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 27/07/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 EUROPE 
EUROPE / Tsipras : Couille molle ou tortionnaire ? Macdonald ou Mussolini ?
Date of publication at Tlaxcala: 28/09/2015
Original: Βουτυρομπεμπές ή βασανιστής; Μακντόναλντ ή Μουσσολινι;
Translations available: Català 

Tsipras : Couille molle ou tortionnaire ? Macdonald ou Mussolini ?

Spyros Marchetos Σπύρος Μαρκέτος

Translated by  Christine Cooreman كريستين كورمان
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Spyros Marchetos, professeur d'Histoire des idées à la Faculté de Sciences politiques de l’Université Aristote de Thessalonique, analyse le parcours politique de Tsipras, le culte de la personnalité que Syriza a développé à son égard, mais aussi la trahison d’un peuple entier. Un texte brillant qui fera débat…

Respectez le pouvoir

La caractéristique commune des régimes autoritaires, c’est qu’ils alimentent l’humour politique. Étant donné que le peuple sait que ceux qui s’installent sur son dos ne sont pas prêts à descendre, le ressentiment et la résistance adoptent des voies couvertes, tandis que le pouvoir et ses instruments, éliminant sur le coup leur insensibilité, poursuivent toute référence irrespectueuse au leader ou à la clique dirigeante.
 
Dans la Grèce mémorandaire, la satire du pouvoir renaît sous des formes auxquelles on était habitué à l’époque des colonels. Souvent, selon de nouvelles modalités, c'est-à-dire, via internet. Si, dans le temps, les cibles étaient Adonis Georgiadis [politicien de Nouvelle Démocratie, NdE] et le père Païsios [célèbre moine, 1924-1994, NdE], à présent ce sont Tsipras et ses courtisans qui sont dans le point de mire.
 
Souvent, l’humour ne cache pas la fureur. Un montage photo qui a vraiment marqué, montre Tsipras devant un camp d’exilés torturés à Makronisos, les mains tendues vers le ciel, dans une attitude hésitant entre Andréas Papandréou et Dieu Tout-puissant.
 
La légende le qualifie de « Voutyrobébé » (littéralement « bébé au beurre », c'est-à-dire, quelqu’un qui se donne des airs de « pur et dur » mais qui, en réalité, est un lâche, une couille molle). Après les tortures infligées aux anarchistes de 17 ans par la police grecque, il y a d’autres légendes qui apparaissent, moins gentilles celles-là.
 
1

« Il y avait, jadis, des gens de gauche que l’on torturait pendant 17 mois et qui ne signaient pas…
Aujourd’hui, un « voutyrobébé » nous dit qu’on le « faisait chanter » pendant 17 heures et qu’il a été forcé de liquider terre et eau… Ce « voutyrobébé » nous dit qu’il est de gauche…

 
Pitsirikos (blogueur grec) souligne le déficit moral de l’ancien Premier ministre qu’il taxe justement de « salegossisme » [néologisme français, issu de « sale » + « gosse », pour rendre le mot grec « kolopaido », NdT], tandis que le journaliste Augustin Zenakos utilise le terme de « trahison » pour qualifier le retournement de veste du Premier ministre. Le terme n’est pas utilisé dans le sens moral mais comme bilan stratégique objectif : (il s’agit de) «trahison» au sens de ce mouvement déterminant qui finit par enclaver et neutraliser une force et qui ne peut être efficace que s’il arrive sous des apparences amies, s’il vient « de l’intérieur ». Giorgos Delastik [directeur de l'hebdomadaire de gauche Prin, NdE], focalisant sur les mensonges cyniques et systématiques de Tsipras, l’appelle le « Mavrogialouros » (personnage de ministre promettant tout à tout le monde d’un film grec de 1965, NdT) de la gauche. De la gauche ?
 
Ce n’est pas évident de voir, à la veille des élections, s’accumuler les psychanalyses de Premier ministre. Les choses ne se passaient pas toujours ainsi. Les raisons en sont nombreuses, mais je m’arrêterai sur une d’entre elles. Depuis qu’ils ont dominé Syriza, Tsipras et sa cour ont annulé toute démocratie au sein du parti, transformant celui-ci en organe électoral ayant pour principale compétence de servir de tremplin aux « élus » vers les ministères.
 
