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 03/12/2016 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 EUROPE 
EUROPE / Le QG de l'Union européenne pour la guerre contre les migrants en Méditerranée établi en Sicile
Date of publication at Tlaxcala: 01/06/2015
Original: In Sicilia la centrale Ue per la guerra alle migrazioni mediterranee

Le QG de l'Union européenne pour la guerre contre les migrants en Méditerranée établi en Sicile

Antonio Mazzeo

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Bruxelles étend la zone d'opérations militaires et de renseignement de l'agence Frontex  à 138 miles nautiques au sud de la Sicile, accroit le budget pour enrayer le flux de bateaux de migrants et établit à Catane une centrale méditerranéenne pour le contrôle des frontières extérieures de l'UE.

 

"La zone d'action de l'opération Triton est  donc étendue jusqu'à 80 kilomètres de la côte libyenne, mais les unités aériennes et navales pourront  pénétrer dans les eaux du pays, sur demande d'intervention pour des opérations de secours et de sauvetage", a déclaré le Directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri. "Le centre de coordination de Triton ouvrira dès que possible à Catane, où les autorités locales nous ont offert un hébergement que nos représentants ont trouvé approprié. La base régionale de Catane est un projet pilote, qui pourra être reproduit dans d'autres États membres, et concerne les hotspots, les centres proposés par la Commission européenne dans son Agenda pour l'immigration, où concentrer les débarquements de migrants et soumettre ceux-ci à un premier passage au crible. L'idée est de développer un système dans lequel le port de débarquement est près du centre de premier accueil, où les migrants seront interviewés et hébergés pour une courte période avant d'être transférés ".

Selon les premières indiscrétions, cinq hotspots  ont déjà été identifiés en Sicile (Augusta, Catane, Lampedusa, Porto Empedocle et Pozzallo), tandis que les équipes de l'agence Frontex coordonneront les activités de Triton à partir du centre de Catane en "contact étroit" avec les autorités civiles et militaires italiennes et les fonctionnaires de l'Office européen de police «Europol», de l'Unité de coopération judiciaire "Eurojust" et de l'Agence européenne pour l'asile "Easo". "La raison pour laquelle j'ai fait cette proposition à l'Italie", explique Fabrice Lumière, " est la nécessité de disposer, au niveau local, des responsables en mesure de coordonner et mettre au point les dimensions techniques et logistiques du travail pour les activités de deuxième ligne , à savoir celles qui sont menées par les intervieweurs sur le terrain (passage au crible et debriefing), qui puissent identifier les migrants avec des informations de renseignement importantes pour Europol, engagé dans l'opération contre les trafiquants Jot Mare ou demander l'intervention d' Easo pour les personnes vulnérables.

Parallèlement au renforcement du rôle sécuritaire et répressif  de Frontex et des autres agences européennes (le juriste de l'Université de Palerme, Fulvio Vassallo Paleologo a dénoncé en particulier le fait qu' avec les nouveaux plans de l'UE , l'Agence pour l'asile Easo est dirigée vers l'accomplissement de tâches policières, surtout dans la phase de débarquement, lors de la prise de photo et d'empreintes digitales), Fabrice Leggeri annonce qu'à partir de l'été prochain le dispositif Triton déploiera trois avions, six navires de haute mer, douze bateaux de patrouille et deux hélicoptères. «Nous avons considérablement augmenté le nombre d'engins en Méditerranée centrale pour soutenir les autorités italiennes dans le contrôle des frontières maritimes et le sauvetage  de vies, dont trop ont déjà été tragiquement perdues cette année», dit le directeur exécutif de Frontex. "Nous allons intensifier nos efforts également pour démanteler les réseaux de trafiquants, grâce à l'utilisation de neuf équipes de spécialistes en débriefing. Le rôle de ces agents est particulièrement important parce  qu'ils recueillent des renseignements sur des criminels en Libye et dans d'autres pays de transit ".

La Commission européenne attribuera à Frontex 26, 250 millions d'euros de plus pour renforcer les opérations Triton et Poséidon (cette dernière est en cours dans la mer Égée et en territoire grec),  de juin jusqu'à la fin de 2015. Tous comptes faits, le budget annuel de Triton dépassera cette année 38 millions d'euros, tandis qu'un total de 18 millions sera alloué à Poséidon. Bruxelles prévoit pour l'année prochaine de financer les deux opérations à hauteur de  45 millions. À ce jour presque tous les pays de l'UE, à l'exception de la Bulgarie, de Chypre et de la Hongrie se sont engagés à fournir du personnel et du matériel pour les missions de renseignement en Méditerranée centrale.
 
