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 25/06/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 AFRICA 
AFRICA / Une répression sauvage : lettre de la prison de Gamasa en Égypte
Date of publication at Tlaxcala: 27/11/2016
Original: مصر: الرسالة التى وصلت من احد المتغربين الى سجن جمصة.. يحكى المأساة كاملة
Translations available: Español  Deutsch  Italiano  فارسی 

Une répression sauvage : lettre de la prison de Gamasa en Égypte

Anonymous Anonyme مجهول Anónimo Anonym Ανώνυμος بی امضاء

Translated by  Tafsut Aït Baamrane تفسوت أيت باعمران

 

Les détenus politiques de la prison de Burj Al Arab à Alexandrie ont engagé une lutte contre leurs conditions de détention inqualifiables au mois d'octobre, entamant notamment une grève de la faim. À la mi-novembre, la répression contre ce mouvement a pris une tournure tragique. 248 détenus ont été littéralement déportés vers deux autres prisons, celle de Gamasa à Damiette, sur la côte méditerranéenne, et celle de Minya, en Haute-Égypte. Un prisonnier a pu faire parvenir cette lettre à ses proches, décrivant l'opération de "transfert".-Tlaxcala

Quand tu te sens assiégé dans ton propre pays, c'est quelque chose de normal, mais quand tu es assiégé dans une cellule de 3x3 et que tu as peur de leur ouvrir la porte parce que tu sais qu'ils vont te torturer ou te tuer, c'est la chose la plus horrible que tu puisses éprouver dans ton pays. C'est ce qui s'est passé pour nous à la prison de Burj Al Arab, le lundi 14 novembre et les trois jours suivants. Les forces de l'ordre étaient devant la porte, alors nous avons l'avons bloquée avec nos propres corps, mais il ont apporté une manivelle et une barre de fer pour l'ouvrir. Nous avons résisté, alors ils ont utilisé des pistolets et des grenades assourdissantes (plus de huit), en plus de grenades au poivre, ce qui nous a causé des brûlures sur le corps et aux yeux.

Après avoir forcé la porte, les soldats cagoulés de notre "armée bien-aimée" nous ont tabassés sur le dos avec leurs matraques, ne faisant aucune distinction entre jeunes et vieux. Ensuite, ils nous ont traînés par terre, nos visages à même le sol, tout en continuant à   nous frapper. Puis est venue la "cérémonie des adieux", pleine de coups et de terreur. Ils nous ont sortis de nos cellules, nous ont couchés sur le ventre, les mains liées derrière le dos, et ont continué à nous frapper. Le soleil brûlait nos corps déjà enflammés par le poivre.

Tout cela était supervisé par Hassan Souhagi, le chef des services pénitentiaires. Cette "comédie" a duré de 7h du matin à 4h de l'après-midi. Ils viennent en nombre et nous emmènent sans nous laisser le temps de prendre nos vêtements, nos affaires personnelles et nos médicaments. Le convoi est constitué de plus de 10 fourgons, transportant 200 personnes. Une partie est acheminée vers Al-Minya, l'autre vers Gamasa. Les forces dont nous avons chanté les louanges nous ont réservé une "cérémonie d'accueil" avec des gifles et des bastonnades. En descendant des véhicules, nous avons donné la priorité aux plus vieux d'entre nous pour qu'ils ne soient pas humiliés, mais ils ont été bastonnés et traités sans pitié.

Après nous avoir frappés, dénudés et rasé le crâne, ils nous ont fait entrer dans nos cellules. Ils avaient aussi des instructions pour nous interdire de prier, mais les jeunes ont résisté et se sont battus avec eux. Alors, ils ont été enfermés dans le quartier disciplinaire.

Nous végétons encore dans nos cellules, souffrant toujours des séquelles  de violences, de brûlures de poivre et de gaz. Nous disons tous : "gloire aux mains qui ont agressé nos concitoyens". Il faut noter que nous avions voyagé pieds-nus et sans affaires personnelles.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_14867.jpg

Les familles des détenus essaient de suivre le calvaire des leurs

 

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.facebook.com/domiatwindow/
Publication date of original article: 21/11/2016
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19387

 

Tags: Terrorisme d’ÉtatDictature Al-SissiPrisonniers politiques égyptiensRépressionÉgypte
 

 
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