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 22/10/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 AFRICA 
AFRICA / Intervention sur le Sahara occidental à la session ordinaire du Comité de décolonisation des Nations Unies
Date of publication at Tlaxcala: 01/07/2016
Original: Intervención sobre Sahara Occidental en la sesión ordinaria del Comité de descolonización de Naciones Unidas
Translations available: English  Tamazight   عربي 

Intervention sur le Sahara occidental à la session ordinaire du Comité de décolonisation des Nations Unies

Ahmed Boukhari احمد بخاري

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Ahmed Boukhari, représentant du peuple du Sahara occidental a fait l'intervention suivante devant le Comité de la décolonisation (C24), réuni en session ordinaire le 17 juin 2016

Monsieur le Président,


Je tiens à Vous remercier, Vous et les honorables membres du Comité spécial de décolonisation (C24), pour me donner l'occasion de m'adresser, au nom du peuple du Sahara occidental, à cette session ordinaire du Comité.

Nous revenons de notre séminaire tenu à Managua, patrie de Sandino, où nous avons eu, à la chaleur de la générosité et de l'efficacité du gouvernement du Nicaragua, d'importants débats et des échanges francs et utiles sur le thème de la décolonisation inachevée du Sahara occidental. Le Sahara occidental a des particularités qui le différencient des autres points à l'ordre du jour du Comité, pris au cas par cas. Il est le seul pays africain à l'ordre du jour du Comité spécial de décolonisation. Une mission de l'ONU, la MINURSO, qui a été créée par le Conseil de sécurité avec le seul mandat d'organiser un référendum sur l'autodétermination, se trouve maintenant dans le territoire en attendant de pouvoir accomplir ce mandat, qui est toujours l'objet d'une obstruction du Maroc. Une partie de ses effectifs sont, depuis 1991, sous la protection des forces sahraouies dans les zones libérées.

Reflet des dimensions et répercussions du problème, le Secrétaire Général de l'ONU a une représentante spéciale, Mme Kim Boldouc et un envoyé personnel, l'ambassadeur Christopher Ross pour le Sahara occidental. Dans le même temps, l'Union africaine a nommé l'ancien Président du Mozambique, M. Chissano, envoyé spécial pour le Sahara occidental, lequel a eu l'occasion d'exprimer, en avril dernier, devant les membres du Conseil de sécurité l'urgence ressentie par l'Afrique pour la décolonisation effective du Sahara occidental.

Il s'agit d'un problème de décolonisation non résolu qui a déjà généré un conflit sanglant de 16 ans dont la prolongation jusqu'à aujourd'hui constitue, Monsieur le Président, non seulement un crime international contre le peuple sahraoui, mais aussi une menace permanente pour la paix et la sécurité régionales.

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En raison de toutes ces singularités, le Comité spécial devrait consacrer beaucoup de temps et d'efforts pour accompagner la décolonisation complète de ce territoire africain. Et vous ne pouvez le faire que dans le strict respect des résolutions de l'Assemblée générale, qui est le guide et la Bible pour ce Comité. C'est dans ce contexte que je réitère la demande d'une session spéciale sur la question et de l'envoi d'une mission de visite dans le territoire pour mettre à jour les données collectées par la Mission précédente en 1975. Pour tenir compte d'une vision au cas par cas, cette Mission doit être envoyée sans délai. Je n'ai pas besoin de rappeler ici que le Comité spécial, dans le traitement des problèmes concernant des territoires non autonomes, interagit avec les représentants légitimes des territoires reconnus comme tels par l'ONU et avec les puissances administrantes de iure, dans les termes visés à l' article 73 de la Charte de l'ONU. Permettez-moi, Monsieur le Président, de dire ici qui est qui, selon le contenu de la résolution 3437 (1979) de l'Assemblée générale. D'un côté, et en vertu de celle-ci, aux yeux de l'ONU, et donc de ce Comité, le Front Polisario est ce représentant légitime, qui a dirigé depuis 1973 la lutte de libération nationale contre la colonisation espagnole et depuis 1975 contre ses successeurs, le Maroc et la Mauritanie. Nous commémorons aujourd'hui, jour pour jour, le 43ème anniversaire de la répression par les forces espagnoles de manifestations pacifiques à Zemla, commune de la capitale aujourd'hui occupée, El Ayoune. Sur le chemin de cette lutte légitimée par le droit international, des milliers de martyrs ont sacrifié leur vie pour l'indépendance nationale. Le dernier en date a été le président Mohamed Abdelaziz.