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 Frontex et le centre opérationnel nouvellement créé de Catane auront aussi la tâche de se coordonner et de coopérer avec la mission navale EunavFor Med, lancée le mois dernier par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne contre les réseaux de trafiquants et de passeurs en Afrique du Nord. EunavFor Med sera basée au QG opérationnel de l'UE à Rome, installé près de l'aéroport militaire de Centocelle et qui sera placé sous le commandement de l'amiral italien Enrico Credendino, ancien commandant, d'août à décembre 2012, de la Force navale de l'UE NavFor engagée dans opération "Atalanta" contre la piraterie dans la Corne de l'Afrique. Pour la task force anti-migrants, qui attend le feu vert du Conseil de sécurité des Nations Unies et qui sera très probablement opérationnelle dès le 1er juillet prochain, le Conseil des ministres de l'UE a prévu pour les deux premiers mois une enveloppe de 11,82 millions €. Ce ne seront pas plus d'une douzaine de pays qui contribueront à Eu NavFor : France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Pologne, Slovénie, Espagne, etc.

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Tweet de Mogherini annonçant le lancement de l'opération EunavFor

Le texte officiel adopté à Bruxelles affirme que la nouvelle force navale procédera à l' '' identification et à la surveillance du réseau de trafiquants par la collecte d'informations et la surveillance des eaux internationales ", par l'utilisation de navires, sous-marins, avions, hélicoptères et drones. "Le vaisseau amiral pourrait être l'un des deux porte-avions italien, le Garibaldi ou le Cavour moderne, mais il y a des hypothèses sur l'utilisation comme navire de commandement de l'une des trois unités San Giorgio, San Giusto ou San Marco", écrit Maria Grazia Labellarte sur le site spécialisé difesaonline.it. " Le rôle du renseignement sera crucial dans ces cas pour l'activité d'interception et d'enlèvement des embarcations. Les informations devront être nécessairement partagées par les différents services qui ont déjà un réseau bien établi et vaste dans la zone libyenne. Et c'est sur la base de ces informations - croisées avec des images aériennes provenant des drones Predator, des chasseurs Tornado et d'autres avions de reconnaissance – que seraient planifiés et exécutés les raids prévus par les forces spéciales visant à détruire les navires dans les ports".

Au-delà des proclamations débonnaires et rassurantes, l'Union européenne est en fait en train de se préparer à déclencher et exécuter de véritables opérations de guerre en Méditerranée  centrale et en Afrique du Nord. Les unités d' EunavFor Med seront affectées à des tâches d'interception et d'abordage des bateaux de migrants et de demandeurs d'asile déjà dans les eaux libyennes et, même, de les bombarder et même de les détruire dans les ports. Ces derniers jours, Wikileaks a publié deux documents confidentiels établis par le Service européen d'action extérieure (SEAE) et la Single Intelligence Analysis Capacity (SIAC), approuvé par le Comité militaire (EUMC) et par le Comité politique et de sécurité (CPS) de l'UE, qui soulignent la dangereuse dérive guerrière de la nouvelle mission anti- migrants en Libye.

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Dans le premier document, les chefs de la défense des États membres de l'UE appellent de leurs vœux  une opération contre les réseaux et les infrastructures de transport de réfugiés en Méditerranée, avec la destruction de bateaux amarrés et le déploiement de la force militaire en Libye pour arrêter les flux migratoires.

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 Le deuxième document révélé par WikiLeaks, intitulé Recommandations sur le projet de concept de gestion de crise pour une éventuelle opération PSDC visant à démanteler les réseaux de trafiquants d'êtres humains dans le sud et le centre de la Méditerranée, ajoute que la mission militaire d' "identification, de capture et de destruction des bateaux avant qu'ils ne soient utilisés par des trafiquants "aura une durée d'au moins un an, et qu'on recherchera '" une coopération efficace ", en particulier dans le domaine de l'échange d'informations et de renseignements avec les organismes militaires, entités et les autorités opérant dans la zone  concernée par les opérations (ONU, OTAN, Union africaine, Ligue arabe, "des États tiers comme l'Égypte, la Tunisie si possible le gouvernement légitime de la Libye", les agences et les missions militaires de l'UE en Afrique). L'OTAN a déjà fait part à Bruxelles de sa disponibilité pour intervenir dans les opérations de guerre contre les passeurs nord-africains, avec la justification (jamais prouvée) que "sur les bateaux de migrants des terroristes ou des miliciens de l' Isis pourraient également embarquer ".