Le culte de la personnalité, conséquence naturelle de ce choix politique, fut rapidement établi, ne fut jamais dissimulé et fut toléré ou soutenu à long terme par bon nombre de « dissidents » actuels. Lorsque, en fin de compte, la cour de Tsipras décida de procéder à la mutation mémorandaire hors du contrôle de son parti, ce fut un succès. Bien entendu, les déplacements idéologiques et politiques reflétaient les désirs ambivalents d’une base sociale éclectique, mais le retournement ne fut pas imposé de l’extérieur : il était le choix de la direction même de Syriza. Qui en porte la responsabilité. Et qui l’avait préparé depuis longtemps.
 

MacDonald et Laval

Le saut de la gauche vers l’autre bord effectué par Tsipras et ses barons n’a rien d’original. Ramsay MacDonald, à la tête du gouvernement de courte durée des travaillistes, en 1924, est devenu le premier Premier ministre de gauche en Grande-Bretagne. D’origine prolétarienne, marxiste au départ, mais toujours généreux envers les libéraux, il enterra le radicalisme des masses de l’après-guerre en évitant de réaliser la moindre réforme. Naturellement, le soutien populaire à la gauche s’écroula, mais les problèmes du capitalisme ne furent pas résolus.
 
Ο Ράμσεϊ ΜακΝτόναλντ

Ramsay MacDonald

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Le pillage des travailleurs qui suivit avec le retour de la Grande-Bretagne à l’euro de l’époque (l' « étalon-or »), entraîne la grève générale historique de 1926. MacDonald, qui demeura à la tête des travaillistes, s’acharna contre elle et, ensuite, lutta pour canaliser les espoirs des travailleurs de la mobilisation massive vers le parlement. La déception et la démobilisation qui suivirent la trahison et la défaite de la grève générale rappellent la morosité des travailleurs après la violation du NON par Syriza. Cette déception et démobilisation constituaient, dans les deux cas, les objectifs tactiques de tenants de la coopération de classe, et non pas des dommages collatéraux.
 
En 1929, les travaillistes se sont retrouvés au gouvernement avec un manifeste radical mais, une fois de plus, évitèrent d’entrer en conflit avec le capital. De plus, ils firent porter les frais de la Grande Crise par les travailleurs. Le chômage se multiplia et le niveau de vie s’effondra. En 1931, MacDonald se rangea de nouveau aux côtés des banquiers, contre la base sociale des travaillistes. Lorsque son parti refusa de le suivre, il le scinda et annonça de nouvelles élections auxquelles il collabora avec les partis bourgeois. Grâce au système électoral majoritaire, il remporta 550 sièges contre 46 pour les travaillistes.
 
Lors de son mandat suivant, MacDonald gouverna pendant quatre ans à la tête d’un gouvernement conservateur « d’unité nationale ». Prêchant pour la collaboration des classes, il dévasta la gauche et renforça la montée du fascisme en Angleterre et à l’étranger. Peu à peu, les travaillistes reformèrent les rangs sur la base de syndicats indépendants - dont, malheureusement, nous n’avons que très peu, de nos jours. Bien entendu, il fut abandonné par ses camarades trahis et ne fut jamais accepté par les bourgeois. Il ne lui fallut pas longtemps avant de s’effondrer psychologiquement, intellectuellement et physiquement.
 
MacDonald continuait de se considérer comme un homme de gauche, bien que son anticommunisme et son réformisme l'eussent entraîné au sein de la droite. Outre le fait que tous les deux ont trahi la gauche qui les avait conduits en politique et au parlement, le Français Pierre Laval, un type nettement plus malodorant, ressemblait également à Tsipras en ce qu’il était un fameux « débrouillard ». D’origine bourgeoise, il s’enrichit dans l’entre-deux-guerres grâce à ses talents exceptionnels (pour rester poli) et créa un empire médiatique privé. Adhérant nettement à la droite, il devint ministre des Affaires étrangères et Premier ministre dans les années 1930.


Pierre Laval
 

Durant la guerre contre l’Allemagne nazie, Laval tenta d’entraîner la France dans l’Axe, alors qu’il était ministre. Après la capitulation, les Allemands en firent le premier ministre du régime de Vichy. Il organisa l’élimination des juifs ainsi que la milice fasciste. Après la défaite de l’Axe, il s’enfuit en Espagne franquiste qui, toutefois, le rendit à De Gaulle. Il fut jugé et fusillé en 1945. Jusqu’au dernier moment il tentait d’empêcher son exécution par des flatteries et des chantages.

