TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı

 22/11/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / L’Arabie saoudite, ou le terreau-risme
Date of publication at Tlaxcala: 04/12/2015
Original: Saudi-Arabien, der Nährboden des Terrors
Translations available: فارسی 

L’Arabie saoudite, ou le terreau-risme

Rainer Hermann راینِر هِرمان

Translated by  Mikaela Honung

 

Depuis un demi-siècle l’Arabie saoudite exporte dans le monde entier son Islam intolérant à coups de milliards de pétrodollars, apportant ainsi un soutien ciblé à l’extrémisme


Un mécène généreux pour des objectifs douteux : en janvier 2015, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud reçoit des dignitaires après son accession au trône. Photo DPA

L’Arabie saoudite exporte essentiellement deux produits : le pétrole et l’Islam. Le pétrole saoudien est le lubrifiant de l’économie mondiale, mais l’Islam wahhabite  est un danger pour la paix du monde. Il y a plus d’un demi--siècle que le royaume saoudien a commencé d’exporter son Islam intolérant et réactionnaire. Réactionnaire parce qu’il choisit pour modèle les premiers musulmans et prend dans ce but le Coran à la lettre. Et intolérant, parce qu’il déclare que tous ceux qui ont une autre interprétation de l’Islam sont des  « mécréants » qu’il faut combattre.  Les représentants de cet Islam wahhabite  le considèrent depuis ses débuts au 18ème siècle comme le seul véritable Islam et la seule véritable religion en général.

Le résultat est un désastre. Depuis un demi-siècle, l’offensive missionnaire des Saoud est financée à coups de milliards de pétrodollars par an.  Elle est dirigée contre le pluralisme religieux dans le monde islamique, sunnites modérés et sécularisés tout comme soufis et chiites et bien évidemment les non-musulmans. Cette offensive saoudienne fournit un terreau idéologique et théologique au terrorisme actuellement pratiqué au nom de l’Islam. Certes le royaume saoudien ne finance pas directement la milice terroriste dite  État islamique (EI), car celui-ci a déclaré la guerre à la monarchie saoudienne. Mais cette dernière est la matrice du monstre, car il n’est autre que le prolongement  violent de l’Islam wahhabite.

Lutte pour l’hégémonie dans le monde arabe

L’une des pires erreurs de l’Occident est de croire à tort que le régime saoudien nous veut du bien, disait récemment l’écrivain Salman Rushdie. Car l’Arabie saoudite est largement responsable de l’expansion de la pensée islamique radicale dans le monde sous sa forme wahhabite. « Ce n’était qu’un infime courant au sein de l’Islam sunnite avant que les Saoud ne se mettent à le propager dans le monde entier à coups de pétrodollars. »

C’est la guerre froide qui l’a tenue sur les fonts baptismaux. À partir de la fin des années cinquante, Gamal Abdel Nasser a fait tomber des millions d’Arabes sous le charme de sa politique panarabiste et socialiste. Il s’est allié à l’Union soviétique et dans la guerre civile qui a éclaté au Yémen en 1962 il a soutenu les révolutionnaires républicains. L’Égypte - de gauche - et l’Arabie saoudite ultra-conservatrice se sont fait face au Yémen et ont lutté pour conquérir l’hégémonie dans le monde arabe. En outre, la maison Saoud craignait que les idées socialistes qui étaient parvenues jusqu’à la province pétrolière chiite à l’Est du pays ne s’y implantent. Un an plus tard, le parti Baas, socialiste, allait prendre le pouvoir en Irak.

L’Arabie saoudite  est entrée en action. Le prince héritier Fayçal a convoqué en 1962 une conférence à La Mecque, pour combattre la sécularisation et le nationalisme arabe de Nasser, deux dangers mortels pour la maison Saoud. Il en sortit l’idée de la « Ligue islamique mondiale ». Elle est devenue le principal instrument du royaume saoudien pour répandre dans le mode entier sa vision de l’Islam : elle consistait à construire des mosquées, des écoles et de centres culturels islamiques, à soutenir de mouvements de jeunes et des projets islamiques partout dans le monde ainsi qu’à offrir une  aide humanitaire. De petites sociétés islamiques au sens des Saoudiens devaient de la sorte naître un peu  partout. L’un de ses plus généreux mécènes a été dès le début le roi actuel, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud.

