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 20/08/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 USA & CANADA 
USA & CANADA / Syrie : Était-ce vraiment une “attaque chimiqueˮ ?
Date of publication at Tlaxcala: 25/04/2017
Original: Syria: Was It Really “A Chemical Weapons Attack”?
Translations available: Deutsch 

Syrie : Était-ce vraiment une “attaque chimiqueˮ ?

Various Authors - Versch. Autoren -Muhtelif Yazarlar-مؤلفون مختلفين - نویسندگان مختلف

Translated by  Mikaela Honung

 

 Mémorandum pour le Président Trump

des Veteran Intelligence Professionals für Sanity (VIPS)*

 

  1. Nous vous écrivons pour vous mettre clairementen garde contre le déclenchement d’hostilités envers la Russie – ce qui présenterait un risque d’escalade pouvant aller jusqu’à la guerre nucléaire.Cette menace s’est accrue après les représailles contre la Syrie. Vous avez en effet prétendu que le 4 avril dernier une attaque chimique dirigée contre des civils syriens avait eu lieu dans ce pays.
  2. D’après nos contacts avec les armées US présentes dans la région, ce n’était pas le cas. Il n’y a pas eu « d’attaque chimique » imputable à la Syrie, mais un bombardement d’un dépôt de munitions appartenant à Al Qaïda par un avion syrien. Or ce dépôt contenait beaucoup de produits chimiques toxiques. Un vent fort a emporté le nuage chimique vers un village proche, où il a fait de nombreux morts
  3. Cela nous a été confirmé par les gouvernements russe et syrien ; ce qui est plus important que vous ne semblez le croire.
  4. Devons-nous ajouter que la Maison Blanche a briefé nos généraux au sujet de ce qu’ils devaient annoncer ?
  5. Après que Poutine a convaincu Assad en 2013 de renoncer à ses armes chimiques, l’armée US a détruit en seulement six semaines 600 tonnes d’armes chimiques syriennes. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques de l’ONU (OPCW-UN) était chargée des’assurer que toutes les armes chimiques avaient été détruites – tout comme l’Organisation des inspecteurs de l’ONU pour les armes de destruction massive en Irak.
    Ce que les inspecteurs de l’ONU avaient constaté en Irak était exact. Rumsfeld et ses généraux ont menti et il semble maintenant que cela se reproduise ici. Mais ici les enjeux sont plus graves ! Il ne faut pas sous-estimer l’importance d’une relation confiante avec la Russie.
  6. En septembre 2013, après avoir convaincu Assad de renoncer à ses armes chimiques (ce qui a permis à Obama de se tirer d’un pénible dilemme), le Président russe a écrit dans le New York Times: « Mon travail et ma relation personnelle avec le Président Obama se caractérisent par une confiance croissante. J’en suis très satisfait. »

    La politique de détente a connu un arrêt brutal

  7. Trois ans plus tard, le 4 avril 2017, le Premier ministre russe, Medvedev, parlait d’une « méfiance absolue », qu’il estimait « bien triste pour nos relations, désormais complètement détruites. De bonnes nouvelles pour les terroristes. » Pour nous, ce n’est pas seulement triste, mais surtout parfaitement inutile, ou pire : dangereux.
  8. L’annulation de l’accord visant à l’échange d’informations sur les activités aériennes avec Moscou a constitué un recul de 6 mois, nous ramenant à septembre et octobre derniers, alors que onze mois de négociations difficiles avaient enfin abouti à un armistice. La confiance avait déjà été mise à mal quand l’armée de l’air US avait attaqué l’armée syrienne, causant la mort de 70 personnes et en blessant 100 autres. Un mauvais coup porté à l’accord de cessez-le-feu conclu seulement une semaine plus tôt par Obama et Poutine.
  9.  Le 9 septembre le ministre russe des Affaires étrangères, Lavrov déplorait que
    « [son] ami John Kerry (...)  [soit] la cible de violentes critiques de la part de la machine de guerre US, qui apparemment n’obéit pas aux ordres de son chef suprême. » Lavrov se plaignait que le Commandant en chef de l’État-major, Joseph Dunford, s’oppose à l’utilisation d’informations en commun avec la Russie et la Syrie. Un accord conclu directement par les Présidents Vladimir Poutine et Barack Obama. Lavrov regrettait qu’il soit difficile de travailler avec de tels partenaires.
  10. Le premier octobre 2016, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Sakharova, prononçait cette mise en garde :
    « Si les USA lançaient une attaque contre Damas et l’armée syrienne, ils déclencheraient un terrible séisme non seulement en Syrie, mais dans toute la région. »
  11. Le 6 octobre 2026 le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général en chef Igor Konachenkov,  prévenait que la Russie était prête à abattre tout avion non identifié présent dans l’espace aérien syrien. Konachenkov précisait que la DCA russe « n’aurait pas le temps d’identifier l’origine de l’objet volant. »
  12. Le 27 octobre  2016 Poutine déclarait publiquement :
    «  Les accords que j’ai conclus avec le Président des USA n’ont eu aucun effet. » Il se plaignit « qu’il y [ait] à Washington des personnes prêtes à faire tout leur possible pour empêcher l’application de ces accords. » Se référant à la Syrie,  Poutine condamnait l’absence « d’un front commun contre le terrorisme  après de si longues négociations, d’énormes efforts et des compromis difficiles. »
  13. Nous nous trouvons donc face à une détérioration des relations russo-US, qui  sont passées de la « confiance croissante » à la « méfiance absolue ». Il faut dire que certains se réjouissent de ces fortes tensions, excellentes pour le commerce des armes.
  14. Nous croyons qu’il est très important d’empêcher une dégradation de nos relations avec la Russie. La visite à Moscou de Tillerson, notre Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, nous offre une occasion de réparer les dégâts.  Mais le risque subsiste  de ne pas améliorer les choses, surtout si Tillerson ne connaît pas bien ce que nous avons décrit plus haut.
  15. Il est temps de négocier avec la Russie sur la base de faits réels et non de preuves douteuses fournies par exemple par les « réseaux sociaux. »  Si certains visent une exacerbation  de ces tensions, pour notre part nous aimerions les empêcher.  Vous pourriez, Monsieur le Président, créer les conditions pour que Tillerson s’engage dans une voie permettant de s’entendre avec le Président Poutine.