De Man et Mussolini

Contrairement à MacDonald, Laval et Tsipras, le Belge Henri De Man était un intellectuel. Issu d’une famille bourgeoise et habitué aux vertus douteuses de la discipline, il adhéra très jeune au socialisme révolutionnaire. Avant la guerre, il fut chargé de la mission de former les socialistes belges, tandis que dans l’entre-deux-guerres il entretint des liens éphémères avec les anarchosyndicalistes, les Industrial Workers of the World  (IWW). Il devint universitaire, publia des critiques érudites du marxisme et élabora le Plan De Man qui promettait une économie mixte fondée sur la planification économique et qui fit débat dans toute l’Europe.
 
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Henri De Man

À la tête du Parti ouvrier belge et, ensuite, quasi-premier ministre du pays, De Man a soutenu la décision du roi de livrer la Belgique aux nazis. Il continuait de revêtir sa politique de termes de gauche : « Pour les classes ouvrières et le socialisme, l’effondrement de ce monde croulant n’est pas un désastre mais un salut ». Ainsi, justifiant la soumission à Hitler, il tenta d’entraîner les travailleurs dans une pseudo-gauche intégrée au Nouvel Ordre. Une fois la guerre terminée, il fut condamné pour haute trahison, mais il eut le temps de s’évader en Suisse. Enfoncé dans la dépression, il se suicida en 1953.
 
 
L’espoir de la gauche italienne, avant la Première guerre mondiale, portait le nom de Benito Mussolini. Il n’était nullement la caricature que bien des gens ont en tête. Pour ce qui est des traits de personnalité, sa différence avec Tsipras était que Mussolini disposait d’une culture intellectuelle - au niveau psychique, il était un rustre. Du point de vue politique, il ne disposait pas de moins de lettres de noblesse de gauche que Tsipras. Dans l’entreprise fasciste, il fut suivi par d’innombrables ex-gauchistes, d’anarchosyndicalistes et de socialistes modérés ainsi que par des artistes d’avant-garde et des intellectuels constipés qui, toutefois, ne sont en rien comparables aux  faux intellectuels qui, de nos jours, remplissent les colonnes d’Avgi [le quotidien de Syriza, NdT]. Le passage de tout ce monde de la gauche à l’extrême-droite, à nouveau contrairement aux tsipristes, n’était pas le fait d’un simple opportunisme mais répondait à des problèmes politiques essentiels qui, des années durant, furent débattus de manière approfondie et documentée.
 
Le résultat, bien entendu, en fut le fascisme qui aboutit là où il était naturel qu’il aboutisse. Toutefois, plusieurs socialistes eurent bien longtemps des difficultés à saisir que le mouvement de leur ancien camarade s’opposait à leurs attentes. La trahison similaire de la gauche par les dirigeants de Syriza est à l’origine, de nos jours encore, de ce que Franz Fanon avait décrit sous l’expression « dissonance cognitive », c'est-à-dire, le sentiment pénible qu’entraîne le conflit entre le vécu tangible et les convictions profondément ancrées d’une personne, qui souvent l’amène à nier la réalité. On rationalise, omet, voire, rejette les données empiriques qui entrent en conflit avec ses idées. D’aucuns continuent de considérer Tsipras comme étant de gauche, bien qu’il parle et agisse en homme d’extrême-droite.

Un homme de droite ou d’extrême-droite ?

Tsipras et son état-major ont adhéré à l’extrême-droite depuis qu’ils ont convenu de promouvoir la politique mémorandaire qui ne peut être qualifiée que de politique d’extrême-droite pour deux raisons fondamentales. Premièrement, parce qu’elle poursuit un transfert extrême et irréversible de ressources et de puissance du plus grand nombre aux très peu nombreux. Et, deuxièmement, parce qu’elle n’est pas produite de manière démocratique ni ne peut être mise en œuvre dans un cadre démocratique élémentaire. L’écrasement du NON, la manière anticonstitutionnelle dont le mémorandum Syriza a été adopté, la proclamation en toute hâte d’élections privant, du coup, tout choix de gouvernement, et l’arrivée du gauleiter hollandais [Maarten Verwey, chef du SRSS, le Service de soutien à la réforme structurelle, nouveau nom de la "Task force" chargée par la Commission européenne de mettre la Grèce sous protectorat, NdE] ne sont que le début. Le quotidien cauchemardesque finira par convaincre bientôt les plus incrédules.
 