Radicalisation de la jeunesse saoudienne

Le pieux roi Fayçal opposa au nationalisme arabe sa nouvelle politique de « solidarité islamique. » Son programme a été esquissé par Fayçal lors du pèlerinage à la Mecque en 1968, quatre ans après son accession au trône : « Nous voulons une renaissance islamique sans nationalisme, ethnies ni partis politiques, mais qui suive l’appel de l’Islam et du djihad à défendre notre religion. » À cette époque,  l’Arabie saoudite  était déjà la puissance dominante dans le monde arabe, l’humiliante défaite de Nasser contre Israël lors de la guerre des Six jours ayant anéanti sa prétention au leadership. Après l’incendie de la mosquée Al Aqsa à Jérusalem deux ans plus tard, Fayçal réunit une « rencontre islamique » qui affaiblit encore le mouvement laïc de Nasser.  Il en sortit l’« Organisation de la Conférence islamique », aujourd’hui  « Organisation de la Coopération islamique »(OIC), un regroupement des États musulmans et un deuxième outil de l’Arabie saoudite pour étendre son influence sur d’autres pays du monde musulman.

 

Les 4 principales organisations propageant le wahhabisme dans le monde: La Ligue islamique mondiale (MWM), l'Académie islamique saoudienne (seulement aux USA), L'Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane (WAMY) et l'Organisation Internationale de Secours islamique (IIRO)



Dans les années 70 l’Arabie saoudite posa ses jalons pour les prochaines décennies à venir. « Le roi Fayçal intégra les théologiens wahhabites dans la bureaucratie nationale et fonda dans ce but le Haut Conseil des oulémas », selon Ulrike Freitag, directrice du Zentrum für den Modernen Orient (Centre pour l’Orient moderne) à Berlin et l’une des meilleures connaisseuses actuelles de l’Arabie saoudite.  L’éducation à la tradition islamique aurait été en outre largement développée, ce qui a contribué à la radicalisation de la jeunesse saoudienne, d’autant plus que celle-ci ne trouvait guère de travail après 1973, la part des travailleurs non saoudiens étant montée de 10% à un tiers de la population.

Une université au service de l’État

La flambée du prix du pétrole en 1973 permit à l’Arabie saoudite  de consacrer chaque année plus de 5% de son PIB à sa politique de « solidarité islamique.» Elle inclut les généreuses bourses accordées par l’Arabie saoudite aux étudiants étrangers à l’Université de Médine. Cette dernière a été fondée en 1961 pour faire pièce à l’Université Al-Azhar du Caire, le principal institut sunnite durant presque un millénaire.  La charte de l’Université de Médine précise qu’elle doit porter dans le monde entier le message de l’Islam et pour cela former des étudiants de tous les pays. L’université s’est bien insérée dans la politique étrangère de Fayçal, commente l’historien d’origine comorienne Chanfi Ahmed qui effectue des recherches sur l’influence saoudienne en Afrique. Parallèlement l’Islam saoudien revendique un leadership en matière d’éducation religieuse.

Après sa fondation, des délégations de l’Université allèrent passer plusieurs mois en Afrique pour y choisir de jeunes musulmans qui bénéficieraient de bourses et y faire des donations à des communautés musulmanes. Ils ont déterminé les lieux où les diplômés de l’Université exerceraient leur activité et invité des chefs musulmans en Arabie saoudite. Au début les étudiants étaient principalement originaires d’Afrique, du sous-continent indien et d’Indonésie. À la fin de leurs études, ils rentraient dans leur pays pour y être des missionnaires et des ambassadeurs officieux de l’Arabie saoudite. C’est seulement après l’invasion soviétique en Afghanistan que l’Université songea à envoyer des missionnaires en Asie centrale et au Pakistan.

La doctrine mondiale du « véritable Islam »

Depuis sa fondation, environ 45 000 cadres religieux issus de plus de 160 pays sont passés par l’Université islamique. En outre, 10 000 élèves et étudiants ont fréquenté d’autres instituts de formation saoudiens dans le pays et à l’étranger. C’est ainsi que l’Université islamique Imam Ibn Saoud, fondée en 1974, entretient des filiales aux Émirats arabes unis, en Indonésie, Malaisie, à Djibouti, au Japon et aux USA.  Elle aussi a pour tâche de transmettre « le véritable Islam. »

Ce ne sont pas les seuls établissements d’enseignement supérieur qui aient été fondés à l’étranger à l’initiative de  l’Arabie saoudite  et toujours largement financés par elle. Au Tchad s’est ouverte en 1991 l’Université du Roi Fayçal, et dès 1980 l’OIC et le chef des services secrets de l’époque, Turki al Fayçal, avaient fondé au Pakistan l’Université islamique d’Islamabad. Durant la guerre d’Afghanistan elle a servi de relais à de nombreux combattants arabes en route pour le djihad.

