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 23/09/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Noor Inayat Khan , une espionne musulmane contre les nazis
Date of publication at Tlaxcala: 22/02/2017
Original: Noor Inayat Khan, una espia musulmana contra el nazisme

Noor Inayat Khan , une espionne musulmane contre les nazis

Toni Padilla

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

En 2011, la princesse Anne du Royaume-Uni a inauguré un buste en bronze à Gordon Square, dans le quartier londonien de Bloomsbury. Elle a déposé des fleurs et a fait un petit discours: «Tous les Britanniques devraient se rappeler le courage de cette femme ». C'était la première fois qu'un monument à une femme musulmane était inauguré au  Royaume-Uni.

Gordon Square Gardens, 8/11/2011

Le buste était celui de Noor Inayat Khan,  une femme exceptionnelle. Elle était de fait exceptionnelle avant même de naître, vu qu'elle était née en Russie d'un père musulman de l'Inde et d'une mère chrétienne usaméricaine. Le père, Inayat Khan, appartenait à une famille qui avait compté des sultans, mais il avait opté pour la musique et le soufisme. Devenu un professeur enseignant  le savoir  de cette  tradition mystique islamique qui cherche à amener les gens à la connaissance directe de Dieu, et non par la loi islamique, il avait visité la moitié du monde. Arrivé à San Francisco, l'une des participantes à ses conférences, Ora Ray Baker, demanda à être son élève. Elle était tombée amoureuse. Elle dut s'enfuir  pour épouser Inayat Khan, et changea son nom en Ameena Begum. Le couple vécut dans divers pays, dont la Russie, où leur fille vit le jour en 1914.

Ils vécurent ensuite à Londres et à Paris, où  l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale les surprit. Noor Inayat Khan était spécialisée dans l'écriture de contes  pour  enfants et était une femme moderne, fière de ses parents et pratiquant le soufisme. De fait, elle dirigeait un centre soufi en l'honneur de son père décédé. Elle participait à des émissions de radio pour les enfants, et s'était diplômée en psychologie et musique à la Sorbonne. La guerre brisait les meilleures années de sa vie. Et quand les troupes nazies fonçaient sur  Paris, elle fuit  vers le Royaume-Uni, à Londres, où elle avait de la famille.

Le soufisme prêche le pacifisme, mais un tel conflit changeait tout. Noor et son frère Vilayat décident  de s'enrôler dans l'armée britannique pour combattre le fascisme. Vilayat expliquera qu'ils l'ont fait parce qu'ils considéraient le nazisme très dangereux et, en partie, pour démontrer aux  Britanniques le courage des personnes ayant des racines en Inde. Noor se retrouve dans le Corps féminin auxiliaire  de l'Armée de l'Air britannique, la RAF, où elle se spécialise dans la radio.

En 1942, son profil est découvert par des membres des services secrets  britanniques, qui pensaient qu'elle avait un potentiel comme  espionne, elle savait utiliser une radio et parlait parfaitement français. Après des mois de formation, en juin 1943, on lui propose de faire partie du  groupe des trois femmes envoyées outre-Manche pour espionner avec une radio. "L'espérance de vie de cette mission est de six semaines", lui dit-on. Elle accepte.

Ce même mois de juin, elle saute en parachute dans le nord de la France, où elle contactée un membre de la résistance, Henri Déricourt, en compagnie de Diana Rowden et Cecily Lefort. Elles sont les trois premières espionnes britanniques en France. Dans les jours qui suivent, elles vont à Paris pour rejoindre un réseau dirigé par le professeur de physique Francis Suttill, qui était chargé de transmettre des informations aux Britanniques.

Mais juste au moment où elle arrive à Paris, la plupart des membres du réseau de Suttill sont découverts par les nazis. Rowden et Lefort sont capturées. Noor Inayat Khan se retrouve comme unique espionne britannique équipée d'une  radio à Paris, confrontée   au défi de transmettre des informations et de garder le contact avec la résistance française. Les nazis savaient qu'il restait un espion britannique, mais son bon français et son aspect exotique l'ont aidée. Normalement, on ne pouvait rester plus de 10 minutes au même endroit à faire des transmissions radio pour éviter d'être détecté. Il fallait se déplacer dans une ville où les transports étaient particulièrement surveillés. De Londres on lui propose de rentrer, mais elle refuse.

Noor a été trahie. Les soupçons se portent sur Henri Déricourt, l'ancien pilote de l'armée de l'air française qui l'avait réceptionnée en France, ou sur Renée Garry, une espionne française à la solde des Britanniques : selon certaines sources, elle l'aurait vendue à la Gestapo parce que son amant, France Antelme, était tombé amoureux de Noor. Le 13 octobre 1943, elle est arrêtée. Elle avait réussi à rester trois mois en action, bien plus que les six semaines pronostiquées par ses chefs.

Pendant quatre semaines,  Noor Inayat Khan est interrogée et torturée au siège redoutable de la Gestapo redoutée sur l'avenue Foch à Paris. Les documents relatifs à l'affaire ont montré qu'elle n'a pas donné d'informations aux Allemands, et que quand elle disait quelque chose,  c'était des mensonges pour confondre l'ennemi. Mais les nazis réussirent à déchiffrer certains de ses notes codes, et pendant quelques semaines ils se firent passer pour elle, envoyant es messages à Londres, qui provoqueront l'arrestation de trois autres agents.

Irréductible,  Noor parvient à s'évader de la prison en profitant d'un bombardement allié, mais elle est à nouveau capturée et envoyée dans une prison de haute sécurité en Allemagne, où elle passe 10 mois enchaînée à l'isolement, sans contact avec d'autres prisonniers. En 1944, elle est enfin transférée au camp de la mort de Dachau, où elle est exécutée avec trois autres agents britanniques. Selon un prisonnier néerlandais chargé de transporter les corps au crématorium après les exécutions, le dernier mot de Noor avant de recevoir la salve, a été Liberté, en français. Elle sera décorée des plus hautes distinctions de l'armée britannique.

Mais son nom a été oublié. L'historienne Shrabani Basu*, spécialisée dans la communauté indienne au Royaume-Uni, a lancé la campagne pour obtenir un monument  à sa mémoire. La communauté indienne s'y est jointe  et le projet a pu être réalisé. "La prochaine fois que quelqu'un doutera d' une femme comme vous, rappelez-lui Noor", a déclaré la princesse Anne un groupe de femmes indiennes venues assister à l'inauguration de son buste ...

*Lire la  note de lecture(traduite en français) de Boyd Tonkin sur son livre Spy Princess: The Life of Noor Inayat Khan

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_15415.jpg

Timbre postal émis par Royal Mall en 2014

Plaque commémorative au Fazal Manzil, la Maison des bénédiuctions, centre soufi créé dans la maison où  vécut la famille, rue de la Tuilerie à Suresnes





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.fotlipou.com/hi-ha-vida-mes-enlla-del-barca/tothom-te-un-passat/2688-una-espia-musulmana-contra-el-nazisme.html
Publication date of original article: 15/12/2016
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19953

 

Tags: Noor Inayat KhanRésistance antifascisteDeuxième Guerre mondialeRoyaume-UniFranceIndeSoufismeMusulmans indiens
 

 
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