En attendant, il a été annoncé que le bureau régional de l'agence Frontex à Catane sera installé dans l'ancien monastère de Santa Chiara, dans la zone du Castello Ursino, récemment restauré par la municipalité et mis à la disposition de l'Agence pour le contrôle des frontières de l'UE par le maire Enzo Bianco, président du Conseil national de l'ANCI (Association nationale des communes italiennes). "Depuis plus d'un an, je soutiens la nécessité pour Frontex d'avoir un siège en Sicile", a déclaré Enzo Bianco. "En ma qualité de chef de la délégation italienne au Comité des Régions de l'Union européenne j'avais réitéré ma demande d' un bureau opérationnel de Frontex en Sicile, le 16 avril à Bruxelles, au Directeur général à l'immigration de la Commission de l'UE Mathias Ruete. Maintenant, enfin, nous avons réalisé ce que nous souhaitions, le saut de qualité de la police européenne des frontières et le déplacement de l'activité de Frontex là où elle est nécessaire, à savoir en Méditerranée, étape importante pour enfin donner une réponse à la crise humanitaire que nous vivons en Sicile".

Moins enthousiaste est l'évaluation du professeur Vassallo Paleologo, un des plus grands experts italiens dans le domaine du droit d'asile et des politiques migratoires. " Les fonctionnaires de différentes forces de police européennes vont arriver à Catane pour participer aux opérations d'identification, c'est la principale raison qui a incité l'Europe à créer un avant-poste de Frontex en Sicile», dit le professeur de l'Université de Palerme. "Une autre mission européenne sera de mieux gérer les opérations de rapatriement par avion. Dans cette activité, Catane n'a rien à apprendre, parce que dans le passé, elle a déjà fonctionné comme plaque tournante de refoulement pour des milliers d'Égyptiens. Avec les opérations de rapatriement par des vols conjoints, Frontex s'oriente vers des décisions qui vont bien au-delà de son mandat, dicté par le règlement 2007/2004 / CE. En outre, la Commission européenne est en train d'examiner, dans le plus grand secret, sur les nouvelles règles pour prendre, y compris par la force, les empreintes digitales des immigrants et des demandeurs d'asile, y compris les personnes vulnérables comme les mineurs non accompagnés et les femmes enceinte. On voit se profiler une extension claire des cas de détention administrative ou de rétention forcée des demandeurs d'asile potentiels et de tous les migrants en général, contraints à une entrée irrégulière ou secourus en mer ". Pour ce faire pourraient être établis dans diverses régions italiennes de véritable hubs pour l'identification et la détention des migrants et des demandeurs d'asile : deux en Sicile, et les autres en Calabre, Pouilles, Latium et Campanie.



"Lampedusa n'est pas une base militaire, mais un paradis naturel": manifestation en novembre dernier

Divers mouvements antiracistes siciliens  sont en train de se mobiliser contre l'ouverture du QG méditerranéen de Frontex. "L'agence Frontex et l'opération Triton sont des programmes militaires de l'Union européenne visant à la fermeture des frontières et au refoulement des migrants, ils n'ont rien à voir avec l'accueil et le sauvetage de vies de ceux qui ont été forcés de traverser la Méditerranée sur des embarcatiosn précaires par la  faim, la guerre et le désespoir", écrivent l'Arci, Catane bien commun, le Comité populaire Experia, La Città Felice, le Réseau antiraciste de Catane, Rifondazione Comunista, l'Union des étudiants et les comités No Muos.

"La Sicile a été au fil des ans de plus en plus militarisée: Sigonella, le Muos, les drones, les dépôts d'armes, les radars de Lampedusa l'ont transformée en arsenal de guerre à ciel ouvert; de la même manière l'ouverture des CIE et du Cara di Mineo en ont fait le plus grand camp pour migrants d' Europe. Nous ne pouvons pas accepter une plus grande militarisation de nos côtes et de nos mers; nous ne pouvons pas rester les bras croisés alors que des milliers de femmes, d'enfants et d'hommes meurent en Méditerranée et que l'Europe ne se soucie que de fermer les frontières". La campagne de mobilisation contre la centrale Frontex en Sicile sera l'objet d'une des séances de travail du meeting L'Europe forteresse ne se fête pas mais se combat, prévu à Messine les 2 et 3 Juin, au Théâtre Pinelli Occupé, parallèlement aux célébrations institutionnelles (municipalité et Université de Messine) du 60ème anniversaire de la Conférence européenne qui eut lieu dans la ville du détroit par la volonté du ministre des Affaires étrangères de l'époque, Gaetano Martino.

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Courtesy of Tlaxcala
Source: http://antoniomazzeoblog.blogspot.com/2015/06/in-sicilia-la-centrale-ue-per-la-guerra.html
Publication date of original article: 01/06/2015
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=14779

 

Tags: FrontexSicileGuerre aux migrantsOpération TritonOpération PoséidonEunavFor MedUEropeForteresse EuropeUnion européenneItalieMilitarisation Méditerranée
 

 
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