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 25/05/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 EUROPE 
EUROPE / Il nous faut un Plan B !
La Gauche et l'Europe : Que pouvons-nous apprendre du chantage exercé sur le gouvernement Syriza ?
Date of publication at Tlaxcala: 24/08/2015
Original: Die Linke und Europa: Welche Lehren ziehen wir aus der Erpressung der Syriza-Regierung?
Translations available: Español  English 

Il nous faut un Plan B !
La Gauche et l'Europe : Que pouvons-nous apprendre du chantage exercé sur le gouvernement Syriza ?

Oskar Lafontaine

Translated by  Estelle & Carlos Debiasi
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Beaucoup en Europe avaient lié de grands espoirs à l’élection d’Alexis Tsipras comme Premier ministre. Lorsque, après de longues et éprouvantes négociations, le président de Syriza a signé le diktat européen, la déception a été grande. Il serait injuste et présomptueux de vouloir donner des leçons de morale à Alexis Tsipras et Syriza. Après ces expériences de la gauche européenne, il vaut mieux réfléchir aux conditions dans lesquelles une politique démocratique et sociale, et donc de gauche, est possible en Europe

Nous avons appris une chose : tant que la  Banque Centrale Européene, soi-disant indépendante et apolitique, peut fermer le robinet de l’argent à un gouvernement de gauche, une politique qui s’oriente sur des principes démocratiques et sociaux sera impossible. L’ex-banquier d’investissement Mario Draghi n’est pas indépendant et apolitique. Il travaillait pour Goldman Sachs, au moment où cette banque de Wall Street a aidé la Grèce à fausser les bilans de sa comptabilité. C'est ainsi que l’entrée de la Grèce dans la zone euro a été rendue possible .

Ces derniers mois on a beaucoup débattu pour savoir si la drachme devrait être à nouveau introduite. Cela ne sert à rien et c’est une base erronée de réduire le débat à cette question. Pas seulement en Grèce, mais dans tout le sud de l’Europe, le chômage des jeunes est insupportable et chacun des pays qui fait partie de la zone euro est en train d’être désindustrialisé. Une Europe dans laquelle la jeunesse n’a pas d’avenir est en danger de décomposition et de devenir la proie  de forces nationalistes d’extrême-droite ayant retrouvé de la force.

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Harm Bengen, Allemagne

Le retour au système monétaire européen

La question, donc, ne peut pas être pour nous : « drachme ou euro ? », mais la gauche doit décider, si malgré le développement social catastrophique, elle se positionne en faveur d’une permanence dans l’euro, ou si au contraire elle se prononce en faveur d’une reconversion échelonnée vers un système monétaire européen plus flexible. Je suis en faveur d’un retour au système européen de monnaies qui prend en compte les expériences apprises avec ce système monétaire et dont la construction bénéficie à tous les pays qui en font partie.

Le système monétaire européen a fonctionné pendant plusieurs années, non sans difficultés, mais mieux que la monnaie unique. Malgré les tensions inévitables, il a facilité à plusieurs reprises les compromis, qui ont aidé à compenser les différents développements économiques. Et cela parce que les banques centrales des pays membres étaient obligées - malheureusement seulement pour une courte période – à stabiliser les taux de change des partenaires au sein du SME. Dans la zone euro seuls les travailleurs et les retraités espagnols, grecs ou irlandais portent le poids de la dévaluation interne à cause de la baisse de salaires, des réductions des retraites et des augmentations d’impôts.

Contrairement à l’euro, le système monétaire européen requérait, et c'est de cela qu'il s’agit, une coopération progressive des peuples de l’Europe. À travers des réévaluations et des dévaluations régulières on a évité une trop forte divergence des économies européennes. Il est bien vrai que la domination de la Banque fédérale allemande a été un gros problème, mais un beaucoup plus petit que l’actuelle tutelle paternaliste de l’économie allemande et du gouvernement Merkel-Schäuble-Gabriel sur lesEuropéens. Ce n’est qu'une question de temps jusqu’à ce qu'un gouvernement, par exemple  celui de l’Italie reconnaisse qu'il ne peut plus assister sans rien faire à désindustrialisation rampante de son pays.

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Les partis allemands face à Merkel :
- Le SPD : je dois d'abord demander à la maison
-Les Verts : de toute façon, elle ne veut pas jouer avec moi !
-La Gauche : et si on lui tapait dessus, tous ensemble ?

Harm Bengen

Une décentralisation nécessaire

En ce sens, paarticulièrement dans la gauche allemande, une erreur structurelle de raisonnement est apparue, qui engage le débat sur l’avenir de l’Europe dans une direction erronée. Toute revendication de retour des compétences de l’Europe dans la sphère nationale est diffamée comme nationaliste ou europhobe. Les conglomérats médiatiques qui défendent les intérêts des grandes entreprises allemandes et des banques jouent la musique d’accompagnement correspondante. Et une grande partie de la gauche tombe dans le piège.

Que le transfert de compétences au niveu international ouvre le chemin au néolibéralisme, c’est quelque chose que le pape de cette idéologie, Friedrich August von Hayek, a montré dans un article fondateur dès 1976. D’où le fait que l’Europe du libre marché et de la circulation non régulée de capitaux ne sera jamais un projet de gauche.

