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 26/06/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 EDITORIALS & OP-EDS 
EDITORIALS & OP-EDS / Leçons arabes pour la Corée du Nord
Date of publication at Tlaxcala: 20/04/2017
Original: Arab Lessons for North Korea

Leçons arabes pour la Corée du Nord

Abdelbari Atwan عبد الباري عطوان

Translated by  Chronique de Palestine
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Pyongyang sait que l’Irak, la Libye et la Syrie ont été attaqués ou envahis seulement après avoir éliminé leurs moyens  de dissuasion.

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En tant qu’Arabe et musulman, je me suis senti à la fois insulté et blessé lors de la lecture de commentaires dans la presse israélienne qui déconseillaient aux USA une attaque imprudente contre la Corée du Nord [RPDC]. Les donneurs de leçon prévenaient que la RPDC n’était pas un pays arabe à quatre sous, comme la Syrie, qui pouvait être bombardée à tout moment en toute impunité, mais un adversaire sérieux qui possède de vrais moyens de représailles, impliquant des ogives nucléaires et des missiles à longue portée.

Nous, les Arabes, avons été transformés en punching-balls internationaux et objets d’expérimentation. Nos terres ainsi que le sang et la vie de nos citoyens, sont devenues des cibles légitimes pour le premier venu. Un nombre toujours croissant de pays lorgnent sur notre territoire et nos ressources, alors que nous sommes déchirés par le sectarisme et que nos médias ont été réduits à des instruments d’incitation à la haine, sous diverses excuses et prétextes, à l’égard d’autres Arabes et musulmans.

Le plan malin concocté commence généralement par le lancement de campagnes de propagande bien coordonnées et orchestrées, axées sur les prétendues armes de destruction massive arabes et le besoin vital pour le monde de les éliminer. Toute tentative de refuser peut alors fournir une base juridique et morale pour les sanctions et autres mesures punitives, y compris l’agression militaire, la dévastation pure et simple et le changement de régime forcé.

Ce n’est pas un hasard si tous les pays arabes qui ont été soumis à une agression dirigée par les USA au cours des dernières années avaient auparavant cédé aux exigences, portant la signature US, des Nations Unies d’éliminer leurs «armes de destruction massive», en particulier des munitions chimiques, et d’abandonner toute idée d’acquérir des moyens de dissuasion nucléaire. Mais cette docilité n’a pas garanti leur sécurité. Ils ont ensuite été attaqués ou envahis, ou les deux à la fois.

Une fois les USA assurés que ces pays ne possédaient pas d’armes suffisamment puissantes pour se défendre et infliger des pertes sévères à des forces d’invasion, l’agression et le bombardement pouvaient débuter.

L’Irak, la Libye et la Syrie en sont de clairs exemples. Tous ont abandonné leurs arsenaux chimiques et ont coopéré avec des inspecteurs internationaux des armements – que ce soit volontairement, sous la menace d’une action militaire, après avoir été soumis à des raids aériens dévastateurs ou sous la pression d’un embargo étouffant et inhumain.

L’administration de George Bush Jr. savait très bien que Saddam Hussein avait coopéré pleinement avec les équipes internationales d’inspection des armements envoyées en Irak pour enquêter sur tous ses programmes, matériels et équipements nucléaires et chimiques. Il a résisté à toutes les provocations des inspecteurs – dont la plupart étaient des espions – y compris leurs perquisitions dans ses palais et chambres à coucher. Une fois Washington assuré que l’Irak avait été débarrassé de toute capacité nucléaire ou chimique, l’invasion pouvait être ordonnée sans délai.

Le colonel Muammar al-Kadhafi a été victime d’une grande tromperie inventée par l’ancien Premier ministre britannique, le rusé Tony Blair, qui l’a persuadé d’abandonner volontairement ses stocks d’armes chimiques et de matières nucléaires, en échange d’une garantie d’immunité personnelle et de réintégration de lui-même et son régime dans la communauté internationale. Une fois que Kadhafi ait renoncé aux armes, une révolution contre lui a été concoctée et une résolution du Conseil de sécurité a été émise pour protéger les révolutionnaires de massacres imminents.

La conspiration soigneusement scénarisée s’est terminée par le renversement du régime et la transformation de la Libye en un État failli plongé dans une anarchie sanglante, régenté par des milices en perpétuel conflit et maintenant au bord de la partition finale.

La Syrie a fait face et fait encore face au même scénario, même s’il a été joué en plusieurs séquences tortueuses. L’action militaire a été brandie et les forces aériennes mobilisées pour l’obliger à liquider ses stocks d’armes chimiques dans le cadre de l’accord conclu en 2013. Puis, il y a deux semaines, sa base militaire de Shueirat a été soumise à une pluie de missiles de croisière US  suite à un déferlement d’indignation internationale sur des accusations non vérifiées selon lesquelles le régime syrien aurait utilisé des armes chimiques à Khan Sheykhoun près d’Idlib.

Pourtant, le meurtre cynique de plus de 100 partisans civils syriens du régime, dont la moitié étaient des enfants, alors qu’ils quittaient les villages de Foua et Kafraya dans le cadre d’un accord parrainé par les Nations Unies, n’a pas suscité une telle indignation. La réponse a été un écrasant silence en Occident et dans le monde arabe, en particulier dans ces États arabes qui avaient participé à la négociation de l’accord d’évacuation et continuent de financer les auteurs de ce massacre.

Les dirigeants de la Corée du Nord auront sans doute pris note de ces expériences arabes sans gloire et de leurs conséquences désastreuses, et ils ont appris la leçon. C’est pourquoi ils n’ont pas mordu à l’hameçon US et n’ont pas arrêté leurs tests de missiles nucléaires et balistiques. Ils savent très bien qu’ils ont besoin d’une force de dissuasion, et que leur menace sérieuse de riposter de plein fouet à toute attaque US peut bien leur fournir une protection. Un autre fait tout aussi important est qu’ ils ont des alliés fiables, la Chine et la Russie, qui ne poignardent pas leurs amis dans le dos, contrairement aux prétendus amis de l’Irak, de la Syrie et de la Libye dans le monde arabe et surtout dans certains États du Golfe.

Les USA, quant à eux, frappent les Arabes (et les Afghans) pour envoyer des messages à d’autres. Le tir de missiles sur Shueyrat et le lancement de « la mère de toutes les bombes » sur l’Afghanistan étaient dirigées contre la Corée du Nord et l’Iran.

C’est un état de choses lamentable, un sous-produit du passage du leadership du monde arabe aux mains des États périphériques riches en pétrole qui considèrent les USA comme un allié digne de confiance. Ils auront l’occasion de reconsidérer leur position dans pas trop longtemps, lorsque cet allié les aura réduits à la faillite, comme il le fera certainement.

 





Courtesy of Chronique de Palestine
Source: http://www.raialyoum.com/?p=659025
Publication date of original article: 18/04/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20310

 

Tags: RPDCMonde arabeImpérialisme USGuerres impérialistes
 

 
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