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 23/10/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 LAND OF PALESTINE 
LAND OF PALESTINE / Israël déborde d’imagination pour freiner son déclin démographique
Mais ça pourrait être trop peu et trop tard
Date of publication at Tlaxcala: 18/09/2017
Original: Israel is getting creative at countering its demographic disadvantage, but it may be too little, too late

Israël déborde d’imagination pour freiner son déclin démographique
Mais ça pourrait être trop peu et trop tard

Jonathan Cook جونثان كوك

Translated by  Dominique Muselet
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

La dernière trouvaille : ouvrir les portes à des goys et les déclarer “juifs”

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a anéanti les espoirs de paix réveillés chez les éternels optimistes par la visite au Moyen-Orient du conseiller et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, la semaine dernière. Lundi dernier, lors d’une célébration, en Cisjordanie, des 50 ans d’occupation israélienne, Netanyahou a clairement admis que les efforts US pour relancer le processus de paix n’étaient qu’une vaste farce.

Il n’y aura pas de démantèlement des colonies ni d’expulsion de leurs 600 000 habitants – le minimum requis pour établir un État palestinien un tant soit peu viable. « Nous sommes ici pour toujours », a assuré Netanyahou à son auditoire de colons. « Nous allons approfondir nos racines, construire, nous renforcer et nous installer ».

Alors, quelle tournure va prendre le conflit israélo-palestinien si la solution à deux États est morte ? La réponse est : un retour aux sources. Ce qui va impliquer une nouvelle bataille acharnée de chiffres contre les Palestiniens, dans laquelle Israël se prépare à créer de nouvelles catégories de « Juifs » qui viendront grossir ses rangs.

La démographie a toujours été au cœur de la politique israélienne. Pendant la guerre de 1948, qui a établi un État juif sur les ruines de la patrie palestinienne, 750 000 Palestiniens ont été expulsés au cours d’une campagne qu’on qualifierait aujourd’hui de nettoyage ethnique. À la fin de cette campagne, les Palestiniens autochtones qui constituaient une vaste majorité avaient été réduits à moins d’un cinquième de la population du nouvel État. Cela ne troublait pas David Ben Gourion, le père fondateur du pays. Il espérait bien noyer ce groupe croupion sous les Juifs venant d’Europe et du monde arabe.

Mais ce projet échoua à cause de deux erreurs de calcul.

Tout d’abord, Ben Gourion n’avait pas pris en compte le taux de natalité beaucoup plus élevé de la minorité palestinienne. Malgré les vagues d’immigrants juifs, les Palestiniens se sont maintenus à 20% des citoyens d’Israël. Depuis, Israël livre une bataille d’arrière-garde contre eux. Selon des études, le seul programme d’action positive d’Israël pour ses citoyens palestiniens est le planning familial pour limiter leur natalité.

Des manigances démographiques israéliennes ont été à nouveau dévoilées la semaine dernière. Une enquête du journal Haaretz a révélé qu’au cours des dernières années, Israël a dépouillé des milliers de Bédouins de leur citoyenneté ; les Bédouins connaissent la croissance démographique la plus rapide du pays. Israël prétend qu’il y a eu des « erreurs » bureaucratiques dans l’enregistrement de leurs parents ou grands-parents après la fondation de l’État juif.

Un autre Rubicon a été franchi ce mois-ci quand un tribunal israélien a approuvé la révocation de la citoyenneté d’un Palestinien reconnu coupable d’une attaque mortelle contre des soldats. Les associations de droits humains craignent qu’en le rendant apatride, la justice israélienne n’ait créé un précédent qui permettra de conditionner la citoyenneté à la « loyauté ».

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, est d’ailleurs allée dans ce sens cette semaine en disant que les juges du pays devaient mettre la démographie et le caractère juif de l’État au-dessus des droits humains.

La deuxième erreur de calcul a été faite en 1967. En occupant les derniers fragments de la Palestine historique sans en avoir expulsé la majorité des habitants, Israël s’et retrouvé responsable de plusieurs centaines de milliers de Palestiniens supplémentaires, y compris des réfugiés de la guerre précédente.

Le « démon démographique », comme on l’appelle souvent en Israël, n’a été conjuré pendant toutes ces dizaines d’années que par la promesse mensongère qu’il serait bientôt mis fin à l’occupation. En 2005, Israël s’est offert un sursis en se désengageant de la petite enclave de Gaza et de son million de demi d’habitants.

