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 EUROPE 
EUROPE / Zoé Konstantopoulou : “On instaure en Europe un état d’urgence antidémocratique”
Date of publication at Tlaxcala: 15/01/2016
Original: Ζωή Κωνσταντοπούλου: “ Ένα αντιδημοκρατικό καθεστώς εκτάκτου ανάγκης εγκαθιδρύεται στην Ευρώπη”

Zoé Konstantopoulou : “On instaure en Europe un état d’urgence antidémocratique”

Zoe Konstantopoulou Ζωή Κωνσταντοπούλου

Translated by  Jean-Marie Réveillon
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Intervention à la conférence « Un bouclier pour l’Europe : la Charte des droits fondamentaux de l’UE » organisée à Bruxelles par la GUE/NGL, à l’initiative de l'eurodéputée italienne Barbara Spinelli.

La conférence internationale sur le thème « Un bouclier pour l’Europe : la Charte des droits fondamentaux de l’UE » qui s’est déroulée à Bruxelles le 13 janvier 2016 était organisée à l’initiative de l’eurodéputée italienne Barbara Spinelli par le groupe parlementaire de la gauche au parlement européen, la GUE/NGL. Dans son intervention, Zoé Konstantopoulou a développé la thèse selon laquelle l’austérité, la dette publique et le refus de la BCE de fournir des liquidités sont instrumentalisés pour faire disparaître les procédures démocratiques.

Zoé Konstantopoulou, qui intervenait dans la session « Crise économique et austérité : un état d’urgence antidémocratique ? », a souligné le fait que « depuis 2010, la démocratie en Grèce, lentement mais régulièrement, est suspendue pour être remplacée par un nouveau régime, le régime des mémorandums, instauré par les gouvernements grecs et la troïka. « Un régime, selon elle, dans le cadre duquel chaque gouvernement assume l’engagement d’adopter des politiques précises fixées dans le mémorandum, en échange de prêts destinés au remboursement de la dette publique présumée du pays. Le parlement est contraint de légiférer en violation du mandat populaire et des droits de l’homme pour mettre en œuvre ces politiques. Et la Troïka, par l’intermédiaire de son personnel - nommé et non élu - détient le pouvoir de superviser et de surveiller les politiques menées dans le pays ».

Bien que les mémorandums aient été baptisés « programmes de sauvetage », a-t-elle ajouté, il s’agit en réalité d’accords qui condamnent à mort le peuple grec et les peuples européens, et aussi d’un coup d’État direct contre la démocratie. « Ce régime, ou bien il sera renversé par les peuples européens et leurs représentants élus, ou bien il dominera en Europe et se substituera aux acquis européens que sont les droits de l’homme et la démocratie qui ne peut être fondée que sur le respect des libertés humaines, de la vie humaine, et de la dignité. » Personne ne peut faire comme s’il ne comprenait pas ce qui arrive aujourd’hui en Europe. Les représentants élus du peuple ne peuvent faire semblant de ne pas avoir le choix. En aucun cas la tradition de la démocratie, de la souveraineté du parlement, de l’État de droit et la disparition des droits humains fondamentaux ne peuvent être un choix. Ni le sacrifice d’hommes et de générations entières pour sauver les banques et les banquiers. Ni la violation du mandat populaire pour satisfaire les créanciers. »

« Un état d’exception contraire à la démocratie se met en place en Europe, a souligné Zoé Konstantopoulou, avec la crise économique pour prétexte et comme instrument, l’austérité, la dette publique et le refus de la BCE de fournir des liquidités. L’objectif est la disparition des procédures démocratiques et parlementaires, la destruction des droits de l’homme, et l’asservissement des populations, dont les gouvernements doivent obéir à des directives provenant d’organismes qui ne relèvent d’aucune légitimité démocratique, qui ne sont soumis à aucune procédure de transparence ni à aucune obligation légale de rendre des comptes. »

« Depuis 2010, les citoyens sont victimes d’une propagande selon laquelle l’exercice de la démocratie - les élections et les référendums par exemple - déstabilise l’économie », a observé Zoé Konstantopoulou, ajoutant : « Tout ce qui a suivi le résultat du référendum, et le magnifique NON du peuple grec à 62%, constitue une honte pour l’Europe, le monde et la démocratie. Le gouvernement lorsqu’il a signé a accepté des mesures pires que celles qui avaient été repoussées par le peuple. Le NON du peuple s’est transformé en OUI du gouvernement », assure-t-elle.