En outre, la réconciliation avec l’autoritarisme du capital est profondément enracinée dans Syriza. Par exemple, la réponse à la question de savoir si les policiers auteurs des nouvelles tortures de masse seront punis ou pas montrera s’il s’agissait d’un choix politique ou d’une simple omission du fait que les « on-vous-en-fera-voir-de-toutes-le-couleurs-en-toute-légalité » [« promesse » faite par Syriza au gouvernement de Nouvelle démocratie, aux avant-dernières élections, NdT] avaient laissé la police de Dendias torturer toute une nuit les anarchistes au QG de la Police d’Athènes.  Pour l’instant, tout prête à croire que le gouvernement de coopération nationale de demain imposera, une fois de plus, l’impunité des prétoriens. Bien entendu, Syriza ne dispose pas de bataillons d’assaut, mais, est-ce si important lorsqu’il envoie les MAT [équivalent des CRS, NdT] prendre d’assaut les balcons ?
 
Syriza gouverne un pays qui est en cours de destruction, dont les médias terrorisent et avec une police qui torture, pour ne pas parler des barbelés meurtriers et des camps de concentration. Mais, ses ressemblances avec les pseudo-gauches qui avaient été créées dans l’Europe hitlérienne sont, malheureusement, encore plus profondes. On a tendance à omettre le fait que, dans les pays contrôlés par l’Axe, le paysage politique n’était pas monolithique. Souvent, il disposait aussi de sa « gauche » et de sa « droite » qui, bien entendu, n’étaient pas séparées par des différences politiques de fond, mais par des détails comme ceux qui distinguent aujourd’hui le groupe Tsipras des vieux partis mémorandaires. De telles différence étaient, entre autres, l’usage de symboles et d’un vocabulaire d’origine de gauche, la constitution, au sein des blocs de pouvoir, de « communautés mémorielles » aux références de gauche, voire, parfois, le lien avec des organisations populaires ou des syndicats ouvriers.
 
Une autre ressemblance porte sur les visées de type totalitaire -terme inapproprié mais, utilisons-le pour nous entendre- du pouvoir. Ce qui est à présent entrepris en Grèce est, au-delà de l’aliénation et de la soumission des plus pauvres, de mettre en place une société de l’hostilité avec pour principal élément régulateur et cellule idéologique la compétition, et un homme de type nouveau, adapté à la dystopie capitaliste, une personne à la profondeur psychique minime et sans liens autres que ceux du marché. En fin de compte, il s’agit de former des esclaves contemporains, sans conscience personnelle ou sans revendications politiques. Tout ce qui va dans le sens de visées pareilles ne peut pas être de gauche. Comme cela a été posé, en termes classiques, dans le magazine Unfollow, le « mémorandum » n’est pas simplement « quelques mesures », mais un programme totalitaire de transformation de la société. «Le ‘mémorandum’ est la méthode pour se soumettre à l’architecture politique de l’Union européenne. Rien n’est exclu du programme. Rien n’échappe. Syriza a traversé son Rubicon. Il n’y a pas de retour. Ceux qui le prétendent, mentent. Et ceux qui y croient, se trompent ».
 
Ce qui a commencé en tant que Syriza, s’il demeure entre les mains de la même clique sans se dissoudre, peut finir par devenir l’équivalent fonctionnel du parti fasciste de Mussolini, mais de l’époque où le fascisme gouvernait et avait besoin d’intellectuels et de bureaucrates organiques, non pas de la première période dure, celle des hommes de main. L’essaim de cyniques, d’idiots ou de confus qui encadre Tsipras de nos jours, devrait apprendre l’histoire du fascisme italien. Il comprendra peut-être alors que si, aujourd’hui, il ne mérite pas le respect, demain, il ne méritera pas même la pitié.
 
Comme les fascistes italiens, ils ont monté leur argumentaire sur des disjonctions qui sonnent bien mais qui ne tiennent pas - « le mémorandum est une chose, la convention de prêt en est une autre » - et, lorsque la réalité a révélé le vide qu’ils dissimulaient, ils ont suivi la voie facile de la soumission. De nos jours, ils rêvent d’exprimer l’espace social conservateur qui s’est dégagé des vieux partis mémorandaires mais, s’ils arrivent finalement à vaincre la gauche (comme ils tentent de le faire), ils deviendront immédiatement les prochaines victimes de la conservation qui n’aura plus besoin d’eux. Et ils auront pavé la voie pour l’autre partie de l’extrême-droite, celle qui préfère ne pas se cacher et qui, en outre, ne prétend pas au libéralisme culturel. Leur salaire sera bien mérité, s’ils arrivent effectivement à cela.

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://bit.ly/1iGmBja
Publication date of original article: 20/09/2015
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=16036

 

Tags: GrèceSYRIZAGauche mémorandaireTsiprasRamsay MacDonaldHenri De ManPierre LavalMussoliniEuropeFascisme
 

 
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