérial fondé sur le dollar. Si l’exemple du Venezuela se répandait, si le dollar cessait d’être la principale monnaie du commerce et des réserves monétaires internationales, une immense quantité de dollars se trouverait mise en circulation sur le marché, faisant s’écrouler la valeur de la devise US.

Voilà le réel motif pour lequel, dans le décret du 9 mars 2015, le président Obama proclamait « l’état urgence national face à l’inhabituelle et extraordinaire menace posée à la sécurité nationale et à la politique étrangère des USA par la situation au Venezuela » [1]. C'est pour le même motif que le président Trump annonce une possible « option militaire » contre le Venezuela. Elle est en préparation au Commandement Sud US, dont l’emblème est l’aigle impérial qui domine l’Amérique du Centre et du Sud, prêt à fondre avec ses serres sur quiconque se rebelle contre l’empire du dollar.

NdlT

[1] “Declaration of a National Emergency with Respect to Venezuela”, “Executive Order – Blocking Property and Suspending Entry of Certain Persons Contributing to the Situation in Venezuela”, by Barack Obama, “White House Fact Sheet : Venezuela Executive Order”, Voltaire Network, 9 March 2015





Courtesy of Le Grand Soir
Source: https://ilmanifesto.it/il-venezuela-si-ribella-al-petrodollaro/
Publication date of original article: 19/09/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21592

 

Tags: Venezuela-ChinePétroyuanPetrodollarPétroleDéclin de l'Empire US
 

 
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