Les raisons de cette exportation de l’Islam saoudien

La guerre froide intra-arabe entre l’Arabie saoudite et l’Égypte a lancé l’exportation de l’Islam saoudien. En 1979, trois  évènements ont poussé le royaume à la développer massivement. Le premier fut la révolution de février en Iran et la menace du chef de la Révolution, l’ayatollah Khomeïni, d’exporter l’Islam révolutionnaire chiite dans les monarchies conservatrices sunnites. Puis le 20 novembre, Jour de l’An 1400 du calendrier musulman, 400 partisans du prédicateur islamique radical Juhayman al Utaybi occupèrent la Grande mosquée de la Mecque et appelèrent au renversement « de la dynastie corrompue et contraire à l’Islam» des Saoud.

Juhayman était diplômé de l’Université de Médine et élève d’Abdelaziz Ibn Baz, plus tard (en 1994) grand mufti d’Arabie saoudite et l’un des théologiens saoudiens les plus réactionnaires du 20ème siècle. Juhayman s’éloigna de lui en 1974, car il reprochait à son maître sa collaboration avec les Saoud. L’occupation de la Grande mosquée remit en question la légitimité islamique de la Maison Saoud. Celle-ci aurait pu réagir en faisant  preuve d’ouverture et d’une plus grande tolérance. Ce fut le contraire qui se produisit. Elle accrut le pouvoir et la contribution des théologiens islamiques, islamisa l’éducation et octroya de nouvelles compétences à la police religieuse.

Parallèlement la Maison Saoud exporta ses dissidents islamistes radiaux : les extrémistes devaient aller se défouler en Afghanistan et le gouvernement saoudien crut acquérir une nouvelle légitimité comme puissance islamique dominante en soutenant les mouvements extrémistes à la périphérie du monde musulman. Dix mille djihadistes arabes partirent pour l’Afghanistan. De là ils poursuivirent leur route vers d’autres foyers de conflits, le Cachemire, la Tchétchénie, l’Algérie et la Bosnie.

Entre aide humanitaire et soutien au terrorisme

Les djihadistes s’y servirent des institutions créées des décennies auparavant  par l’Arabie saoudite. Parmi elles on trouvait l’Organisation internationale de Secours islamique  (IIRO), fondée en 1978 au sein de la Ligue islamique mondiale. Le sultan Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, longtemps Ministre de la Défense et actuel monarque, compte parmi ses principaux mécènes. Officiellement l’IIRO est une organisation d’aide humanitaire, elle envoie des colis d’aide et administre des orphelinats. Elle a également construit plusieurs milliers de mosquées et quelques dizaines d’écoles ; quelques-unes de ses agences à l’étranger (plus de 80 au total) ont aidé des groupes terroristes. Par exemple, Mohammed Jamal Khalifa, un beau-frère de Ben Laden, le fondateur d’Al Qaïda, a utilisé la filiale de l’IIRO aux Philippines comme organisation écran du groupe terroriste Abou Sayyaf. Auparavant il avait financé les auteurs de l’attentat contre le World Trade Center à New-York en 1993.

La commission d’enquête du Congrès US sur les attentats du 11 septembre est arrivée à la conclusion que « l’Assemblée mondiale de la jeunesse islamique » (Wamy) a elle aussi soutenu ouvertement le terrorisme islamique. Wamy dispose de filiales dans 56 pays, organise des projets pour les jeunes et accorde des bourses pour des cours dans les institutions éducatives saoudiennes. Cette organisation de jeunesse dispose d’un réseau mondial d’écoles, d’hôpitaux et d’orphelinats. En juillet 2005, le Ministère US des finances a déclaré qu’en dépit de son engagement actuel contre les terroristes, l’Arabie saoudite continue à financer leurs organisations par le biais de la Ligue islamique mondiale et de Wamy.

L’Albanie, un refuge pour les djihadistes

La fondation Al-Haramein, dépendante de la Ligue islamique mondiale, qui avait construit plus de 1000 mosquées et distribué 13 millions d’ouvrages islamiques avait déjà été dissoute, car elle avait mis ses infrastructures à la disposition de groupes terroristes. C’est pourquoi elle avait dû en 2002 fermer également ses bureaux en Bosnie. Or la Bosnie était une base importante de l’a propagation de l’idéologie missionnaire saoudienne dans les Balkans. L’Arabie saoudite et la Ligue islamique mondiale édifièrent à Bihać l’Académie du prince Salmane, qui devait former des érudits islamiques pour toute la région des Balkans. Dans les bureaux de cette organisation humanitaire nationale saoudienne à Sarajevo, on trouva des photos à la gloire des attentats terroristes de 1993 et 2001.