En tuant maintenant l’espoir d’un État palestinien, Netanyahou vient de rendre publique son intention de mettre en place la solution d’un seul État de colons. Naftali Bennett, le principal rival de Netanyahou au gouvernement, est démangé par l’envie d’ignorer l’opinion internationale et d’annexer des grandes parties de la Cisjordanie.

Source: Bureau central palestinien de statistiques, Les Palestiniens à la fin 2016 (en arabe et anglais), Déc. 2016

Mais là, il y a un problème. Au moins la moitié de la population du Grand Israël de Netanyahou est palestinienne. Et, avec les taux de natalité actuels, bientôt les Juifs seront clairement une minorité régnant sur une majorité palestinienne.

Il faut savoir tout cela pour comprendre le rapport d’un groupe de travail du gouvernement – qui a fuité le week-end dernier – qui propose une révision révolutionnaire de qui peut être considéré comme juif et donc habilité à vivre en Israël (et dans les territoires occupés).

La loi israélienne du Retour de 1950 a déjà élargi la définition en allant au-delà de la définition rabbinique traditionnelle selon laquelle un Juif devait être né d’une mère juive. La loi accorde instantanément la citoyenneté à toute personne ayant un grand-parent juif. Cela a bien fonctionné tant que les Juifs fuyaient la persécution ou la détresse économique. Mais après l’arrivée d’un million d’immigrants suite à la chute de l’Union soviétique au début des années 1990, le réservoir de nouveaux Juifs s’est asséché.

Les USA, même à l’ère Trump, se sont révélés être le principal aimant. Le Jerusalem Post a rapporté le mois dernier que jusqu’à un million d’Israéliens vivraient aux USA. Pire encore pour Netanyahou, il semble qu’au moins certains d’entre eux soient inclus dans les statistiques israéliennes, pour étayer leurs revendications démographiques contre les Palestiniens.

Il y a actuellement deux fois plus d’Israéliens qui émigrent aux USA que de Juifs US qui viennent vivre en Israël. Avec 150 start-ups israéliennes rien que dans la Silicon Valley, cette tendance n’est pas près de s’inverser.

Cette catastrophique pénurie de Juifs pousse le gouvernement Netanyahou à envisager une solution désespérée pour vaincre les Palestiniens sur le plan démographique. Le rapport qui a fuité conseille d’ouvrir les portes à une nouvelle catégorie de goys « juifs ». Selon Haaretz, cela concernerait des millions de personnes dans le monde. Le nouveau statut s’appliquerait aux « crypto-juifs », dont les ancêtres se seraient convertis à d’autres religions, aux communautés « juives émergentes » qui ont adopté des pratiques juives, et à ceux qui prétendraient descendre des « tribus perdues » d’Israël.

Bien qu’au départ ils ne se verraient offrir que des visas de séjour de longue durée en Israël, l’idée est que cela servirait de prélude à l’élargissement de leur droit à finalement obtenir la citoyenneté. L’avantage pour Israël est que la plupart de ces goys « juifs » vivent actuellement dans des parties du monde reculées, pauvres ou déchirées par la guerre, et pourraient être attirés par une nouvelle vie en Israël ou dans les territoires occupés.

C’est à ce grand projet que s’accrochent les partisans purs et durs de la solution à un seul État comme Netanyahou et Bennett. Ils ont besoin de plus de troufions dans la bataille pour voler les terres palestiniennes, piétiner les frontières internationalement reconnues, et les espoirs de paix.

Réussiront-ils leur coup ? Ils le croient peut-être, surtout à un moment où l’administration US prétend qu’elle ferait preuve de « favoritisme » en s’engageant à faire avancer la solution à deux États. Trump a déclaré que les deux camps devraient élaborer ensemble leur propre solution. Netanyahou pourrait bientôt disposer des armes arithmétiques pour le faire.

 





Courtesy of Le Grand Soir/Tlaxcala
Source: https://www.thenational.ae/opinion/israel-is-getting-creative-at-countering-its-demographic-disadvantage-but-it-may-be-too-little-too-late-1.624680
Publication date of original article: 31/08/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21565

 

Tags: Bataille démographiquePalestine/Israël
 

 
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