Depuis qu'il a été mis en évidence à quel point la Commission Européenne et le Parlement Européen sont devenus des agents d'exécution du lobby financier, transférer plus de compétences au niveau européen équivaut au démontage de la démocratie et de l’État-providence. Nous aurions du arriver à cette conclusionavant, et je le dis en faisant une autocritique, puisque moi-même, comme Européen convaincu, j’ai défendu pendant longtemps la politique de transfert de compétences à un niveau européen.

Et il est lamentable que l’influent philosophe allemand Jürgen Habermas et que plusieurs hommes politiques et économistes prenant part à cette discussion, continuent de s’accrocher à ce chemin, bien qu'il devienne d'année en année toujours plus évident qu’il mène dans la mauvaise direction et à l’affrontement de peuples européens entre eux. Le désir de Thomas Mann d’une Allemagne européenne est devenu le contraire. Nous avons une Europe allemande.

Démocratie et décentralisation se conditionnent mutuellement. Plus une union est grande et plus elle sera aussi opaque, lointaine et moins contrôlable . Le principe de subsidiarité est et reste la pierre angulaire de tout ordre social démocratique. Ce qu’au plus bas niveau, à un niveau municipal, il est possible de réguler doit être réglé là. Et au niveau régional ou des pays, au niveau des États nationaux, au niveau de l’UE ou des Nations Unies cela doit fonctionner sur le même principe.  On ne doit transférer au plus haut niveau que ce qui peut y être vraiment mieux réglé.

Les exemples de transferts erronés ne manquent pas. Nous n’avons pas besoin de casinos agissant au niveau mondial, mais de caisses d’épargne qui puissent encore être contrôlées. Pour des besoins financiers plus importants, les banques régionales, au début strictement régulées, ont été largement suffisantes pendant de longues années . Nous n’avons pas besoin des géants de l’énergie opérant dans toute l'Europe avec de énormes centrales et des grands réseaux, mais de centrales municipales qui fonctionnent avec des énergies renouvelables et des capacités locales de stockage.

Les banques nationales émettrices de monnaie ont été sous une pression telle que les portes ont été ouvertes aux flux dérégulés de capitaux et à la spéculation mondiale. Les banques de monnaies devraient faire à nouveau ce pourquoi elles ont été créées un jour : financer les États.

La transition vers un système monétaire européen renouvelé doit se réaliser pas à pas. Pour réintroduire la drachme par exemple – ce serait un premier pas dans la direction précitée – la BCE devrait soutenir cette monnaie. Peut-être le gouvernement grec aurit-il dû demander à Schäuble qu’il concrétise sa proposition de sortie temporire de la Grèce de l’Eurozone. Il avait promis une restructuration de la dette et un soutien humain, technique et favorisant la croissance.

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"Plan, idiot, Plan!...Pas plante !"-Arkas, Grèce

Développer un « plan B »

Si cette offre avait été sérieuse et si le soutien monétaire de la BCE avit été garanti, alors tous les scénarios-catastrophe évoqués par les eurolâtres contre la réintroduction de la drachme, auraient perdu toute justification. La Grèce aurait alors, comme par exemple le Danemark avec la couronne, eu l’occasion de participer au mécanisme de change (SME II). Il est étonnant de voir à quel point autant d'économistes de renom international et des experts en monnaie, aussi bien conservateurs que libéraux de gauche, recommandent une sortie de la Grèce du système de l’euro.

Le brave ministre des Finances grec Yanis Varufakis, qui avait du mal avec ses collèges ministres des Finances européens pour cela même, parce qu’en fait il comprend quelque chose en économie politique, avait conçu un scénario pour l’introduction de la drachme. Il voulait avoir un « plan B » dans le cas où Draghi aurait fermé le robinet de l’argent, recourant à « l’option nucléaire », comme on l’appelle dans les cercles financiers. Et effectivement l’ex-banquier d’investissement a fait l’usage de cette arme. À côté de Schäuble, il est le vrai méchant  de l’Eurozone. Juste après que le gouvernement Syriza avait pris ses fonctions à Athènes,  il a utilisé les instruments de torture la Banque Centrale Européenne pour mettre Tsipras à genoux.

La gauche européenne doit développer maintenant un « plan B » au cas où l'un de ses partis se trouverait dans une situationle comparable. Le cadre européen doit être reconstruit de telle manière que l’on enlève le pouvoir à la Banque Centrale (qui n’est pas démocratiquement légitimée) d’annuler la démocratie d’un coup de bouton. L’introduction échelonnée d’un système monétaire européen  rénové aplanirait pour cela le chemin. Aussi la gauche allemande doit démasquer le mantra de Merkel selon lequel « si l’euro meurt, alors l’Europe meurt ». L’euro est devenu un instrument de domination de l’économie allemande et du gouvernement allemand sur l'Europe. Après l'expérience grecque, une gauche qui veut une Europe démocratique et sociale, doit modifier sa politique européenne et s’engager sur de nouvelles voies.





Courtesy of El Correo
Source: http://www.jungewelt.de/2015/08-22/001.php
Publication date of original article: 22/08/2015
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15730

 

Tags: EuropeGauche européenneGrèceSMEZone EuroAllemagneSYRIZA3ème MémorandumPlan B
 

 
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