L’Arabie saoudite attisa aussi d’autres conflits entre des pays balkaniques et l’ex-Union soviétique. C’est ainsi que le royaume vit une possibilité de répandre ses propres conceptions en Albanie, autrefois musulmane, après l’effondrement des structures étatiques du pays en 1992. On y envoya des prédicateurs, on y bâtit plus de 200 écoles et on distribua un million d’exemplaires du Coran traduit en albanais. Des djihadistes arabes y trouvèrent un refuge et des emplois.

Le Pakistan et l’Inde sont les deux grandes bases asiatiques de la Ligue islamique mondiale. Elle y soutient l’influent Institut du mouvement Deobandi dans l’Uttar Pradesh, considéré comme une implantation de l’Islam wahhabite en Inde. Au Pakistan, le Deobandi dispose, paraît-il, de peut-être 40 000 écoles coraniques. Les talibans afghans sont issus de sa branche politique, le Jamiat Ulema-e-Islam.

Des prédicateurs de haine itinérants

Les écoles et mosquées constituent le logiciel qui permet d’exporter l’Islam dans le monde. L’Arabie saoudite pourvoit également ces lieux de prédicateurs et de pamphlets. L’un des plus célèbres prédicateurs de haine saoudiens est Muhammad al-Arifi, envoyé également en Allemagne pendant plusieurs années, et qui compte onze millions d’adeptes sur Twitter. Il est désormais interdit d’espace Schengen et l’Arabie saoudite a donc recours à d’autres prédicateurs itinérants pour répandre la haine. La littérature classique de l’Islam wahhabite, que l’Arabie saoudite veille à répandre sur toute la planète, ne contribue guère au dialogue, elle non plus.

Le royaume saoudien élargit aussi sa sphère d’influence au moyen d’émetteurs satellitaires et de sites islamiques, partout accessibles et gratuits. Il y a des années déjà qu’Olivier Roy, spécialiste français de l’Islam, a observé que l’Arabie saoudite fournissait une part importante des programmes d’institutions islamiques dans le monde.

« Les travailleurs émigrés jouent eux aussi un rôle important pour répandre l’Islam saoudien »,  nous dit Ulrike Freitag. Car dix millions d’étrangers, pour la plupart issus de pays musulmans, travaillent en Arabie saoudite. Lorsqu’ils rentrent chez eux, pour des vacances ou définitivement, ils ne rapportent pas seulement des économies, mais exigent le plus souvent que leurs familles se conduisent « à l’islamique » comme en Arabie saoudite. Si l’Arabie saoudite propose en plus d’édifier une mosquée, les gens sont d’autant plus disposés à embrasser l’Islam saoudien, dit Freitag.

Il sera difficile de tarir le ralliement à l’idéologie saoudienne

Lorsque Fahd ben Abdelaziz Al Saoud accéda au trône en 1982, il passait pour un moderniste. Or il tint un premier discours à Médine, à l’Université islamique. Voici quelle était d’après lui la conception du royaume saoudien : «  Le but de l’Arabie saoudite est d’islamiser le monde. » Pour assurer sa légitimité dans l’Islam, il se donna au lieu du titre de roi celui de « gardien des deux Lieux saints», La Mecque et Médine.

Le roi Fahd ne se contenta pas de bâtir de fastueux palais. Il veilla aussi à asseoir la place de l’Arabie saoudite dans le monde musulman. On dit qu’il a financé la construction d’au moins 1500 mosquées, 2000 écoles élémentaires, 200 établissements d’enseignement secondaire et supérieur, et 210 centres culturels islamiques. D’une imprimerie qui portait son nom sont sortis 138 millions d’exemplaires du Coran en plus de 20 langues. En Europe 16 « académies » portent ce même nom. Il s’agit d’écoles où l’on enseigne les cursus saoudiens. 

L’ « Académie du roi Fahd », à Bonn, est entrée dans le collimateur de l’Office de protection de la Constitution car elle semble attirer les extrémistes depuis l’attentat du 11 septembre. Un examen de ses manuels aboutit à un résultat alarmant. L’ « Académie » est depuis lors vidée. Mais l’idéologie a été répandue dans le monde et ne sera pas si facile à éliminer. Pas plus que l’EI, dont le terrorisme repose sur un mélange d’Islam saoudien et de violence.
 

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.faz.net/aktuell/politik/ausland/saudi-arabien-bereitet-den-naehrboden-des-terrors-13934322.html
Publication date of original article: 28/11/2015
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=16753

 

Tags: Arabie saouditeWahhabismePropagande saoudienne
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.