Pour le directoire des VIPS* :

 

Eugene D. Betit, Intelligence Analyst, DIA, Soviet FAO, (US Army, ret.)

William Binney, Technical Director, NSA; co-founder, SIGINT Automation Research Center (ret.)

Marshall Carter-Tripp, Foreign Service Officer and former Office Director in the State Department Bureau of Intelligence and Research, (ret.)

Thomas Drake, Senior Executive Service, NSA (former)

Bogdan Dzakovic, Former Team Leader of Federal Air Marshals and Red Team, FAA Security, (ret.) (associate VIPS)

Robert Furukawa, Capt, CEC, USN-R, (ret.)

Philip Giraldi, CIA, Operations Officer (ret.)

Mike Gravel, former Adjutant, top secret control officer, Communications Intelligence Service; special agent of the Counter Intelligence Corps and former United States Senator

Matthew Hoh, former Capt., USMC, Iraq and Foreign Service Officer, Afghanistan (associate VIPS)

Larry C. Johnson, CIA & State Department (ret.)

Michael S. Kearns, Captain, USAF (Ret.); ex-Master SERE Instructor for Strategic Reconnaissance Operations (NSA/DIA) and Special Mission Units (JSOC)

John Brady Kiesling, Foreign Service Officer (ret.)

John Kiriakou, former CIA analyst and counterterrorism officer, and former senior investigator, Senate Foreign Relations Committee

Linda Lewis, WMD preparedness policy analyst, USDA (ret.) (associate VIPS)

Lisa Ling, TSgt USAF (ret.) (associate VIPS)

Edward Loomis, NSA, Cryptologic Computer Scientist (ret.)

David MacMichael, National Intelligence Council (ret.)

Ray McGovern, former US Army infantry/intelligence officer & CIA analyst (ret.)

Elizabeth Murray, Deputy National Intelligence Officer for Near East, CIA and National Intelligence Council (ret.)

Torin Nelson, former Intelligence Officer/Interrogator, Department of the Army

Todd E. Pierce, MAJ, US Army Judge Advocate (Ret.)

Coleen Rowley, FBI Special Agent and former Minneapolis Division Legal Counsel (ret.)

Scott Ritter, former MAJ., USMC, and former UN Weapon Inspector, Iraq

Peter Van Buren, U.S. Department of State, Foreign Service Officer (ret.) (associate VIPS)

Kirk Wiebe, former Senior Analyst, SIGINT Automation Research Center, NSA

Sarah G. Wilton, Commander, US Naval Reserve (ret), DIA (ret.)

Robert Wing, former Foreign Service Officer (associate VIPS)

Ann Wright, U.S. Army Reserve Colonel (ret) and former U.S. Diplomat

*Les Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS) (Vétérans du renseignement pour le bon sens) sont un groupe de vétérans des services secrets qui œuvre contre un usage dévoyé des informations fournies par ces services. En janvier 2003 ils se sont associés pour dévoiler comment le gouvernement de l’époque, celui du Président Bush, avait légitimé la guerre en Irak en prétendant que ce pays disposait d’armes de destruction massive. Plus tard il s’est avéré qu’il n’en possédait aucune.

 

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://consortiumnews.com/2017/04/11/trump-should-rethink-syria-escalation/
Publication date of original article: 11/04/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20347

 

Tags: USA-SyrieTrumpVétérans du renseignement pour le bon sensAttaque gaz Idlib
 

 
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