D'autre part, également aux yeux de l'ONU, le Maroc n'est évidemment pas la Puissance administrante en droit qui pourrait être un interlocuteur valable de ce comité au sujet du Sahara occidental. C'est une puissance coloniale qui a voulu et veut encore, recourant à des méthodes agressives et contraires aux usages diplomatiques, imposer ses conditions au Comité chargé de la décolonisation. Son aplomb et son effronterie ont été manifestes au Nicaragua et mardi dernier. S'ils agissent ainsi ici, au siège de l'ONU, vous pouvez imaginer ce qu'ils peuvent faire dans le territoire occupé de notre pays, où une population est prisonnière dans son propre pays. Comme la résolution 3437 (1979) de l'Assemblée générale l'établit explicitement, le Maroc est un pays qui occupe un territoire qui ne lui appartient pas, où il a transféré illégalement des milliers et des milliers de colons; ce transfert a entraîné le fait que la population sahraouie est maintenant en minorité dans le territoire occupé. Le droit international et en particulier les Conventions de Genève sont clairs sur l'illégalité de ces faits. Et à partir de là, les membres du Comité savent que les résultats de tout acte politique, administratif ou électoral mené par le Maroc au Sahara Occidental sont dépourvus de toute légalité et de toute légitimité et ne peuvent donc être instrumentalisés pour interférer ou influencer la manière dont le Comité spécial doit assumer ses obligations en vertu de la Charte des Nations Unies.

Le Comité a été créé pour éradiquer le colonialisme, non pour le légitimer. L'engagement de ses membres est justement d'éradiquer le colonialisme du Sahara occidental en application de la résolution 1514 (XIX) et de la résolution 3437 (1979) et toutes celles qui ont suivi, en vertu de l'avis de la Cour internationale de Justice et de celui du conseiller juridique de l'ONU, Hans Corell, de janvier 2002. Essayer de vous détourner de cette feuille de route, c'est essayer d'obtenir votre complicité dans une aventure coloniale honteuse contre un peuple pacifique expulsé de ses terres. Le Maroc n'est pas un exemple à suivre. Il cherche des associés pour collaborer avec lui contre le droit international et les droits à la liberté d'un peuple agressé sur se terre, mais l'association ne changera pas le cours de l'histoire, qui est implacable dans l'enregistrement des faits et des conduites. C'est un colonisateur et
Vous le savez et les faits le prouver et pour ne pas aller plus loin, Monsieur le Président, les événements intervenus depuis la dernière session ordinaire du Comité en juin 2015 le confirment.

L'attaque directe lancée par le Maroc contre la personne du Secrétaire général de l'ONU en raison de sa visite, en mars dernier, au Sahara occidental et dans la région et la décision unilatérale d'expulser, le 16 mars, le personnel politique et civil de la MINURSO sont des faits montrant que la puissance occupante a choisi un cours de confrontation avec la communauté internationale, de mettre fin au processus de paix et pousser la région vers le pire. La résolution 2285 (2016) adoptée par le Conseil en avril dernier, a souligné «l'urgence pour la MINURSO de récupérer le personnel expulsé pour garantir sa capacité à mener à bien son mandat, qui est l'organisation d'un référendum d'autodétermination". La résolution a prié le Secrétaire général et son Envoyé personnel de préparer la cinquième ronde de négociations officielles entre le Front Polisario et le Maroc, interrompues par le Maroc depuis 2009. À ce jour, Monsieur le Président, ni le personnel de la MINURSO n'est encore revenu au Sahara occidental ni négociations n'ont repris.

