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EDITORIALS & OP-EDS / Après l’attentat de Stockholm : le droit de vivre en pleine lumière, sans crainte et sans murs
Date of publication at Tlaxcala: 11/04/2017
Original: Rätten att leva i ljuset utan rädsla och utan murar

Après l’attentat de Stockholm : le droit de vivre en pleine lumière, sans crainte et sans murs

Ana Valdés

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

La réponse des Stockholmois et de tous ceux d’entre nous qui se sentent stockholmois a été éclatante : personne ne peut nous enlever le droit de vivre en pleine lumière, sans crainte et sans murs. C’est ce qu’écrit l’écrivaine et journaliste suédo-uruguayenne Ana Valdés, qui a suivi depuis Montevideo le vendredi noir  à Stockholm.



"Stockholm dans mon cœur": un énorme rassemblement a eu lieu le dimanche 9 avril sur Sergels Torg, la place centrale de Stockholm, proche du lieu de l'attentat au camion du vendredi 7

Ça  a commencé avec la guerre d’Irak en 2003. La boîte de Pandore a été ouverte. Depuis lors, les terroristes, le terrorisme et la guerre ont ravagé la terre comme l'un des cavaliers de l'Apocalypse. L’Armageddon est déjà là, disent les devins, et beaucoup soutiennent que l'Antéchrist est déjà né.

Le sentiment que nous avons atteint la fin des temps devient plus évident encore quand j’écris sur  « l'attaque terroriste présumée » comme les journalistes objectifs d’Eko (JT) appellent  ce qui est arrivé à Stockholm. Étant donné que personne n'a pris la responsabilité de l'acte et comme la terreur est un concept vague, personne n’a qualifié ce qui est arrivé aujourd'hui de  terrorisme.

Parmi nous, exilé suédois vivant en dehors du pays, la consternation était totale, nous étions scotchés à la télévision, aux ordinateurs et aux téléphones, à faire de longues listes d'amis et de parents. Étaient-ils en sûreté ? Avaient-ils besoin d’aide ?

Trois de mes amis étaient sur place, mais ont pu s’en sortir et ne pas être écrasés par le  camion, d'autres avaient décidé de travailler à la maison.

J'étais à Stockholm aussi bien lorsqu’ Olof Palme que lorsqu’Anna Lindh ont été assassinés. Je me souviens d'une ville en deuil, des longues queues de  gens sombres et tristes devant  Rosenbad [bâtiment abritant les bureaux du premier ministre, NdT]. Un sentiment de perte.

Beaucoup ont souligné que la Suède avait perdu son innocence, que la société ouverte avait reçu un coup fatal, et qu’il était impossible de revenir en arrière. Mais la Suède en est  ressortie plus forte que jamais et la cohésion et le sens de la communauté se sont maintenus. Cela a également été démontré aujourd'hui quand le hashtag #openstockholm a été lancé sur les médias sociaux pour dire que des étrangers étaient  accueillis par des habitants du centre-ville pour passer la nuit ou manger un morceau avant de commencer la longue marche pour rentrer chez eux [les transports publics ont été interrompus après l’attentat, NdT].

Dans une ville sans transports en commun les gens étaient bloqués et tout le monde n'avait pas quelqu’un chez qui passer la nuit.

L'écrivaine Birgitta Stenberg était en visite ici à Montevideo deux fois, elle a aimé  la ville et mes amis sont devenus ses amis. Il arrivait souvent que des gens la croisant en  ville s’écrient : « Birgitta Stenberg, je te remercie pour tes livres, c’est super que tu sois en visite ici ».

Et Birgitta Stenberg a dit: « Qu'est-ce que la Suède est privilégiée, sans tirer un seul coup ou coloniser un seul pays, nous avons tant de nouveaux lecteurs, tant de nouveaux suédophones. Des gens qui nous lisent, qui sont familiers avec Karin Boye Gustaf Fröding et Tomas Tranströmer, ce n'est pas une grande victoire ? »

C’est comme ça qu’on se sentait aujourd'hui quand  la plupart de ceux d'entre nous qui ont vécu en Suède s’appelaient pour se réconforter mutuellement et pour dire comment ils ressentaient le fait d’être  loin de la Suède. Dans la tranquille Montevideo, ce qui était l'enfer sur terre dans les années soixante-dix, occupée par des soldats et des policiers, on se sentait en sécurité. Stockholm est la ville qui m'a donné la sécurité quand je suis venue comme réfugiée politique en Suède.

Ce qui est arrivé à Stockholm hier était un coup contre  la société ouverte, une tentative de faire de  la peur  le sentiment  dominant, une tentative de briser les réseaux et la solidarité. Mais la réponse des Stockholmois et de tous ceux d’entre nous qui se sentent stockholmois a été éclatante : personne ne peut nous enlever le droit de vivre en pleine lumière, sans crainte et sans murs.





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://feministisktperspektiv.se/2017/04/08/ratten-att-leva-i-ljuset-utan-radsla-och-utan-murar/
Publication date of original article: 08/04/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20236

 

Tags: Attentat camion StockholmSuède
 

 
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