Par la suite, elle a mentionné les événements politiques et les changements en Grèce depuis 2010, ainsi que les conséquences destructrices des mesures issues des mémorandums sur le niveau de vie de la population. Elle a observé que leur application avait conduit, entre autres choses, à une violation des droits humains fondamentaux : coupes claires dans les salaires et les retraites, déclenchement d’une épidémie de suicides par désespoir, coupes claires dans la santé, explosion du chômage à des niveaux record, augmentation vertigineuse de la proportion de citoyens qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, avec 300 000 familles qui vivent sans électricité et une dette de 40 000 € environ pour chaque enfant qui naît aujourd’hui, la part d’une dette publique que l’on s’efforce de reporter sur la société.

En ce qui concerne les travaux et les conclusions de la Commission pour la vérité sur la dette publique, elle a mentionné le fait que le gouvernement grec et le nouveau président du parlement ont déchaîné une chasse aux sorcières contre la commission, mais elle a aussi rappelé les points fondamentaux des conclusions préalables.

Zoé Konstantopoulou a clos son intervention en évoquant le devoir de résistance face à ces chantages et à la violence économique qui étouffe la démocratie, « un devoir inscrit dans le tout dernier article de la constitution grecque, l’article 120 - 114 dans notre ancienne constitution –, devenu un symbole et un signe de ralliement pour des combats démocratiques historiques. La défense de la démocratie constitue une obligation fondamentale pour les citoyens européens, qui ont le droit et le devoir d’organiser la résistance collective face à ces violations de la démocratie».

Elle a chaleureusement remercié Barbara Spinelli pour l’invitation qui lui avait été adressée, mais aussi pour l’initiative qu’elle avait prise d’organiser une conférence sur les enjeux les plus importants aujourd’hui de la construction européenne : la démocratie, les libertés et les droits humains fondamentaux en période de crise économique, de crise due à la dette et à l’austérité.

Dans la même session a pris la parole le professeur Olivier de Schutter, membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU et de la Commission grecque pour la vérité sur la dette publique, qui a traité des violations des droits sociaux en Grèce à l’époque des mémorandums. Le débat a été animé par l’eurodéputée française Marie-Christine Vergiat et l’eurodéputé allemand Helmut Scholz

En marge de la conférence, Zoé Konstantopoulou a assisté à la manifestation contre la privatisation des 14 aéroports, coorganisée par les eurodéputés Sophia Sakorafa, Nikos Hountis et Jean-Luc Mélenchon. Elle a également rencontré des eurodéputés de la Gauche et les membres de la Commission pour la vérité sur la dette publique : Éric Toussaint, Sofia Sakorafa, Olivier de Schutter, Sergi Cutillas, Renaud Vivien, Daniel Albarracin. De plus, elle a participé à une rencontre pour l’initiative européenne de Madrid qui se déroulera en février, et dont elle est partie prenante. Elle a participé pour finir à la manifestation au parlement européen sur les responsabilités de la Banque Centrale Européenne, avec pour orateur le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité, Éric Toussaint.

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://zoikonstantopoulou.gr/interviews/press-releases/item/zwh-kwnstantopoylou-ena-antidhmokratiko-kathestws-ektaktou-anagkhs-egkathidryetai-sthn-evrwph
Publication date of original article: 14/01/2016
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=17054

 

Tags: Charte droits fondamentaux UE Dette odieuseEurodictatureCommission Vérité dette publique grecqueGrèceUEropeNéomémorandairesBanksters
 

 
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