Compte tenu de la perspective plus que probable que le Maroc continue à ne chercher qu'à gagner du temps, le Conseil de sécurité doit agir et ne pas attendre jusqu'au 30 juillet pour entendre le rapport du Secrétaire général. Le Front Polisario réitère son appel au Conseil à assumer ses responsabilités pour éviter au peuple sahraoui, au peuple marocain et à la région d'être entraînés dans la spirale de la confrontation. Vous, Monsieur le Président, ici et hors d'ici, assisté par les principes immuables de la politique étrangère du Venezuela bolivarien et du droit international, ainsi que d'autres pays du Conseil, comme l'Uruguay, l'Angola, la Nouvelle-Zélande, la Russie, pour ne citer qu'eux, n'avez ménagé aucun effort pour que le travail de paix dont est chargé le Conseil de sécurité ne devienne pas une chimère et un échec programmé. Notre gratitude et celle de tous les pays épris de paix, qui sont nombreux comme nous l'avons vu mardi dernier, est incommensurable. Le risque d'échec existe. Cela est dans l'air de plus en plus dense et irrespirable.

Pour le Front Polisario, la MINURSO et son personnel sont le symbole de l'engagement de la communauté internationale pour résoudre pacifiquement la dernière question de décolonisation qui affecte un territoire africain, mais le retour de ces personnels ne doit pas être compris comme une fin en soi. Il s'agit de relancer les négociations directes entre les deux parties pour assurer une solution pacifique et celle-ci se trouve dans l'application du principe de l'autodétermination, à savoir, permettre au peuple sahraoui de choisir librement son avenir dans les des Nations Unies par le biais d'un référendum libre et équitable. Il n'y a pas d'alternative à cette solution démocratique pour un problème de décolonisation.

Le droit de notre peuple à l'autodétermination continue d'être entravé par un acte de force perpétré par le Maroc. La résolution 2625 de l'Assemblée générale considère l'empêchement comme un «crime international». Cependant, en dépit de la guerre injuste qui a été imposée à notre peuple, le Front Polisario n'a jamais insulté l'avenir. Par le biais de l'ONU et de l'Union africaine, nous avons offert au Maroc des occasions en or, démocratiques et pacifiques, de sortir du bourbier du conflit avec l'honneur sauf, confiants que les blessures résultant du long et sanglant conflit seraient compensées par les effets positifs d'une vision partagée de la paix qui profiterait aux deux peuples et à toute la région. Nous sommes toujours liés à cette vision dont la vitalité et la durabilité dépendent avant tout des efforts que l'ONU est prête à déployer pour éviter le pire.

Entretemps, et confiants que ce Comité s' engagera de manière décisive dans ces efforts, le Front Polisario appelle l'attention de ses membres sur d'autres questions de grande importance, qui sont le pillage des ressources naturelles d'un territoire non autonome et la violation des droits humains d'un peuple, en premier lieu son droit à l'autodétermination. Tout cela, couplé avec la menace contre la paix et la sécurité régionales représentée par ce conflit, augmente le degré d'urgence pour accélérer le processus de décolonisation du Sahara occidental, la dernière colonie africaine à votre agenda. Presque tous les pays membres du Comité sont des enfants du principe d'autodétermination. Quelqu'un, aujourd'hui, veut-il l'oublier ou est-il en train d'être poussé à l'oublier?

Merci beaucoup.

-Le problème du Sahara occidental n'est toujours pas résolu
-Ne nous oubliez pas maintenant

Juan Kalvellido, Tlaxcala

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://delsah.polisario.es/intervencion-de-ahmed-bujari-en-la-sesion-ordinaria-del-comite-de-descolonizacion/
Publication date of original article: 20/06/2016
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=18288

 

 
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