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CULTURE & COMMUNICATION / Chronique du 31ème FIFAK [1] : Moon in the Skype , de Ghatfan Ghanoom, en ouverture du festival
Date of publication at Tlaxcala: 08/08/2016

Chronique du 31ème FIFAK [1] : Moon in the Skype , de Ghatfan Ghanoom, en ouverture du festival

Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Kélibia, 8 août 2016 –Le Festival International du Film Amateur de Kélibia, FIFAK2016, s'est ouvert dimanche soir au théâtre de plein air de Kélibia, plaisant port de pêche à l'extrême nord du Cap Bon, ce pied-de-nez de l'Afrique à l'Europe. Cette 31ème session est placée sous le signe de la mer et des marins involontaires que sont ces millions d'humains qui fuient la guerre et la misère imposées, en quête d'une vie meilleure ou simplement pour survivre. Le  film "Moon in the Skype", de Ghatfan Ghanoom a ouvert le festival. Un film remarquable à plus d'un titre, en particulier par son professionnalisme déguisé en amateurisme.

Ghatfan Ghanoom a 40 ans. Né en 1976 à Homs, il vit aujourd'hui en Finlande. Après s'être diplômé en études de cinéma en Moldavie en 2006, il a réalisé plusieurs courts et longs métrages, à la fois de fiction et documentaires. Moon in the Skype, son dernier film, sort des sentiers battus, à commencer par sa durée –inhabituelle – de 66 minutes.  Un film chaotique qu'on oserait qualifier d'hyper-réaliste, un réalisme de l'ère  du virtuel. Ce que nombre d'habitués des discussions de ciné-clubs parmi le public tunisien ne semblent pas avoir saisi, c'est que les Syriens qui ont fui leur pays ces dernières années ont vécu  et vivent un chaos, dont seules des œuvres chaotiques peuvent rendre compte.

Ghatfan Ghanoum. Photo Khalil Ben Hamida

Ghatfan a filmé et fait parler plusieurs fuyards syriens échoués l'année dernière dans les rues d'Athènes. Ils ont tenté, et tentent encore de brûler une quelconque frontière pour aller plus au nord, vers l'Allemagne ou la Scandinavie. Deux d'entre eux, personnages principaux du film, racontent en détail leurs tentatives avortées d'entrer en République ex-yougoslave de Macédoine, à pied ou même à bicyclette. Mais chaque fois, ils ont été repoussés, comme des envahisseurs. "You problem", leur a répété un policier grec, et, racontant cela, ils ne peuvent s'empêcher de rigoler.

Moon in the Skype nous change (agréablement ? pas vraiment) des reportages bien léchés dont les télévisions occidentales nous ont abreuvé l'année dernière, avec des sujets triés sur le volet, en fonction de critères bien précis : qu'ils soient télégéniques et parlent bien la langue du client du reportage. Les fuyards donnés à voir et entendre sont de rugueux Syriens et Syriennes lambda, du peuple, qui parlent leur savoureux arabe syrien et ne perdent presque jamais leur sens de l'humour.

Un spectateur du film s'est dit choqué, dans le débat du lendemain de la projection, de la présence de chats athéniens dans le film. Ce à quoi Ghatfan a répondu que pendant les six mois qu'il a passé, enfermé avec ses amis et voisins dans un immeuble de Homs, une centaine de chats entouraient l'immeuble, attendant que les humains leur fassent partager leur maigre pitance; celle-ci était notamment constituée de poissons récupérés sur les plages où ils avaient échoué après des chutes de bombes ou de projectiles dans la mer.

Les scènes les plus fortes du film viennent à la fin et justifient son titre: l'un des fuyards échoués à Athènes communique via skype, WhatsApp ou Viber avec ses enfants, réfugiés en Iran. Un échange apparemment banal, comme l'est le sort tragique de ce peuple livré à une guerre post-moderne (manière élégante de dire "absurde").  La philosophie du réalisateur est transmise par la bande-son de cette scène, la chanson d'Irène Papas dans le film Socrate de Roberto Rossellini : "Je ne suis ni Athénien ni Grec, je suis citoyen du monde".

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Lire aussi

Chronique du 31ème FIFAK [2]: Celles et ceux d'en bas

Chronique du 31ème FIFAK [3]: Les cinéastes amateurs tunisiens, pauvres, inventifs, dénonciateurs

 

 

 





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Publication date of original article: 08/08/2016
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=18639

 

Tags: FIFAK 2016Ghatfan GhanoumMoon in the SkypeCinéma syrienRéfugiés syriens
 

 
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