TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı la internacia reto de tradukistoj por la lingva diverso

 21/11/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 CULTURE & COMMUNICATION 
CULTURE & COMMUNICATION / "Mon client, mon bourreau": le monologue de Nour, la prostituée arabe, un "one woman's show" de Hiam Abbass aux Journées théâtrales de Carthage
Date of publication at Tlaxcala: 20/11/2016
Translations available: Español  English 

"Mon client, mon bourreau": le monologue de Nour, la prostituée arabe, un "one woman's show" de Hiam Abbass aux Journées théâtrales de Carthage

Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

"Il n'y a pas de printemps arabe, les Arabes ne connaissent que deux saisons, l'hiver et l'été" : c'est ce qu'écrit le "journaliste américain" qui est l'un des clients attitrés de Nour, prostituée arabe "de mère en fille", dans la pièce-monologue interprétée par Hiam Abbass, l'actrice palestinienne tout-terrain, à partir d'un texte de Rachid Benzine, traduit en anglais, lors des Journées théâtrales de Carthage 2016, qui viennent de s'ouvrir à Tunis. Titre : Dans les yeux du ciel/In the eyes of heaven".

La pièce a eu sa première au Kaai Theater à Bruxelles en mars dernier, en coproduction avec Moussem, le Centre Nomade des Arts. Ce monologue d'une prostituée est l'occasion de passer au scanner les sociétés arabes en ébullition, où les élans libertaires coexistent – et s'y heurtent – avec les pires régressions, ponctuées par le cri "Allahou Akbar".

Nour ("lumière" en arabe) a donc suivi la voie de sa mère mais elle espère pouvoir épargner ce sort à sa fille de 14 ans, pour laquelle elle rêve de diplômes et de réussite, pourvu qu'elle parvienne à tenir le coup encore une dizaine d'années. Écouter une prostituée énumérer ses clients et raconter ses rencontres avec eux en dit plus long sur une société que plusieurs traités de sociologie. "Mes clients paient pour ce qu'ils pourraient obtenir gratuitement de leurs épouses, si seulement ils pouvaient le leur demander. Mais quel homme oserait demander à sa légitime de lui pisser dans la bouche ?"

Dans sa solitude, Nour n'a qu'un ami, un amant, un frère, un complice : Slimane. Un gay. "Il n'aime pas ce terme. Il préfère se désigner comme 'travailleur du sexe'". Slimane est aussi poète, animateur radio et révolutionnaire, partie prenante dans les affrontements qui mettent la ville à feu et à sang. Il finira dévoré par un chien, tandis que Nour aura la gorge tranchée par son client Osmane, un salafiste à la longue barbe teinte au henné et portant une marque au front si spectaculaire "qu'il doit vraiment frapper le sol très fort quand il fait sa prière".

Nour aussi, toute pute qu'elle est, prie, mais elle le fait après avoir découvert ses cheveux, disant à Dieu : "Pourquoi devrais-je les cacher, c'est bien un cadeau que tu m'as fait, non ?"

Le texte récité par Hiam Abbass est excellent, dosant l'ironie, le pathétique et le sordide de manière équilibrée. Rachid Benzine a réussi son pari. La pièce, interprétée en anglais par Hiam Abbass et en français par d'autres actrices à d'autres occasions, gagnerait à l'être en arabe, pour pouvoir toucher un public plus large dans les sociétés concernée. De Casablanca à Kirkouk, elle ferait un tabac, n'en déplaise aux émetteurs de fatwas.

Souvenirs, souvenirs...

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19307
Publication date of original article: 20/11/2016
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19307

 

Tags: JTC 2016Journées théâtrales de CarthageIn the eyes of heavenRachid BenzineHiam AbbassThéâtreRévoltes logiquesRévolutions arabesSalafistesProstitution
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.